ALEX TROCHUT nous parle de sa série Fine Line

Alex Trochut nous présente sa série « Fine Line », jeux de mot signifiant à la fois « mince frontière » et « ligne raffinée ». Un titre parfait pour ces images jouant sur les doubles sens.

l'exposition fine line présentée à la Miami Art Basel

En quoi consiste cette série d’images que tu as présentée pour le Miami Art Basel ?
Cette série intitulée Fine Line s’inscrit dans la continuité des mes Binary Prints présentées à Brooklyn et dont vous avez déjà parlé sur le blog d’Illustrissimo. Pour ces séries, je joue sur les similarités de structures entre des images a priori opposées. Les Binary Prints sont une technique d’impression qui permet d’imprimer deux images différentes sur une même surface. L’action de la lumière permet au spectateur de voir alternativement l’une ou l’autre des images.
La série Fine Line explore les antagonismes en utilisant le language, que ce soit à travers des oxymores ou des oppositions. Dans le cas présent, la technique d’art cinétique permet de visualiser une image ou l’autre, visible suivant le point de vue de l’observateur.

alex trochut fine line

Comment s’est déroulé la conception de cette série ?
Ce projet a débuté par une phase de recherche axée sur trois éléments.
1. Le concept :
J’ai cherché des expressions contradictoires porteuses de sens lorsqu’elles étaient confrontées (les oxymores), et sur des oppositions en quatre mots. En un sens, ces expressions s’adressent au processus créatif intérieur et les contradictions qui caractérisent l’existence humaine.
2. La technique :
J’ai exploré les différentes techniques permettant d’imprimer deux images à la fois, à la manière de l’imagerie lenticulaire. Il y a également l’Op Art ou Optical Art (Art Optique) et le Kinetic Art (Art Cinétique) utilisés par des maîtres tels que Cruz Diez ou Vasarely.
3. Le style :
Les lettres se devaient d’être épaisses afin de bien couvrir l’ensemble de la surface. Je souhaitais par ailleurs donner à l’ensemble un impact en adéquation avec les messages fort, comme sur une pierre tombale ou sur les gravures.

typographie d'alex trochut pour l'exposition fine line

Sur quoi as-tu travaillé ces derniers temps ?
Ces derniers temps je travaille avec Freddy Arenas – un artiste incroyablement talentueux – sur plusieurs campagnes pour les États-Unis.

Plus d’images de Alex Trochut .

NOÉMIE MARSILY présente la série Moustique

Noémie Marsily nous présente son travail d’animation sur la série Moustique.

titre de la série d'animation pour Canal plus

Peux-tu nous parler de ton travail sur la série Moustique pour Canal+ ?
Il s’agit d’une mini série de 6 épisodes de 2 minutes chacun, en coproduction avec Lardux et Zorobabel, avec la participation de Canal+
Chaque épisode raconte la tragique, pitoyable, attendrissante, navrante Fin d’une vie de moustique.
Un moustique voit des choses sidérantes, il se faufile dans des lieux inaccessibles, il tombe amoureux de corps disproportionnés, il assassine des géants, il ne ressemble à rien mais il parasite nos nuits, il nous marque le corps de son passage, il parcourt notre intimité sur ses fragiles pattes, il voit des paysages de peau comme nous n’en verrons jamais ! Il meurt souvent tragiquement, incompris, sans mémoire, juste une trace sur un mur, un livre, une fenêtre …Le moustique est un héros incroyable qui meurt à chaque épisode, et un autre revient chaque fois, plus crétin, plus courageux, plus bigleux, plus fou, plus inconscient que le précédent …

dessin de noémie marsily

Comment s’est déroulé le travail sur cette série ?
C’est un projet qui mijotait depuis assez longtemps, quelques années. Carl a commencé par écrire plusieurs petites histoires avec le moustique, comme des petits poèmes qui seraient racontés pour chaque épisode par un narrateur (interprété par Carl). Ensuite j’essayais d’imaginer un storyboard qui raconte la même histoire mais avec un léger décalage. On discutait ensuite beaucoup pour s’ajuster, pour arriver à créer une chouette dynamique entre le texte et l’image. Petit à petit j’imaginais les personnages, les décors pour chaque épisode, et un petit animatique se construisait comme cela. On en a créé une dizaine lors d’une résidence à Montréal. Par la suite, pour notre collaboration avec Canal+, nous en avons sélectionné 6 que nous avons retravaillé, et je me suis lancée dans l’animation. Le moustique est le seul personnage récurrent de la série, le contexte dans lequel il évolue est chaque fois différent, donc je me suis vraiment amusée avec les décors et personnages qui changent chaque fois, graphiquement c’est un mélange de dessin et d’éléments en papier découpé. Le moustique est animé au trait, image par image, je le voulais un peu frêle, un peu gauche dans sa manière de bouger. C’était important pour moi de travailler seule à l’animation, car malgré un storyboard bien ficelé, j’ai besoin de garder une part d’improvisation au moment d’animer. Quand les personnages se mettent à vivre, je me laisse guider par eux et il y a toujours des petites surprises, c’est ça qui m’intéresse! Sans ça, l’animation ça peut être vraiment pénible et laborieux!

illustration de noémie marsily pour la série Moustique

Comment justement s’est déroulée cette collaboration avec Carl Roosens ?
On a l’habitude de travailler ensemble. Pour ce projet-ci on a décidé d’emblée que je prendrai en charge l’animation, la partie visuelle, et que Carl serait plus responsable de l’écriture. Mais en fait il s’agit vraiment d’un travail d’équipe, on se concerte tout le temps, pendant tout le processus, pour tous les aspects de la réalisation. Dès qu’il y a un petit blocage, un doute sur un élément visuel, scénaristique ou autre, on en discute jusqu’à trouver la solution adéquate.

série d'animation série Moustique pour Canal+

Sur quoi travailles-tu actuellement ?
Sur un court métrage, en animation traditionnelle (encre, crayon et papier), à nouveau en co-réalisation avec Carl Roosens.

extrait de la série d'Animation réalisée avec Carl Roosens

Plus d’images de Noémie Marsily .

Découvrez le teaser de la série d’animation Moustique :

Réalisation : Noémie Marsily & Carl Roosens.
Scénario : Noémie Marsily & Carl Roosens.
Images : Noémie Marsily.
Animation : Noémie Marsily.
Montage : Marc Boyer.
Son : Adam Wolny, Marc Boyer & Carl Roosens.
Musique : Vincent Van Den Damme (Noza).
Durée : 5’49 » (Moustique, la série : 6 X 2’05’’)
Production : Lardux en co-production avec Zorobabel avec la participation de Canal+, avec le soutien du Centre National du Cinéma et de l’Image Animée, compte de soutien à l’industrie de programme, avec le soutien de la Procirep – Société des Producteurs et de l’ANGOA, avec l’aide du Centre du Cinéma de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

dessin pour la série Moustique

JEAN JULLIEN nous présente son exposition Us

Entretien avec Jean Jullien qui revient sur son exposition Us présentée à Londres.

poster de l'exposition Us

Peux-tu nous présenter en quelques mots ta nouvelle exposition Us ?
Cette nouvelle exposition est intitulée Us et a ouvert le 4 Décembre 2014 à la galerie Kemistry dans la ville de Londres. Cette exposition personnelle est particulière en ce qu’elle est la dernière expo présentée dans cet espace.

illustration de jean jullien

exposition Us

Qu’ont-pu voir les chanceux qui ont l’opportunité de se rendre en Angleterre pour l’inauguration de ton expo ?
Ils ont pu découvrir une série de commentaires visuels sur des instants et des choses que j’ai pu observer et immortaliser récemment. Cette exposition est une continuité de mon travail commencé avec ma précédente expo Allo? Cette fois la série présentée ne se concentre pas sur la technologie, mais rassemble en quelque sorte des personnes et des idées vivants ensemble.

jean jullien a la galerie Kemistry

dessin de jean jullien

D’où le titre Us qui signifie Nous en Anglais ?
Tout a fait. Us est un mot simple qui exprime avec concision l’idée de rassemblement, et fait également référence à mon séjour aux US (United States).

exposition Us a la galerie kamistry

oeuvre pour la galerie Kemistry à Londres

Et sur quoi as-tu travaillé récemment en dehors de la préparation de cette exposition ?
J’ai travaillé sur une illustration pour le New Yorker, sur un livre avec les éditions Phaidon, une série pour Opening Ceremony, Fricote magazine, un projet avec Jameson’s, un mur pour le Wythe Hotel, des éléments graphiques pour Nike, un objet avec Case Studyo, la campagne de Noël de Mr Porter, un livre pour Herman Miller, un mur pour OMD, des publicités pour Byron Burger, et un livre avec un acteur dont je ne peux pas divulguer le nom pour le moment.

artwork de jean jullien

Plus d’images de Jean Julien .

Les portraits de MARTIN JARRIE

Martin Jarrie revient pour nous sur son exposition La Vie Des Gens, et nous parle plus largement de son goût pour les portraits.

Portrait de philippe par Martin Jarrie

Quelles sont les particularités de tes portraits ?
Ce sont des portraits réalistes, finalement assez classiques. J’ai toujours aimé les portraits dans la peinture, de Piero Della Francesca à Lucian Freud en passant par Ingres. Pour ma part j’aime faire des portraits cadrés très serrés. Je veux que le visage occupe presque tout l’espace, que sa présence agrippe le regard.

Portrait pour La Vie Des Gens

Comment travailles-tu lorsque tu réalises un portrait ?
En ce qui concerne ceux qui figurent dans « La Vie des Gens », ce sont des personnes que j’ai rencontrées. J’ai passé un moment avec elles, parler, pris des photos de face, de profil à la lumière du jour.
J’ai ensuite peint dans mon atelier à partir de toutes ces photos. Je gardais en tête le souvenir de la rencontre, et c’était important dans la réalisation. Peindre ces visages, c’était comme prolonger la conversation en tête à tête…
Depuis j’ai fait d’autres portraits (pour L’Obs par exemple) en partant de photos qu’on m’avait envoyées.

enfant en peinture

Y a t-il une différence entre le fait de dessiner un objet et le fait de dessiner un personnage ?
Il y a quelque chose de très troublant et excitant dans le fait de peindre le visage d’une personne, dans la tentative de saisir le vif, de le rendre présent. J’éprouve quelque chose d’assez comparable quand je peins des fruits, des légumes (ou des fleurs) que j’ai sous les yeux.
Par ailleurs, qu’il s’agisse d’un portrait ou d’un objet, mon désir est que le sujet happe le regard.
Dans le cas de « La Vie des Gens », j’ai souhaité une sorte de dialogue intriguant, étrange entre un portrait et un objet choisi par la personne représentée.

Peinture de martin jarrie

Peux-tu nous justement en dire un peu plus sur ta récente exposition La Vie Des Gens ?
Les portraits dans « La Vie des Gens » on d’abord été exposés à Saint-Gratien pendant trois mois. J’avais décidé de les réaliser à l’occasion d’une résidence proposée par la ville.
Plus récemment, ils ont été exposés à Mouans-Sartoux à l’occasion du salon du livre. L’accrochage était différent. Les peintures marouflées sur un bois très épais ressemblent à des boîtes posées sur des socles. Les visiteurs pouvaient ainsi circuler entre les peintures devenues totems.

couverture du magazine XXI

Comment se fait le choix des gens que tu dessines ?
A Saint-Gratien, où je ne connaissais personne, j’ai demandé à quelqu’un qui travaille au service culturel de la ville de choisir des gens de différents âges, de différents milieux et origines. Il m’est arrivé depuis de faire des portraits sur commande. Tous les visages sont intéressants !

couverture du livre La Vie Des Gens avec des textes de François Morel

Sur quoi travailles-tu actuellement ?
Entre les travaux pour la presse (L’Obs, le NY Times Book Review, les Echos, XXI…), l’édition et autres, je prépare une exposition qui aura lieu dans quelques mois à la galerie Artitude à Bruxelles.
À noter que La Vie des Gens est disponible en format livre aux éditions Les Fourmis Rouges avec des textes de François Morel.
Plus d’images de Martin Jarrie .

AKI dessine un livre-tapis pour Actes Sud

Entretien avec Delphine Mach (aka Aki) qui nous parle du livre-tapis qu’elle a dessiné pour les éditions Actes Sud junior.

livre tapis par aki

Peux-tu nous expliquer en quelques mots en quoi consiste ce livre-tapis que tu as réalisé pour Actes Sud ?
Il s’agît d’un poster géant qui mesure 1mx1m50 et qui a pour thème la ville de Paris. Ce poster est à déployer par terre et les enfants sont invités à compléter des éléments de l’illustration, à colorier et à dessiner dessus, bref, à s’amuser.

livre tapis aux éditions actes sud

Comment en es-tu venu a travailler sur ce projet ?
Kamy, le directeur de création chez Actes Sud Junior m’avait montré les deux premiers livre-tapis et m’a proposé d’en faire un. Comme j’ai passé une bonne partie de ma vie à Paris, je me suis dit que j’aurais de quoi faire pour un thème sur la ville de Paris. J’ai rassemblé tous les éléments qui m’intéressent et m’inspirent dans la capitale pour en faire des activités. J’y aborde l’architecture, la nourriture, les transports en communs, les animaux qu’on y trouve… En gardant aussi des indispensables comme la Tour Eiffel.

delphine mach illustration sur paris

Aimerais-tu t’amuser à colorier le poster avec un enfant de ton entourage ?
J’adorerai voir un enfant interagir avec le poster. C’est le test ultime pour voir comment le poster est abordé. Hélas, je n’ai pas d’enfant dans mon entourage en Australie (où je vis actuellement), mais je suis sûre que mon ami ferait l’affaire…

Maintenant que tu en a (provisoirement) terminé avec Paris, sur quoi travailles-tu ?
Je travaille sur un livre qui parle de… New York ! J’y suis allée récemment et cette ville est fascinante. Ça m’a donné envie de la dessiner sous toutes ses coutures.

Plus d’images d’Aki.

Le fooding 2015 par MARION FAYOLLE

Échange avec l’illustratrice Marion Fayolle qui nous présente son travail pour le fooding 2015.

illustration de marion fayolle

Peux-tu nous présenter en quelques mots ta série pour le guide Fooding 2015 ?
Le nouveau guide Fooding m’a confié la réalisation de dix images pour illustrer la restauration de province.
Je me suis amusée à créer des analogies et des jeux de correspondances entre la cuisine, des éléments de campagnes et des spécialités régionales.

illustration pour le fooding 2015

Comment s’est déroulé plus précisément ton travail sur ce projet ?
J’ai été contacté au printemps dernier. On m’a alors donné un thème et des formats. Les textes n’existaient pas encore et il s’agissait de construire une série d’images narratives qui pourraient ensuite être distribuées dans le guide. J’ai d’abord fait des esquisses, et une fois qu’elles ont été validées j’ai pu passer à la réalisation.
J’ai utilisé ma technique habituelle : des couleurs réalisées en tampons et un travail de dessin à l’encre de chine (rottring et plume).

fooding 2015 vu par marion fayolle

La collaboration avec le client semble s’être bien déroulée ?
Oui la collaboration a été assez simple. Le travail était très libre et l’équipe du Fooding accordait une pleine confiance aux illustrateurs selectionnés.

Une chance… Mais quelles ont été les particularités de ce travail ?
C’est finalement assez insolite de travailler pour un guide de restaurants et de jouir d’une liberté totale permettant de jouer avec la nourriture.

dessins de l'illustratrice marion fayolle pour le fooding 2015

Depuis que tu ne joue plus avec de la nourriture, sur quoi travailles-tu ?
Je viens de commencer un nouveau livre illustré. Pour le moment, c’est le tout début et je préfère garder le mystère mais je compte travailler dessus avec acharnement au cours de cette année.

Plus d’images de Marion Fayolle.

Les infographies de PHILIPPE DERRIEN

Philippe Derrien nous en dit plus sur la manière dont il a préparé ses infographies pour la région Aquitaine.

Philippe Derrien

Peux-tu nous présenter en quelques mots tes images pour la région Aquitaine ?
Il s’agissait de rendre compte par quelques infographies de l’intervention de l’Europe en Aquitaine (le client de ces images) sur l’utilisation des fonds, que ce soit au niveau du développement durable, de la pêche, etc.
Chaque planche fonctionne de manière indépendante malgré un charte graphique commune et présentée sur le site web de la région Aquitaine.

infographie illustration

Quelles étaient justement les contraintes graphiques pour la réalisation de ces infographies ?
Trouver un code couleur pour chaque domaine afin de les différencier et rester suffisamment didactique tout en essayant de sortir du monde parfois formaté des pictogrammes.
D’où l’idée (j’imagine) d’aller chercher un illustrateur…
Ce qui aurait pu devenir un travail mécanique et répétitif au vu de la grande quantité d’images est resté stimulant par la variété et l’originalité des sujets à illustrer. Les visuels se sont parfois transformés en véritables petites saynètes avec décors.

infographie Philippe Derrien

Comment as-tu plus précisément stimulé cette inspiration ?
J’ai commencé par une immersion en apnée dans l’univers du pictogramme. En palmant un peu j’ai pu me rendre compte que cela pouvait être inventif, varié et avec une véritable écriture graphique. Je me suis également rappelé d’images vues dans le magasine Étapes Graphiques lors de mes études sur l’identité visuelle des J.O. d’hiver de Lillehammer et leur coté « peinture rupestre ». Bougrement efficaces et une véritable réussite graphique ! Lorsqu’on voit ce véritable hommage à la naissance du pictogramme, on se dit que beaucoup de choses sont possibles sans forcement perdre en lisibilité.

Infographie region aquitaine

Comment as-tu travaillé afin de finalement aboutir à cette lisibilité ?
Après réception du brief (texte et image), et une première lecture des sujets parfois obscurs (ex: la modernisation des entreprises aquacoles..!?), j’ai commencé par des recherches de visuels. Une fois le sujet apprivoisé, mon travail d’illustration et de synthétisation pouvait commencer. Après avoir réalisé les visuels, je me suis attaqué à la mise en forme et à l’homogénéisation du rapport texte / image.

Philippe Derrien illustration

Quelles perspectives t’a ouvert ce travail ?
Ce travail a confirmé pour moi la pertinence d’aller à l’essentiel. C’est une approche qui demande à être encore travaillée afin de gagner en liberté dans ce mode d’expression a priori très contraignant. Cela tombe bien car il se peut que je m’attaque à un projet (je vous le donne en mille) de pictos pour une banque en ligne. Je retrouverai ensuite des projets d’illustrations plus traditionnels pour la jeunesse et adultes.

detail image Philippe Derien

Plus d’images de Philippe Derrien.

dessin region aquitaine

LÉA CHASSAGNE pour Jogging Mag

Léa Chassagne nous présente les coulisses de la création de sa série kitsch et décalée pour Jogging mag.

Lea Chassagne

Peux-tu nous présenter en quelques mots ta série pour Jogging ?
Il s’agit d’une commande de 11 images illustrant un feuilleton autour du thème du running bien sûr.
La difficulté était de créer des images uniques pour chaque épisode tout en parlant du même univers.
Jogging magazine m’a laissé beaucoup de liberté ce qui m’a permis de mettre en avant les détails qui me plaisaient.

Lea Chassagne illustration

Jogging mag

Comment s’est montée cette idée de série ?
Ce qui est intéressant c’est que jogging magazine a eu l’idée de mettre en scène un projet réel à travers cette fiction :
monter un club Premium novateur.
À partir de là, ils m’ont choisi car le collage se prêtait bien au thème du feuilleton.

jogging mag illustration

Lea Chassagne jogging mag

Peux-tu nous décrire le processus d’élaboration de ce projet ?
Chaque épisode de l’histoire est écrit au fur et à mesure. Chaque mois je découvre la suite un peu avant le lecteur et je réalise une image qui synthétise l’épisode. D’abord un rough pour valider l’idée puis le dessin définitif.
Au final la série d’images s’est construite sur une année entière.

illustration kitsch

illustration roman-photo

Quelles ont été tes influences visuelles sur cette série ?
Je trouvais que l’imagerie kitsch et posée du roman photo collait bien avec l’histoire.
J’en ai gardé les expressions caricaturales, les phylactères , les onomatopées en essayant d’être encore plus décalée.

dessin magazine jogging

Lea Chassagne illustration dans l'espace

Sur quoi travailles-tu en ce moment ?
Je viens de finir deux couvertures pour Cosmétique Magazine, j’en entame une autre pour un livre des éditions Fleuve Noir et parallèlement je travaille sur une nouvelle série autour des sérendipités.
Enfin je m’attaquerai ensuite à la refonte de mon site.

Lea Chassagne artwork

Plus d’images de Léa Chassagne.

Le festival les Inrocks par EMMANUEL ROMEUF

Emmanuel Romeuf a réalisé l’affiche de l’édition 2014 du festival de musique Les Inrocks. Retour avec lui sur cette collaboration réussie.

Emmanuel Romeuf festival Inrocks

Comment s’est déroulé ta collaboration avec l’édition 2014 du festival Les Inrocks ?
J’avais d’abord été contacté par Laurent Barbarand (le DA des Inrocks) pour faire une couverture des Inrocks IN sur la Suisse. Et puis quelques mois après, Laurent m’a proposé de travailler sur le visuel du festival. Le brief était libre mais Laurent avait en tête une sorte de visuel iconique associé au cartouche Les Inrocks Festival. L’idée était que cela puisse se décliner facilement sur tous les supports tout en restant fort et identitaire. C’est une approche assez pragmatique mais au final cette contrainte a été stimulante. J’avais un peu peur de tomber dans un dessin banal posé à côté du cartouche sans interaction. Il a fallu que je trouve une solution pour que ce visuel soit vivant et responsive… Après plusieurs propositions, le visuel de la fille aux cheveux infinis a retenu notre attention. Il y avait là le côté rock et glamour qu’on recherchait, mais aussi une solution graphique adaptable à tous les supports avec ses cheveux extensibles à l’infini.

affiche de l'édition 2014 du festival des Inrocks
L’affiche de l’édition 2014 du festival des Inrocks dans le métro parisien.

Quelles ont été tes sources d’inspiration pour cette affiche ?
J’ai été inspiré par la mode clairement. J’avais encore en tête la collection de Christopher Kane avec ses imprimés Galaxy mais aussi Magritte, ce qui a donné ce twist inattendu et poétique au visuel. L’imprimé s’est donc déplacé des vêtements vers les cheveux. Improbable mais intrigant… Et puis la mode m’a aussi donné l’idée d’utiliser la fille pour en faire un motif. Là encore, c’était une solution graphique pour garder « l’icône » de départ tout en s’adaptant aux différents formats des supports. Et puis, maintenant que tu me poses la question, j’avais pas fait le lien en réalisant l’image, mais il y a peut être aussi l’influence de Raiponce des Frères Grimm avec ses cheveux qui poussent à l’infini.

Inspiration Emmanuel Romeuf

Y a t-il des musiciens de cette nouvelle édition du festival que tu apprécies particulièrement ?
J’avais découvert Isaac Delusion avant l’été et leur album m’a accompagné tout l’été. Le chanteur a une voix charismatique et les mélodies sont envoutantes. J’adore ! Et puis, j’ai beaucoup écouté le dernier album de Chet Faker, Built On Glass. Très bon aussi! Sinon, j’aimerais voir en live Cassisus et Brodinski pour danser toute la nuit !

Emmanuel Romeuf influence

Sur quoi travailles-tu en ce moment ?
Actuellement, je poursuis ma collaboration avec Samsung. J’avais déjà collaboré avec eux en début d’été sur une série d’illustrations pour une machine à laver, puis une deuxième collaboration pour des aspirateurs et aujourd’hui il s’agit d’un purificateur d’air. A suivre. Sinon, j’ai un projet d’illustration de couverture avec Marie Claire, quelques illustrations pour The Good Life et In Extenso, et parallèlement je suis en train de concevoir et développer l’identité visuelle du designer Mathieu Lehanneur.

christopher kane galaxy inspired
Les imprimés Galaxy du créateur Christopher Kane ont influencé Emmanuel Romeuf.

Plus d’images de Emmanuel Romeuf .

poster festival Inrocks 2014

CHARLIE POPPINS fait le strict maximum

Charlie Poppins revient pour Illustrissimo sur la parution de son livre Le Strict Maximum chez Dargaud.

chalie poppins le strict maximum couverture

Peux-tu nous présenter en quelques mots ton nouveau livre chez Dargaud ?
​Avant d’être nouveau, c’est surtout mon premier. Pour vous présenter rapidement mon livre je dirais simplement que c’est un livre de dessins d’humour légendés. C’est à dire que chaque page représente une histoire ou une situation complètement différente de la page suivante. On est donc dans un univers plus proche de Gary Larson, Chas Addams, Voutch ou Sempé que d’une bande dessinée classique comme Tintin ou Asterix.

planche charlie poppins

Comment s’est monté ce projet ?
J’avais passé quatre années à faire ces dessins à coté de mon boulot de réalisateur de film d’animation. Je les avais mis sur un blog et les retours que j’en avais était très positif. Il m’est apparu comme une évidence d’essayer de les proposer à un éditeur. Par chance, j’ai croisé le chemin de Pauline Mermet (éditrice chez Dargaud) via Marion Montaigne et les choses se sont faites très naturellement. Elle a proposé ces dessins en interne et tout le monde l’a suivi. Ce qui était le plus fou, c’est que ce livre est totalement hors collection. On a donc fait une réunion où tout le monde s’est tourné vers moi en me demandant ce qui me ferait plaisir. Le format, le papier, la couverture, etc. J’ai d’abord cru que j’étais filmé et que tout ceci était un coup monté mais non, Pauline (Mermet) m’a vraiment laissé une liberté totale.

charlie poppins le strict maximum

Que peut-on espérer voir dans ce livre ?
​Chacun se fera juge mais j’ai essayé de ​​​remettre au gout du jour un style que j’affectionne beaucoup, à savoir le dessin d’humour. En une seule et unique case, essayer de proposer une idée ou une situation qui doit déclencher un sourire.
Comme je l’avais lu dans le livre « La passion du dessin d’humour »​ (Martine Gossieaux)​, Philippe Caubet rapproche ​cette forme de dessin à ​un ​aphorisme.​ Je trouve ça assez juste. On retrouve aussi ça dans le stand up avec les punch line. Le but du jeu est d’exprimer une idée de façon drôle et sans détour.
Mes dessins peuvent donc être très classiques comme du Bosc ou du Chaval mais j’essaie aussi de jouer avec des codes très actuels de la pop culture (les jeux video, les daft punk,…)

chalie poppins le strict maximum vernissage

Comment s’est passée la collaboration avec Dargaud ?
​Très bien ! Comme j’ai dit plus haut, j’ai eu la liberté que j’aurais pu avoir chez un indépendant mais avec les moyen​s d’un gros éditeur. Tout s’est très bien passé dans une excellente ambiance.

vernissage galerie michel lagarde

Peux-tu nous parler de ​ton expo à la galerie Michel Lagarde ?
​Elle a commencé mi-Octobre et se termine le 22 Novembre 2014 par un finissage (l’inverse d’un vernissage) de 14h à 16h. Vous pouvez découvrir les photos du vernissage sur le site de Michel Lagarde. L’exposition propose de voir une vingtaine d’originaux et de reproduction, d’acheter le livre sur place et de voir tout un ensemble d’objets et de goodies que j’ai fait faire pour l’occasion. Il y a un « atelier tampon » grace auquel vous pouvez repartir avec un original que vous faites vous même. Il y a des totes bags, des poupées en lin, des affiches détournées, des mugs, des porte-clé vintage,… Il y a même un distributeur de bonbon PEZ qu’un ami a fait pour l’occasion. Bref, il y a tout l’univers « Charlie Poppins » mais sous forme d’objets.

Planche originale Charlie Poppins
Planche originale de Charlie Poppins.

Sur quoi travailles-tu en ce moment ?
En tant qu’illustrateur, je finis ma serie « Que sont-ils devenus? » pour le Professeur Cyclope en fin d’année. J’aimerais l’étoffer pour proposer un livre aux éditeurs pour le début d’année prochaine.
En tant que réalisateur, je viens de finir le générique du prochain Asterix (« Le domaine des Dieux ») qui sort le 26 novembre au cinéma.

Plus d’images de Charlie Poppins .