Archives pour la catégorie Delphine Lebourgeois

illustrations et dessins de l’illustrateur Delphine Lebourgeois

DELPHINE LEBOURGEOIS nous présente ses collages

Entretien avec Delphine Lebourgeois qui revient sur ses images pour le magazine Femme Majuscule. L’occasion de revenir sur sa technique de collage qui combine ses illustrations avec des classiques de la peinture.

delphine lebourgeois fall

Peux-tu nous retracer l’historique de ta collaboration avec Femme Majuscule ?
J’ai commencé a travailler pour Femme Majuscule il y a déjà quelques années. C’est une collaboration que j’apprécie beaucoup car la directrice artistique Nathalie Debotte me laisse une grande liberté d’expression, ce qui est toujours agréable. Cet été nous avions travaillé sur un dossier traitant des maladies de coeur chez les femmes, et pour lequel j’avais réalisé quatre illustrations. Il me semble d’ailleurs que l’on en avait parlé sur ce blog.

magazine femme majuscule

Peux-tu nous présenter en quelques mots ta série de portraits pour le nouveau numéro ?
Ce sont en fait les signes du Zodiac pour un dossier sur les Arts Divinatoires. Nathalie avait aimé ma série de collages « Fall » et elle m’a demandé de créer quelque chose dans le même esprit. Cette série empruntait des éléments appartenant à la peinture classique (Bronzino, Ingres, Cagnacci, Delaroche, Bouguereau…) qui étaient ensuite collés avec mes propres dessins. C’est une esthétique un peu particulière mais qui dans le cas présent s’accordait parfaitement à la dimension céleste, presque sacrée du thème.

delphine lebourgeois zodiac

Peux-tu décrire la manière dont tu travailles sur ce type de portraits ?
Tout d’abord je cherche des références. Pour ce projet, il me fallait trouver des portraits de grands maitres qui, contrairement à la série Fall, n’étaient chargés d’aucune émotion particulière.
Une fois les références trouvées, j’entame un travail de découpage numérique. Je dessine ensuite tous les éléments supplémentaires (tels que les chevelures) au crayon ou au stylo, et je les scanne afin de pouvoir les intégrer a l’illustration grâce a un système de calques. Cette façon de construire les images est assez ludique. Il faut parfois beaucoup d’essais et d’assemblages pour obtenir un résultat satisfaisant. Les couleurs et les éléments décoratifs sont également appliqués numériquement.

delphine lebourgeois illustration

Quelles sont tes attentes (ou tes résolutions) pour l’année 2015 ?
Dessiner plus d’hommes ! Mes images représentent presque toujours des femmes et j’ai envie de changer cela. En attendant de mettre en oeuvre ces bonnes résolutions, voici une image récente pour Pelerin magazine qui reprend la technique de collage évoquée plus haut.

pellerin magazine

Sur quoi travailles-tu en ce moment ?
Je travaille entre autres sur une série de couvertures pour des romans classiques d' »Heroic Fantasy » publiée par Orion à Londres. Je travaille également sur une sérigraphie sur le thème de « La Ronde » pour ma galerie Eyestorm dont le lancement est prévu début Mars.

patricia mckillip

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DELPHINE LEBOURGEOIS fait sa rentrée

Delphine Lebourgeois nous parle de sa rentrée 2014 qui s’annonce très chargée.

The Girl has a Gun
The Girl has a Gun / Soldiers.

Peux-tu nous parler des nombreuses expo auxquelles tu participes durant cet Automne 2014 ?
Je participe à plusieurs foires cet Automne, The Other Art Fair et Multiplied chez Christies (qui auront toutes les 2 lieu lors de la Frieze week à Londres, évènement majeur du calendrier artistique ici), ainsi que la AAF Singapour en Novembre.
The Other Art Fair sera l’opportunité pour moi de lancer une nouvelle série de dessins originaux sur laquelle je travaille depuis bientôt un an. La série s’appelle The Girl Has A Gun. Ce sont des dessins réalisés à l’encre et à l’aquarelle qui mettent en scène des foules tour à tour protectrices ou menaçantes, et qui illustrent une certaine vision de la condition feminine.

Devotees
The Girl has a Gun / The Devotees.

Est-ce que tes projets artistiques ont une influence sur ton travail de commande ?
Lorsque le brief le permet, je peux adapter une idée pour qu’elle raisonne avec mes projets perso. C’est très satisfaisant mais cela n’arrive pas si souvent. Par contre une commande peut aussi être un terrain d’expérimentation. Je me mets vraiment au service du sujet et cela implique parfois de choisir de nouvelles approches pour mieux correspondre à un thème particulier. J’aime beaucoup le travail de commande qui paradoxalement m’offre une grande liberté d’expression.
Mes projets personnels sont d’un ordre plus strict. J’essaie d’être intransigeante et de ne pas céder aux pressions stylistiques ou commerciales.
Créer une image sans considérer sa vente future n’est pas si facile lorsque l’on vit de cette création !
Mon cours aux Beaux-Arts de Lyon était dirigé par Bernard Frize, un peintre conceptuel et assez intello. Il n’était alors pas question de se laisser séduire gratuitement par le « beau » ou le « stylisé ». L’esthétique devait se justifier par le concept et le contenu de l’oeuvre.
Cette vision assez austère m’a beaucoup influencé. L’Idée reste maitresse dans mon travail et j’ai du mal à dessiner les choses seulement parce qu’elles sont agréables à regarder. Cela dit je rajoute souvent des éléments « déco » à mes images, un peu comme on s’achète une belle robe ou qu’on mange un gâteau en cachette. Le régime « concept only » est une discipline trop lourde à porter pour moi et j’essaie de réconcilier le conceptuel et le décoratif.
Les images doivent aussi être une source de plaisir. À mes yeux ce plaisir passe aussi bien par l’appréciation d’une idée lumineuse que par le simple attrait du beau…

The Inner Child
The Girl has a Gun / The Inner Child.

Quelles soient graphiques ou non, quelles sont tes influences ?
C’est toujours une question difficile car elle ramène à un langage visuel dont je n’ai pas vraiment conscience.
En ce moment beaucoup de choses m’inspirent et nourrissent mes images : l’actualité, l’art brut, les contes de fée et la mythologie, les collages de John Stezaker, les auteurs contemporains Américains, Pina Bausch, James Thierrée, Jean-Paul Gaultier, Woodkid, Kid Cudy, Bob Sinclar…

Photo de Classe 2014 delphine lebourgeois
The Girl has a Gun / Photo de Classe 2014.

En dehors de tes nombreuses expo sur quoi travailles-tu en ce moment ?
Je viens de terminer une série d’illustrations pour le magazine Femme Majuscule (en kiosque depuis le 5 septembre) et j’enchaine à présent sur une couverture pour un roman d’ « heroic fantasy » qui sera publiée par Orion en Grande Bretagne début 2015.

delphine lebourgeois
Femme Majuscule / Page d’ouverture «Touchées en plein Coeur».

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Illustrissimo dans l’Étapes de l’été

Le numéro 214 de l’excellent magazine Étapes a pour thème le dessin et l’illustration. Un dossier est consacré aux agent d’illustrateurs, avec deux doubles pour Illustrissimo. On ne pouvait passer à coté, ni bouder notre plaisir de se retrouver dans ce chic bimestriel.

Toujours dans le même numéro, vous retrouvez un dossier dévolu aux usages du dessin dont nous vous proposons ici un rapide aperçu.

crédit illustration Brecht Evens

crédit illustration Claude Courtecuisse

crédit illustration Antti Uotila

crédit illustration Annabelle Buxton

Special Londres (3/4): Delphine Lebourgeois

Nous poursuivons notre exploration des illustrateurs français installés à Londres. Delphine Lebourgeois a rejoint Illustrissimo en 2009, son style classique et raffiné a séduit un bon nombre de maisons d’édition anglaises, et son travail apparaît de temps en temps dans quelques magazines français. A la veille de son exposition londonienne, un petit tour d’horizon en quelques questions.

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Double page pour les Agents Associés: Illustration, Volume 3, (2011)

Illustrissimo: Peux tu nous résumer en quelques mots ton parcours d’illustratrice et ton arrivée à Illustrissimo ?

Delphine Lebourgeois: Après avoir décroché un DNAP Art à L’école Nationale des Beaux-Arts de Lyon, je suis venue directement à Londres en 1998, à la recherche d’horizons nouveaux. J’y ai fait d’abord beaucoup d’illustrations pour enfants, mais n’étant pas réellement satisfaite de la tournure que prenait ma carrière, j’ai eu besoin de retrouver la stimulation des études et je me suis embarquée dans un masters Illustration à la Central St Martins. Cela m’a ouvert beaucoup de portes et mon langage visuel a été transformé pour le meilleur.

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 La Peau de Chagrin, © Delphine Lebourgeois Illustrissimo: Tu as choisi de t’installer à Londres en 1998. Pourquoi le choix de cette ville et quels sont les avantages pour une jeune illustratrice française ? Delphine Lebourgeois: Au départ, je n’étais sensée rester qu’un été, afin de parfaire mon anglais, mais douze ans plus tard je suis encore là! Je crois que ce qui m’a poussée à rester (au-delà de la richesse culturelle de Londres), ce sont les opportunités professionnelles que l’on m’a offertes. Les anglais ont l’esprit d’entreprise et tout paraît possible ici. Même d’un point de vue pratique et administratif, être à son compte semble plus aisé. Cela dit, cela fait très longtemps que j’ai quitté la France et ma vision n’est peut-être plus au goût du jour…

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Les Liaisons Dangereuses, © Delphine Lebourgeois 

Illustrissimo: Quelles sont les images que tu considères les plus emblématiques de ton travail, et comment vois tu l’évolution de celui-ci ? Delphine Lebourgeois: J’ai un petit faible pour le portrait du Marquis de Sade (Philosophie Magazine). Sophie Villette, la directrice artistique, m’avait donné carte blanche pour cette série et j’ai pu ainsi créer des images poétiques et proches de mon univers personnel. Pour ce portrait,  j’ai créé une trame de petites femmes suspendues comme des acrobates de cirque flottant autour du visage. Je souhaitais que ces petites femmes ligotées soient souriantes et reflètent davantage le raffinement du philosophe plutôt que sa cruauté. Il y a aussi beaucoup d’humour dans cette image, chose que toutes les commandes ne me permettent pas de faire. Deux autres illustrations « Tiger Hills » et « Jungle » sont devenues emblématiques par leur popularité. Les gens les aiment beaucoup et elles ont été a l’origine de plusieurs commandes. Et il y a, bien sûr, toutes les images qui forment mon dernier projet personnel « Over the Cover ». Je suis toujours à la recherche d’un équilibre entre une approche conceptuelle de l’image et une esthétique raffinée et séduisante. J’espère être sur la bonne voie avec « Over the Cover ». sade-portrait-1.jpg

Portrait du Marquis de Sade pour Philosophie Magazine, © Delphine Lebourgeois   Illustrissimo: Tu exposes à partir du mois de mars dans une célèbre galerie. Y a t-il un marché pour les éditions limitées ou pour l’illustration en général à Londres ? Delphine Lebourgeois: L’exposition « Over the Cover » débute le 28 Février à la Frameless Gallery, Islington. Vu que mon travail est maintenant en grande partie « numérique », je produis des éditions limitées que je vends soit en galerie lors d’expositions que j’organise moi-même (comme celle-ci), soit à travers un réseaux de galeries en ligne comme « Eyestorm »  ou « A Little Bit Of Art ». Gina Cross qui gère « A Little Bit of Art » me représente également dans des foires d’art ou de graphisme telle que « The Affordable Art fair ». Ces évènements sont tres nombreux tout au cours de l’année et les anglais en sont friands. D’une manière générale à Londres, il y a beaucoup d’illustrateurs et la compétition est élevée. Le travail personnel fait une grande différence. En ce moment la mode est aux évènements « pop-up ». Ces expos ou shops improvisés se font un peu partout (boutique design, écoles d’art, entrepôts…), et sont directement organisés par les artistes.

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Exposition à la galerie The Frameless Gallery, © Delphine Lebourgeois  Illustrissimo: En Angleterre, ton  travail a pris une voie un peu plus « déco » et design. Tu sembles cibler une clientèle plutôt déco d’intérieur et arts appliqués (Habitat, Paperchase, V&A, Heals). Peux tu nous parler d’une série de foulards pour une nouvelle compagnie ? Delphine Lebourgeois: Il y a quelques temps, j’ai commencé à introduire des silhouettes dans mes images. C’est un style qui se prête bien aux briefs de déco et c’est vrai que mon travail s’oriente davantage vers ce marché ces temps-ci. Je suis sur le point de faire une série d’éditions limitées exclusive pour Paperchase et je travaille sur plusieurs design pour des foulards commandés par une toute nouvelle société.  C’est une expérience très enrichissante et grâce à laquelle j’apprends beaucoup. Les images sont serigraphiées à la main sur des carrés de soie, type Hermès, et si tout va bien la série comprendra douze dessins différents.

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Vingt Mille Lieues sous les Mers © Delphine Lebourgeois Illustrissimo: Dernier mot pour les lecteurs de ce blog sur les bon plans londoniens pour tous les amateurs d’images fortes ? Delphine Lebourgeois: Pour l’inspiration, le British Museum est classique, mais imbattable. En ce moment, il y a une exposition sur le « Livre des Morts » qui se termine début mars. Fabuleux. Autrement côté illustration, l’événement du mois, c’est « Pick Me Up » à la Somerset House. L’année dernière déjà, cette foire d’art graphique avait remporté un franc succès. On pouvait y voir notamment l’atelier de Rob Ryan relocalisé pour la durée de l’évènement. Tous les collectifs du moment y étaient aussi présents, « Nobrow », « Concrete Hermit », « Nous vous », « It’s Nice that », « Le gun »… A ne pas manquer donc!

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Signalons la présence des illustrateurs McBess et Gwénola Carrère pour cette deuxième édition du Salon de l’Illustration « Pick Me Up »