Archives pour la catégorie Icinori

illustrations et dessins de l’illustrateur Icinori

Icinori au Bocal

L’atelier Le Bocal (83, rue de Marseille – 69007 Lyon) réserve aux Lyonnais une bien belle fin d’hivers en laissant ses murs aux bons soins du duo Icinori. Peu de temps après la fin de leur exposition avec Jean Lecointre à la galerie Lavigne-Bastille pour Art Factory, les strasbourgeois remettent ça avec la présentation de leurs intemporelles sérigraphies mais aussi une série inédite de gravures à la pointe sèche réalisées pour l’occasion.

Une exposition complétée par un exercice moins attendu, une image hors-cadre et grand format réalisée directement sur un des murs.

À découvrir jusqu’au premier jour du printemps, le 21 Mars 2014.

L’Illustrissime Parisianer

L’évènement de cette fin d’année, vous le savez peut-être déjà, c’est l’exposition The Parisianer qui se tiendra du 20 au 23 décembre 2013, de 14h à 20h à La Galerie de la Cité Internationale des Arts (13, rue de l’Hôtel de Ville 75004 Paris). En attendant le livre aux Éditions Michel Lagarde en mars 2014 et le vernissage de l’expo jeudi 19 décembre, nous vous avons préparé un petit florilège de couvertures imaginaires réalisées par les illustrateurs de l’agence. Régalez-vous…

Marion Fayolle

Icinori

Jean Jullien

Yann Kebbi

Gwendal Le Bec

Quentin Vijoux

Olimpia Zagnoli

Crédit The Parisianer : Aurélie Pollet et Michael Prigent co-directeurs de l’association La Lettre P que vous pouvez soutenir via kisskissbankbank

Nous remercions aussi chaleureusement Daniel Wormeringer de chez Arctic Paper et Hervé de Buyer (société de Buyer) pour leur soutien au projet.

Icinori chez Philippe le Libraire

Lors de notre dernier entretien avec eux, à propos de leur publication dans Dada, Icinori nous avaient parlé de leurs projets à venir, parmi eux un conte japonais prévu pour l’automne.

L’automne est arrivé et le conte japonais aussi. Il s’agit d’Issun Bôshi publié chez Acte Sud Junior, et son sous titre -l’enfant qui n’étais pas plus haut qu’un pouce- est une histoire qui en rappelle d’autres car la taille est inversement proportionnelle au courage de ce petit être.

« Un couple de paysans attend enfin un enfant, mais ô surprise, il naît minuscule !  
Ce sera Issun Bôshi, l’enfant pas plus haut qu’un pouce, qui partira à la découverte du monde… »

Découvrez Issun Bôshi chez son homologue Philippe le Libraire (petite librairie vaste fond) où Mayumi Otero et Raphaël Urwiller seront en dédicace le jeudi 17 octobre 2013 à partir de 18h30 avec un ex-libris édité pour l’occasion.

Le duo partagera la vedette avec Vincent Pianina qui dédicacera son foisonnant Jungle (Gallimard Jeunesse).

Illustrissimo dans l’Étapes de l’été

Le numéro 214 de l’excellent magazine Étapes a pour thème le dessin et l’illustration. Un dossier est consacré aux agent d’illustrateurs, avec deux doubles pour Illustrissimo. On ne pouvait passer à coté, ni bouder notre plaisir de se retrouver dans ce chic bimestriel.

Toujours dans le même numéro, vous retrouvez un dossier dévolu aux usages du dessin dont nous vous proposons ici un rapide aperçu.

crédit illustration Brecht Evens

crédit illustration Claude Courtecuisse

crédit illustration Antti Uotila

crédit illustration Annabelle Buxton

Icinori habille Dada

Pour son numéro de février, la revue Dada fait la part belle aux jeunes, alors qu’un article est consacré à Yann Kebbi c’est le tandem Icinori qui s’occupe de l’identité graphique de ce numéro consacré à L’Ukiyo-E. Un choix heureux comme nous le montre notre petit entretien…

Le numéro 180 de la revue Dada est consacré aux maitres de L’ukiyo-E. On trouve une forte influence de cet art dans votre travail, comment en avez-vous fait la découverte?

Le travail de l’estampe est bien évidemment important pour nous, et cela pour plusieurs raisons. Nous avons fait sa rencontre de façon triviale, Mayumi est d’origine japonaise, ce qui crée un lien particulier. Notre travail de recherche graphique est orientée sur l’exploration des éphemeras et de l’imagerie populaire, des liens et échanges entre elles, ainsi que sur les techniques d’impression très intimement liées à ces modes d’édition. Les estampes japonaises constitue l’un des pivots et des aboutissements les plus spectaculaires de cette imagerie populaire. Le sens de la retenue tout comme une perfection de la technique – on oublie souvent que derrière un Hiroshige ou un Hokusai, il y a plusieurs graveurs, coloristes, imprimeurs, éditeurs, la plus souvent anonymes, qui sont des acteurs essentiels de la qualité de ces images –

Quelle serait la nature de votre héritage des ces maitres de l’estampe, l’aspect contemplatif de la composition ou la technique? 

Pour nous l’illustration est un art de l’image reproduite, donc un jeu de contraintes entre le dessin et ses moyens reproducteurs, les estampes sont donc une référence clé pour notre travail de recherche – tout autant que l’imagerie d’Épinal ou les matchbox labels indiennes par exemple. Nous nous intéressons tout particulièrement aux périodes de frictions entre deux traditions, où une technique aboutie dérivant vers l’académisme est remise en cause par une imagerie venue de l’autre coté du monde, c’est ce qui s’est passé lorsque les impressionnistes ont découvert le monde flottant des estampes mais il s’est produit la même chose au Japon, lors de son ouverture sur l’occident, les peintres et graveurs ont découvert la vision européenne de la perspective, de la composition et ont tenté, avec enthousiasme et parfois naïveté maladroite de digérer cet art occidental. Ce sont les estampes issues de ce dialogue, entre maladresse et enthousiasme, déstabilisant une tradition qui commençait à s’assoupir dans une confortable perfection, qui nous intéresse le plus. Cela nous passionne probablement par l’écho fait à notre propre travail au sein d’Icinori, qui est la résultante d’un dialogue entre deux dessins et deux cultures très différentes. Nous avons besoin de ces modèles, la moitié de notre travail est dans la recherche et l’analyse à deux de ces références.

Dans le dossier de la revue, on peut lire que la filiation de l’estampe se retrouve jusque dans le manga. En êtes-vous lecteurs? 

 Nous sommes bien entendu des lecteurs de manga, ayant commencé par Dr Slump et Akira plus jeunes et achetons à présent beaucoup d’indépendants, issus souvent de la presse underground (et légendaire) Garo, l’ancêtre de AX – que Mayumi achète d’occasion lors de ses séjours au Japon, dans les quartiers des libraires de Jimbocho et Nakano broadway à Tokyo.

Une petite sélection de ce que nous avons relu dernièrement.

Raphael : Number Five de Matsumoto, L’école emportée de Kazuo Umezu, Tokyo Zombie de Hanakuma, tout Saito yunosuke , Akira et Nausicaa (en version papier) évidemment.

Mayumi : Poguri, La jeune fille aux camelias de Suehiro Maruo, Le jardin de Yokoyama aux éditions Matière, Tensui de Hanawa et Dr Slump – évidemment

Quelles sont vos actualités ou projets pour les mois à venir?

 Nous sommes justement en train de préparer des livres en Risographie de réédition d’images populaires que nous collectionnons. Sinon, nous travaillons en ce moment sur un conte japonais qui sortira en automne. Nous préparons des expositions, une notamment au Centre d’art à Lourdes en avril et une autre qui aura lieu pendant le festival de Sismics à Sierre.

 

Icinori, le grand entretien

Icinori est composé de Raphael Urwiller et Mayumi Otero. Tous deux jeunes diplômés des Arts Décoratifs de Strasbourg, ils ont fondé en marge de leur activité d’illustrateur: les éditions expérimentales Icinori. L’occasion pour nous d’une rencontre et d’une découverte approfondie de leur travail.

Raphael Urwiller et Mayumi Otero dans leur atelier de sérigraphie

Illustrissimo: Bonjour Icinori. Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre activité d’illustrateur d’un côté, et d’éditeur de l’autre ? 

Icinori: Passionnés par l’image imprimée, l’estampe et de dessin contemporain, nous dessinons pour la presse et réalisons indépendamment des albums jeunesse. Icinori a été créé alors que nous étouffions dans des cours sans aucun aboutissement concret et nous nous sommes ainsi lancés dans des éditions expérimentales pour éprouver la matérialité de nos images, questionner l’objet livre, expérimenter l’union triangulaire entre le dessin,  le papier, la couleur afin de tenter d’en faire une matière sensible.

Jabberwock – Icinori

La sérigraphie s’est vite imposée comme un médium d’apprentissage incontournable – à défaut d’avoir une machine offset sous la main. Icinori est devenu complémentaire à nos travaux de commandes, nous avons cette aire de liberté totale, notre espace de recherche indépendant qui nous permet d’inventer de nouvelles solutions pour nos travaux de commandes, pour réinvestir ces trouvailles dans des projets basés sur des dialogues avec le commanditaire – souvent enrichissants.

Dada double 3d – Icinori

Illustration pour le magazine anglais Nobrow – Raphael Urwiller

Illustrissimo: Vos premières illustrations paraissent régulièrement dans la revue Le tigre , et plus ponctuellement dans les revues XXI, DADA, Forbes, Wired, Nobrow.

Icinori: Nous avons en effet une petite paire d’illustrations tous les mois dans le Tigre. Nous sommes aussi sur des projets d’éditions jeunesse qui sont actuellement chez l’imprimeur… Quelles sont vos influences (ou sources d’inspirations) graphiques et littéraires? Nous aimons particulièrement fouiller dans toute l’histoire de l’image imprimée moderne ou ancienne et l’art populaire sans oublier l’art contemporain. Nous adorons évidemment Pierre La police, Tom de Pékin,  Killoffer, Wagenbreth, Hagelberg mais nous essayons d’étendre au maximum nos aires d’inspiration hors du champs de l’illustration contemporaine .

Mayumi Otero – Fabrique des Tigres 

Les éphéméras -d’une richesse incroyables-, des matchbox labels aux images d’Epinal, les grands graveurs – de Goya à Dürer en passant par David Hockney et Kuniyoshi -, la renaissance florentine – de Gozzoli à Della Francesca -, les affichistes pop japonais tel que Yokoo Tadanori ou Shigeo Fukuda, la presse graphique militante – de Raw à Garo – et puis en vrac, Tomi Ungerer, Saul Steinberg, Jossot, Bazooka, Doré, Shrigley, Tony Cragg, Maurizio Cattelan, Superstudio et Archizoom, Bukowsky et Beckett, les frères Chapman, les papier peints du 18e, l’art brut chinois etc. etc. Nous essayons, pour chaque nouveau travail, de concilier des antagonismes très référencés, invoquer le constructivisme monolithique russe et tenter de le faire dialoguer avec la gravure baroque du 19e, jeter la sculpture pop 70’s contre l’estampe japonaise… La gymnastique graphique est parfois fastidieuse mais souvent très excitante.

Jean qui rit – Mayumi Otero – Tigre

Illustrissimo: Vous avez fait vos études aux arts décoratifs de Strasbourg, qui est de nouveau une pépinière de talents. Quels sont les principaux enseignements pour votre jeune carrière d’auteurs ?

Icinori: L’arrivée de Guillaume Dégé en tant que professeur a coïncidé avec ce renouveau, il a apporté avec lui un autre regard sur les démarches d’éditions plus indépendantes, nous avons eu la chance de bénéficier d’une tolérance pour les élèves s’investissant (s’évadant ?) dans des projets en marge, plus personnels et délaissant les exercices classiques. Nous nous sommes investit dans des workshops parallèles, proposés par des professeurs d’art, profitant au maximum des potentiels énormes et terriblement sous-exploités d’une école disposant d’un accès à des ateliers et formations très diverses, du bijou au verre en passant bien sûr par le livre ou l’estampe.

XXI – Icinori

L’enseignement de l’illustration étant parfois trop limité, nous avons cherché à nous nourrir à d’autres mamelles, d’autres pratiques, d’autres réflexions, d’étendre notre territoire d’inspiration au delà du contemporain et de l’illustration. Nous sommes menés par une intense volonté de développer un travail d’auteur, indépendant et singulier – après avoir chacun hésité à suivre un parcours plus orienté art, nous avons fait le choix de l’illustration par passion pour l’image imprimée, la narration et par goût de la création basée sur le dialogue.

Promenade – Mayumi Otero

Illustrissimo: Pouvez vous nous parler de votre travail sur les Pop-up et du mode de diffusion que vous avez adopté ?

Icinori: L’idée des popups trottait dans la tête de Raphael depuis très longtemps, depuis la découverte dans une librairie de vieux popups de Kubasta. Leur simplicité et l’ingéniosité mise en oeuvre sont incroyables ! Le contraste était intéressant entre la puissance de  livres, reliés de façon très approximatives, imprimés sur un gros carton brunâtre face à la mode presque suspecte des livres animés actuels, blancs, papier glacé, dinosaures ou égyptiens, marketing pour cadeaux de noël… Nous trouvions qu’il y avait une possibilité de résonnance entre la puissance brute de ces objets et la densité de la sérigraphie associée à nos univers personnels.

Pop up – Mayumi Otero

Il y a bien sûr des précédents comme UG qui réalise lui aussi des livres animés à la main mais nous avons fait le choix de ne pas regarder ces travaux et de travailler uniquement sur nos envies premières de volumes, redécouvrir le médium livre tout seuls, le réapprendre, le reconstruire. Raphael a donc conçu l’ingénierie des deux popups, Construction (Raphael) et Mauvais tours (Mayumi).

Pop up – Icinori

L’idée était de se laisser une liberté de création totale, tant dans le dessin qu’au niveau de l’histoire, il en résulte deux contes un peu étranges, des objets qui font sens à 50 exemplaires, résultats de nos seules envies égoïstes. C’est aussi pour cela que nous n’avons pas du tout travaillé d’idée de diffusion en amont, laissant le projet libre de toute contraintes financières, une sorte de petit caprice – donc pour la diffusion, nous flottons un peu, apprenant en rencontrant des passionnés, tirant des fils. C’est le plaisir du fait main, le rapport direct avec l’acheteur. Qui sait, 50 livres dans de bonnes mains est peut-être aussi précieux que 2000 en librairie ?

Pop up – Icinori

http://icinori.com/