SEVERINE ASSOUS nous parle de la sortie de son livre Génération Robots

Entretien avec Severine Assous qui nous dévoile les coulisses de la sortie de son nouveaux ouvrage paru chez Actes Sud.

couverture du livre Génération Robots de severine assous pour Actes Sud

Peux-tu nous présenter en quelques mots ton nouveau livre Génération Robots ?
Génération Robots est sorti début mars. C’est mon deuxième livre documentaire paru chez Actes Sud, après le Cahier des Dinosaures. Ses 66 pages au joli format allongé (18 x 28 cm ) nous disent tout sur l’histoire, l’actualité et l’avenir des robots dans nos sociétés. L’auteur, Natacha Scheidhauer nous rappelle aussi avec humour tous les fantasmes associés à ces machines souvent construites à notre image.
Le livre contient aussi un mode d’emploi pour fabriquer son propre « assistant personnel ».

ouverture de Génération Robots par severine assous

Comment t’est venue l’idée de sortir un livre sur les robots ?
Ce livre est né à l’initiative de Natacha et ce sont les éditions Actes Sud qui m’ont demandé de l’illustrer. Ils cherchaient à faire un livre un peu pop pour sortir le sujet de son côté geek. D’où l’utilisation de couleurs vives, très décalées, que j’ai choisies pour illustrer l’univers de la robotique. J’ai inventé trois personnages, un enfant et deux laborantins qui apparaissent au fil des pages et nous font entrer dans leur univers. Le petit garçon vit dans une maison totalement robotisée et les laborantins nous invitent dans leur laboratoire pour suivre de près leurs expériences et inventions.
Pour dessiner les robots, je me suis beaucoup servi de RobotsApp, une application iPad qui permet de visionner sous tous les angles, l’essentiel des robots existants à ce jour.

severine assous illustration

Peux-tu nous décrire les différentes étapes de la réalisation de cet ouvrage ?
Quand on m’a donné les premiers textes, j’ai commencé par faire des dessins assez libres afin de donner une personnalité à ces robots. Je les ai ensuite envoyés à Kamy Pakdel le directeur de création chez Actes Sud. Ça a été l’occasion de parler plus concrètement de l’esprit du livre et à partir de là j’ai commencé à illustrer les textes. Il y a eu quelques aller-retours avec l’auteur qui tenait à ce que le livre soit vraiment rigoureux et soit le reflet des dernières innovations.

dessin de robots

Au moment de la sortie du livre, TGV mag te demandait d’illustrer un article traitant de robots. Peux-tu nous en dire plus sur ce travail ?
Pascal Duval qui est directeur de création chez Textuel (l’agence qui produit le TGV mag) avait vu les images du livre que j’avais déjà mises en ligne sur le site d’illustrissimo. J’avais déjà travaillé pour le TGV mag, mais jamais pour un dossier, c’est généralement 2 ou 3 double-pages à illustrer. Une partie de cet article est consacré à la sorti de Nao, le premier robot-compagnon familial et qui sera vendu d’ici quelques mois au grand public pour 1500 euros. On va donc beaucoup entendre parler de robots dans les prochains mois.

TGV mag par severine assous

Sur quoi travailles-tu actuellement ?
Je travaille sur un grand Atlas ludique, en collaboration avec l’éditrice Jessie Magana, auteur entre autre du très beau Riposte !. Il paraîtra chez actes Sud dans environ un an.
Je travaille aussi sur un projet de mini BD jeunesse, une aventure spatio-temporelle dont j’espère vous parler prochainement !

robot jouant de la guitare

Plus d’images de Séverine Assous.

Jacopo Rosati nous parle de sa participation à l’expo TICTIG

Entretien avec l’artiste et illustrateur Jacopo Rosati qui nous présente ses travaux pour l’exposition TICTIG.

jacopo rosati

Peux-tu nous parler de ta participation à l’exposition Tutti I Colori Tranne Il Grigio ?
Tutti I Colori Tranne Il Grigio (Toutes Les Couleurs Sauf Le Gris) ou TICTIG est une exposition présentée à la galerie Casa Testori dans la ville de Milan en Italie. L’exposition s’articule autour d’un ancien livre écrit par Bonvesin de la Riva vers la fin des années 1200. Le traité « De Magnalibus urbis Mediolanensis » a été écrit en latin sous le règne des Visconti. L’ouvrage souvent élogieux pour la ville de Milan rapporte de nombreuses anecdotes et curiosités liées à l’histoire de la ville. Le manuscrit, longtemps perdu, fut retrouvé à la Bibliothèque Nationale de Madrid en 1898 dans un état de décomposition avancée.
Tutti I Colori Tranne Il Grigio est présentée dans une ancienne habitation datant des années 900 et dans laquelle chaque pièce a été confiée à l;un des 20 illustrateurs participant à l’exposition. Chaque artiste illustre un chapitre de l’ouvrage. TICTIG sera visible du 14 Février au 19 Avril 2015.

illustration lambro

Sur quel aspect de l’ouvrage de Bonvesin as-tu travaillé ?
Je n’ai pas choisi le sujet de mon travail moi-même, et ce dernier m’a été assigné par l’un des organisateurs de l’exposition. Tutti I Colori Tranne Il Grigio signifie donc Toutes Les Couleurs Sauf Le Gris. Milan est souvent présentée comme étant une ville grise et sombre, et Bonvesin de la Riva décrit dans son livre une citée colorée et très vivante. J’ai donc fais le choix d’utiliser une palette de couleurs vives. La technique utilisée pour réaliser les ouvrages de cette exposition a été celle que j’utilise habituellement dans mon travail, à savoir des collages sur textiles.

detail collage jacopo rosati

Quel est ton rapport personnel à la ville de Milan ?
En Italie la plupart des agences et des éditeurs sont domicilié à Milan, et c’est donc la ville où j’ai le plus de clients. Je pense donc pouvoir affirmer que ma relation à la ville de Milan est plutôt bonne.

exposition tictig

Revenons sur l’exposition, en quoi l’ouvrage de Bonvesin de la Riva t’a inspiré ?
Le livre est très intéressant, et d’une manière générale je suis très attiré par les ancients manuscrits. Je pense que l’Italie offre de multiples opportunités de réaliser ce type d’expositions. L’aspect le plus intéressant de ce genre d’initiatives artistiques est de présenter ou faire re-découvrir la richesse de notre héritage culturel à travers un langage artistique contemporain.

jacopo rosati expotition

Sur quoi travailles-tu à l’heure où tu réponds à cette interview ?
En ce moment je suis en train de travailler sur la couverture d’un magazine Allemand.

exposition bonvesin de la riva

Plus d’images de Jacopo Rosati .

TOM SCHAMP présente la pochette de Louis de Mieulle

L’illustrateur Tom Schamp revient pour Illustrissimo sur son travail pour la pochette de l’album de jazz de Louis de Mieulle.

illustration tom schamp

Comment en es-tu venu à travailler avec Louis de Mieulle ?
Tout a commencé lorsque j’ai été contacté par le très sympathique Stefan Liberski. Stefan est un écrivain et réalisateur, également membre du groupe d’humoristes belges Les Snuls (l’équivalent des Monty Python à Bruxelles). Il est par ailleurs le papa du (petit) label de jazz bruxellois Dalang Records qui édite l’album de Louis de Mieulle. Casimir Liberski (co-fondateur du label et fils de Stefan) joue par ailleurs du piano sur cet album. Il m’a fait écouter la musique un vendredi soir juste avant les vacances d’automne. J’ai tout de suite été inspiré et je me suis mis à dessiner quatre images qui me semblaient retranscrire l’ambiance de l’album. On y parle de plantes, de planètes et de mega-insectes un peu New Age mais sans danger pour la santé.

album de Louis de Mieulle
Les quatre propositions de Tom Schamp pour la pochette de l’album de Louis de Mieulle.

Peux-tu nous parler de la manière dont tu as travaillé sur cette pochette ?
Après avoir écouté l’album, j’ai donc proposé quatre pistes visuelles. Ils ont choisi la quatrième, qui était également ma préférée. Le but lorsque tu fais plusieurs propositions, c’est d’amener le client à choisir celle que tu préfères… D’un point de vue technique ces images sont des Otto-collages. J’entends par là que ces images sont des pots-pourris combinant plein d’éléments que j’avais peint pour d’autres projets et qui prennent un sens complètement différent lorsqu’ils sont présentés dans un nouveau contexte.

Stars, Plants and Bugs
Maquette du digipack de l’album Stars, Plants and Bugs.

Dans quelle mesure as-tu été inspiré par la musique de l’album lors de la création de cette pochette ?
La musique de l’album m’a beaucoup inspiré. C’est un mix entre du jazz et le genre de rock progressif qui m’inspirait déjà à l’école des arts il y a 20 ans (dans la lignée de King Crimson et consorts). Après avoir assisté à un concert de Louis & Casimir (avec un batteur) à Bruxelles, j’ai apprécié l’album encore davantage. On dirait deux frères qui partagent le même sens du rythme et surtout de la mélodie, ce qui me semble plutôt rare de nos jours.

pochette intérieure de l'album
Éléments de la pochette intérieure de l’album.

Peux-tu nous parler de la place que tient la Nature dans ton travail ?
En général mes illustrations représentent plutôt des éléments issus de la Civilisation, que ce soit des villes, des voitures ou des humains dans tous leurs états. Ceci dit j’ai comme tout le monde une certaine attirance pour la Nature (je suis peut-être même un peu romantique). Dans ces dessins pour l’album de Louis de Mieulle, je me suis intéressé aux rapports micro-macro, avec des éléments énormes réduits jusqu’à la plus petite échelle et vice-versa.

atelier de Tom Schamp
Aperçu général des projets en cours de réalisation dans l’atelier de Tom Schamp.

Cet intérêt pour la Nature est-il quelque chose que tu souhaite développer dans ton travail ?
Tout à fait. En fait en ce moment je suis toujours en plein dans la Nature. Actuellement je travaille sur un livre qui racontera la vie d’un arbre. Ceux que cela intéresse peuvent découvrir mes dernieres actualités sur ma page Facebook.

encyclopédie destinée aux enfants

tom schamp
Extrait du travail de Tom Schamp sur une encyclopédie destinée aux enfants.

Sur quoi penses-tu travailler lorsque tes projets actuels seront terminés ?
Lorsque j’aurai terminé mes projets en cours, je continuerai un travail sur une petite encyclopédie pour enfants. Le livre n’a pas de prétention scientifique, mais offre beaucoup d’amour à l’instar des livres que Richard Scarry nous a offert quand on étions petit.

Nappes de table
Nappes de table par Tom Schamp.

J’ai récemment terminé quelques projets d’objets utilitaires comme cette nappe de table (que j’annonçais déjà dans notre entretien précédent). Il y a également le packaging de délicieux biscuits bruxellois et une affiche pour un évènement, qui se déroule quelque part en Bourgogne si je ne me trompe pas… Mais tout ça, ce sera l’occasion d’un futur entretien sur le blog d’Illustrissimo !

Rendez-Vous Des Picolis
Affiche du Rendez-Vous Des Picolis à l’Espace des Arts de Chalons-Sur-Saône.

Plus d’images de Tom Schamp .

Adoptez un animal chez AKI

Aki nous propose depuis peu d’adopter des animaux sur sa boutique en ligne. Entretien avec l’illustratrice qui nous présente ce projet amusant et décalé.

dessin ours

Delphine, en quoi consiste ta nouvelle série de dessins d’animaux ?
Pour cette nouvelle série j’ai fait un total de 25 peintures originales. Ce sont des portraits d’animaux un peu spéciaux… Les peintures sont en format A6, et on peut désormais les adopter sur ma boutique Etsy.
Chaque peinture, chaque animal est unique. Pour leur donner un caractère propre, ils sont accompagnés d’une petite phrase qui donne une idée de leur personnalité. Ils ne sont donc pas à vendre mais bien à adopter…

illustration giraffe

Comment t’est venue cette idée amusante de dessiner des animaux à adopter ?
Tout à débuté par une vente de Noël organisée à l’atelier où je travaille. Je me suis dit que je pouvais faire une série de dessins originaux car je n’en fais jamais. J’ai voulu aborder cette vente de manière originale en proposant aux gens d’adopter un animal unique.
J’adore les animaux. Quand j’étais enfant, j’ai grandi avec un lapin puis une tortue puis deux chats. C’est drôle de voir comment chaque animal parvient à exprimer sa propre personnalité, même sans l’usage de la parole. Je crois qu’ils me rendent un peu gaga…

delphine mach hyenne

Tes animaux portent des prénoms bien humains, as-tu été inspirée par des gens de ton entourage ?
Certains sont directement inspirés d’amis, c’est sûr ! D’autres sont des traits cachés de ma personnalité et puis il y en a que j’ai complètement inventé car ils me font rire.

aki pelican

Comment s’est fait le choix des légendes (elles aussi très drôles) qui accompagnent les images ?
Après avoir peint l’animal, j’ai réfléchi au prénom. Quel prénom serait parfait ou complètement incongru. Quelle habitude un peu bizarre auraient-ils en commun avec nous ? L’essentiel était de trouver la légende qui ferait rire les gens.

peinture tortue

Sur quoi travailles-tu actuellement ?
En ce moment, je travaille sur mon 3ème livre de recettes de cuisine que je co-écris avec mes 2 sœurs. Ce qui veut dire que je passe plus de temps en cuisine, à expérimenter… et à beaucoup manger !
Ça paraîtra aux éditions Alternatives à la fin de l’année.

illustration rhinoceros

Plus d’images d’Aki.
Adoptez un animal sur la ma boutique d’Aki.

DELPHINE LEBOURGEOIS nous présente ses collages

Entretien avec Delphine Lebourgeois qui revient sur ses images pour le magazine Femme Majuscule. L’occasion de revenir sur sa technique de collage qui combine ses illustrations avec des classiques de la peinture.

delphine lebourgeois fall

Peux-tu nous retracer l’historique de ta collaboration avec Femme Majuscule ?
J’ai commencé a travailler pour Femme Majuscule il y a déjà quelques années. C’est une collaboration que j’apprécie beaucoup car la directrice artistique Nathalie Debotte me laisse une grande liberté d’expression, ce qui est toujours agréable. Cet été nous avions travaillé sur un dossier traitant des maladies de coeur chez les femmes, et pour lequel j’avais réalisé quatre illustrations. Il me semble d’ailleurs que l’on en avait parlé sur ce blog.

magazine femme majuscule

Peux-tu nous présenter en quelques mots ta série de portraits pour le nouveau numéro ?
Ce sont en fait les signes du Zodiac pour un dossier sur les Arts Divinatoires. Nathalie avait aimé ma série de collages « Fall » et elle m’a demandé de créer quelque chose dans le même esprit. Cette série empruntait des éléments appartenant à la peinture classique (Bronzino, Ingres, Cagnacci, Delaroche, Bouguereau…) qui étaient ensuite collés avec mes propres dessins. C’est une esthétique un peu particulière mais qui dans le cas présent s’accordait parfaitement à la dimension céleste, presque sacrée du thème.

delphine lebourgeois zodiac

Peux-tu décrire la manière dont tu travailles sur ce type de portraits ?
Tout d’abord je cherche des références. Pour ce projet, il me fallait trouver des portraits de grands maitres qui, contrairement à la série Fall, n’étaient chargés d’aucune émotion particulière.
Une fois les références trouvées, j’entame un travail de découpage numérique. Je dessine ensuite tous les éléments supplémentaires (tels que les chevelures) au crayon ou au stylo, et je les scanne afin de pouvoir les intégrer a l’illustration grâce a un système de calques. Cette façon de construire les images est assez ludique. Il faut parfois beaucoup d’essais et d’assemblages pour obtenir un résultat satisfaisant. Les couleurs et les éléments décoratifs sont également appliqués numériquement.

delphine lebourgeois illustration

Quelles sont tes attentes (ou tes résolutions) pour l’année 2015 ?
Dessiner plus d’hommes ! Mes images représentent presque toujours des femmes et j’ai envie de changer cela. En attendant de mettre en oeuvre ces bonnes résolutions, voici une image récente pour Pelerin magazine qui reprend la technique de collage évoquée plus haut.

pellerin magazine

Sur quoi travailles-tu en ce moment ?
Je travaille entre autres sur une série de couvertures pour des romans classiques d' »Heroic Fantasy » publiée par Orion à Londres. Je travaille également sur une sérigraphie sur le thème de « La Ronde » pour ma galerie Eyestorm dont le lancement est prévu début Mars.

patricia mckillip

Plus d’images de Delphine Lebourgeois .

ALEX TROCHUT nous parle de sa série Fine Line

Alex Trochut nous présente sa série « Fine Line », jeux de mot signifiant à la fois « mince frontière » et « ligne raffinée ». Un titre parfait pour ces images jouant sur les doubles sens.

l'exposition fine line présentée à la Miami Art Basel

En quoi consiste cette série d’images que tu as présentée pour le Miami Art Basel ?
Cette série intitulée Fine Line s’inscrit dans la continuité des mes Binary Prints présentées à Brooklyn et dont vous avez déjà parlé sur le blog d’Illustrissimo. Pour ces séries, je joue sur les similarités de structures entre des images a priori opposées. Les Binary Prints sont une technique d’impression qui permet d’imprimer deux images différentes sur une même surface. L’action de la lumière permet au spectateur de voir alternativement l’une ou l’autre des images.
La série Fine Line explore les antagonismes en utilisant le language, que ce soit à travers des oxymores ou des oppositions. Dans le cas présent, la technique d’art cinétique permet de visualiser une image ou l’autre, visible suivant le point de vue de l’observateur.

alex trochut fine line

Comment s’est déroulé la conception de cette série ?
Ce projet a débuté par une phase de recherche axée sur trois éléments.
1. Le concept :
J’ai cherché des expressions contradictoires porteuses de sens lorsqu’elles étaient confrontées (les oxymores), et sur des oppositions en quatre mots. En un sens, ces expressions s’adressent au processus créatif intérieur et les contradictions qui caractérisent l’existence humaine.
2. La technique :
J’ai exploré les différentes techniques permettant d’imprimer deux images à la fois, à la manière de l’imagerie lenticulaire. Il y a également l’Op Art ou Optical Art (Art Optique) et le Kinetic Art (Art Cinétique) utilisés par des maîtres tels que Cruz Diez ou Vasarely.
3. Le style :
Les lettres se devaient d’être épaisses afin de bien couvrir l’ensemble de la surface. Je souhaitais par ailleurs donner à l’ensemble un impact en adéquation avec les messages fort, comme sur une pierre tombale ou sur les gravures.

typographie d'alex trochut pour l'exposition fine line

Sur quoi as-tu travaillé ces derniers temps ?
Ces derniers temps je travaille avec Freddy Arenas – un artiste incroyablement talentueux – sur plusieurs campagnes pour les États-Unis.

Plus d’images de Alex Trochut .

NOÉMIE MARSILY présente la série Moustique

Noémie Marsily nous présente son travail d’animation sur la série Moustique.

titre de la série d'animation pour Canal plus

Peux-tu nous parler de ton travail sur la série Moustique pour Canal+ ?
Il s’agit d’une mini série de 6 épisodes de 2 minutes chacun, en coproduction avec Lardux et Zorobabel, avec la participation de Canal+
Chaque épisode raconte la tragique, pitoyable, attendrissante, navrante Fin d’une vie de moustique.
Un moustique voit des choses sidérantes, il se faufile dans des lieux inaccessibles, il tombe amoureux de corps disproportionnés, il assassine des géants, il ne ressemble à rien mais il parasite nos nuits, il nous marque le corps de son passage, il parcourt notre intimité sur ses fragiles pattes, il voit des paysages de peau comme nous n’en verrons jamais ! Il meurt souvent tragiquement, incompris, sans mémoire, juste une trace sur un mur, un livre, une fenêtre …Le moustique est un héros incroyable qui meurt à chaque épisode, et un autre revient chaque fois, plus crétin, plus courageux, plus bigleux, plus fou, plus inconscient que le précédent …

dessin de noémie marsily

Comment s’est déroulé le travail sur cette série ?
C’est un projet qui mijotait depuis assez longtemps, quelques années. Carl a commencé par écrire plusieurs petites histoires avec le moustique, comme des petits poèmes qui seraient racontés pour chaque épisode par un narrateur (interprété par Carl). Ensuite j’essayais d’imaginer un storyboard qui raconte la même histoire mais avec un léger décalage. On discutait ensuite beaucoup pour s’ajuster, pour arriver à créer une chouette dynamique entre le texte et l’image. Petit à petit j’imaginais les personnages, les décors pour chaque épisode, et un petit animatique se construisait comme cela. On en a créé une dizaine lors d’une résidence à Montréal. Par la suite, pour notre collaboration avec Canal+, nous en avons sélectionné 6 que nous avons retravaillé, et je me suis lancée dans l’animation. Le moustique est le seul personnage récurrent de la série, le contexte dans lequel il évolue est chaque fois différent, donc je me suis vraiment amusée avec les décors et personnages qui changent chaque fois, graphiquement c’est un mélange de dessin et d’éléments en papier découpé. Le moustique est animé au trait, image par image, je le voulais un peu frêle, un peu gauche dans sa manière de bouger. C’était important pour moi de travailler seule à l’animation, car malgré un storyboard bien ficelé, j’ai besoin de garder une part d’improvisation au moment d’animer. Quand les personnages se mettent à vivre, je me laisse guider par eux et il y a toujours des petites surprises, c’est ça qui m’intéresse! Sans ça, l’animation ça peut être vraiment pénible et laborieux!

illustration de noémie marsily pour la série Moustique

Comment justement s’est déroulée cette collaboration avec Carl Roosens ?
On a l’habitude de travailler ensemble. Pour ce projet-ci on a décidé d’emblée que je prendrai en charge l’animation, la partie visuelle, et que Carl serait plus responsable de l’écriture. Mais en fait il s’agit vraiment d’un travail d’équipe, on se concerte tout le temps, pendant tout le processus, pour tous les aspects de la réalisation. Dès qu’il y a un petit blocage, un doute sur un élément visuel, scénaristique ou autre, on en discute jusqu’à trouver la solution adéquate.

série d'animation série Moustique pour Canal+

Sur quoi travailles-tu actuellement ?
Sur un court métrage, en animation traditionnelle (encre, crayon et papier), à nouveau en co-réalisation avec Carl Roosens.

extrait de la série d'Animation réalisée avec Carl Roosens

Plus d’images de Noémie Marsily .

Découvrez le teaser de la série d’animation Moustique :

Réalisation : Noémie Marsily & Carl Roosens.
Scénario : Noémie Marsily & Carl Roosens.
Images : Noémie Marsily.
Animation : Noémie Marsily.
Montage : Marc Boyer.
Son : Adam Wolny, Marc Boyer & Carl Roosens.
Musique : Vincent Van Den Damme (Noza).
Durée : 5’49 » (Moustique, la série : 6 X 2’05’’)
Production : Lardux en co-production avec Zorobabel avec la participation de Canal+, avec le soutien du Centre National du Cinéma et de l’Image Animée, compte de soutien à l’industrie de programme, avec le soutien de la Procirep – Société des Producteurs et de l’ANGOA, avec l’aide du Centre du Cinéma de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

dessin pour la série Moustique

JEAN JULLIEN nous présente son exposition Us

Entretien avec Jean Jullien qui revient sur son exposition Us présentée à Londres.

poster de l'exposition Us

Peux-tu nous présenter en quelques mots ta nouvelle exposition Us ?
Cette nouvelle exposition est intitulée Us et a ouvert le 4 Décembre 2014 à la galerie Kemistry dans la ville de Londres. Cette exposition personnelle est particulière en ce qu’elle est la dernière expo présentée dans cet espace.

illustration de jean jullien

exposition Us

Qu’ont-pu voir les chanceux qui ont l’opportunité de se rendre en Angleterre pour l’inauguration de ton expo ?
Ils ont pu découvrir une série de commentaires visuels sur des instants et des choses que j’ai pu observer et immortaliser récemment. Cette exposition est une continuité de mon travail commencé avec ma précédente expo Allo? Cette fois la série présentée ne se concentre pas sur la technologie, mais rassemble en quelque sorte des personnes et des idées vivants ensemble.

jean jullien a la galerie Kemistry

dessin de jean jullien

D’où le titre Us qui signifie Nous en Anglais ?
Tout a fait. Us est un mot simple qui exprime avec concision l’idée de rassemblement, et fait également référence à mon séjour aux US (United States).

exposition Us a la galerie kamistry

oeuvre pour la galerie Kemistry à Londres

Et sur quoi as-tu travaillé récemment en dehors de la préparation de cette exposition ?
J’ai travaillé sur une illustration pour le New Yorker, sur un livre avec les éditions Phaidon, une série pour Opening Ceremony, Fricote magazine, un projet avec Jameson’s, un mur pour le Wythe Hotel, des éléments graphiques pour Nike, un objet avec Case Studyo, la campagne de Noël de Mr Porter, un livre pour Herman Miller, un mur pour OMD, des publicités pour Byron Burger, et un livre avec un acteur dont je ne peux pas divulguer le nom pour le moment.

artwork de jean jullien

Plus d’images de Jean Julien .

Les portraits de MARTIN JARRIE

Martin Jarrie revient pour nous sur son exposition La Vie Des Gens, et nous parle plus largement de son goût pour les portraits.

Portrait de philippe par Martin Jarrie

Quelles sont les particularités de tes portraits ?
Ce sont des portraits réalistes, finalement assez classiques. J’ai toujours aimé les portraits dans la peinture, de Piero Della Francesca à Lucian Freud en passant par Ingres. Pour ma part j’aime faire des portraits cadrés très serrés. Je veux que le visage occupe presque tout l’espace, que sa présence agrippe le regard.

Portrait pour La Vie Des Gens

Comment travailles-tu lorsque tu réalises un portrait ?
En ce qui concerne ceux qui figurent dans « La Vie des Gens », ce sont des personnes que j’ai rencontrées. J’ai passé un moment avec elles, parler, pris des photos de face, de profil à la lumière du jour.
J’ai ensuite peint dans mon atelier à partir de toutes ces photos. Je gardais en tête le souvenir de la rencontre, et c’était important dans la réalisation. Peindre ces visages, c’était comme prolonger la conversation en tête à tête…
Depuis j’ai fait d’autres portraits (pour L’Obs par exemple) en partant de photos qu’on m’avait envoyées.

enfant en peinture

Y a t-il une différence entre le fait de dessiner un objet et le fait de dessiner un personnage ?
Il y a quelque chose de très troublant et excitant dans le fait de peindre le visage d’une personne, dans la tentative de saisir le vif, de le rendre présent. J’éprouve quelque chose d’assez comparable quand je peins des fruits, des légumes (ou des fleurs) que j’ai sous les yeux.
Par ailleurs, qu’il s’agisse d’un portrait ou d’un objet, mon désir est que le sujet happe le regard.
Dans le cas de « La Vie des Gens », j’ai souhaité une sorte de dialogue intriguant, étrange entre un portrait et un objet choisi par la personne représentée.

Peinture de martin jarrie

Peux-tu nous justement en dire un peu plus sur ta récente exposition La Vie Des Gens ?
Les portraits dans « La Vie des Gens » on d’abord été exposés à Saint-Gratien pendant trois mois. J’avais décidé de les réaliser à l’occasion d’une résidence proposée par la ville.
Plus récemment, ils ont été exposés à Mouans-Sartoux à l’occasion du salon du livre. L’accrochage était différent. Les peintures marouflées sur un bois très épais ressemblent à des boîtes posées sur des socles. Les visiteurs pouvaient ainsi circuler entre les peintures devenues totems.

couverture du magazine XXI

Comment se fait le choix des gens que tu dessines ?
A Saint-Gratien, où je ne connaissais personne, j’ai demandé à quelqu’un qui travaille au service culturel de la ville de choisir des gens de différents âges, de différents milieux et origines. Il m’est arrivé depuis de faire des portraits sur commande. Tous les visages sont intéressants !

couverture du livre La Vie Des Gens avec des textes de François Morel

Sur quoi travailles-tu actuellement ?
Entre les travaux pour la presse (L’Obs, le NY Times Book Review, les Echos, XXI…), l’édition et autres, je prépare une exposition qui aura lieu dans quelques mois à la galerie Artitude à Bruxelles.
À noter que La Vie des Gens est disponible en format livre aux éditions Les Fourmis Rouges avec des textes de François Morel.
Plus d’images de Martin Jarrie .

AKI dessine un livre-tapis pour Actes Sud

Entretien avec Delphine Mach (aka Aki) qui nous parle du livre-tapis qu’elle a dessiné pour les éditions Actes Sud junior.

livre tapis par aki

Peux-tu nous expliquer en quelques mots en quoi consiste ce livre-tapis que tu as réalisé pour Actes Sud ?
Il s’agît d’un poster géant qui mesure 1mx1m50 et qui a pour thème la ville de Paris. Ce poster est à déployer par terre et les enfants sont invités à compléter des éléments de l’illustration, à colorier et à dessiner dessus, bref, à s’amuser.

livre tapis aux éditions actes sud

Comment en es-tu venu a travailler sur ce projet ?
Kamy, le directeur de création chez Actes Sud Junior m’avait montré les deux premiers livre-tapis et m’a proposé d’en faire un. Comme j’ai passé une bonne partie de ma vie à Paris, je me suis dit que j’aurais de quoi faire pour un thème sur la ville de Paris. J’ai rassemblé tous les éléments qui m’intéressent et m’inspirent dans la capitale pour en faire des activités. J’y aborde l’architecture, la nourriture, les transports en communs, les animaux qu’on y trouve… En gardant aussi des indispensables comme la Tour Eiffel.

delphine mach illustration sur paris

Aimerais-tu t’amuser à colorier le poster avec un enfant de ton entourage ?
J’adorerai voir un enfant interagir avec le poster. C’est le test ultime pour voir comment le poster est abordé. Hélas, je n’ai pas d’enfant dans mon entourage en Australie (où je vis actuellement), mais je suis sûre que mon ami ferait l’affaire…

Maintenant que tu en a (provisoirement) terminé avec Paris, sur quoi travailles-tu ?
Je travaille sur un livre qui parle de… New York ! J’y suis allée récemment et cette ville est fascinante. Ça m’a donné envie de la dessiner sous toutes ses coutures.

Plus d’images d’Aki.