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Emmanuel Romeuf: illustrateur et DA

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Autoportrait, Emmanuel Romeuf

Emmanuel Romeuf, nouveau venu chez Illustrissimo, a la particularité d’assumer sa double casquette de directeur artistique et d’illustrateur… et est toujours tenté par la bande dessinée. Il démarre professionnellement en 2006 avec deux camarades de classe de l’École des Arts Décoratifs de Strasbourg, sous le label « Mademoiselle, Messieurs ». En 2009, il délaisse le « côté bucolique » de la cité lyonnaise pour affronter le grand rush parisien. Élevé au bon air des Alpes , la nature fait partie de ses inspirations. La synthèse s’opère et un grand vent d’air frais souffle sur ses créations. Une interview pour fêter le printemps!

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 « Voeux 2009 », Emmanuel Romeuf

Illustrissimo: Bonjour Emmanuel. Tu as la particularité de mêler un travail de directeur artistique à un travail d’illustrateur
Comment arrives tu à concilier les deux dans ta démarche commerciale ?

Emmanuel Romeuf: Je considère mon profil atypique comme un atout. Avant, j’avais conscience que l’on me proposait soit des projets d’illustration soit des projets de graphisme. Mais petit à petit, je me rend compte qu’on fait appel à moi car je manie le dessin et que je suis capable de l’intégrer dans mes projets de graphisme, et inversement. Du coup, avec cette double casquette, mes commandes s’orientent en conséquence. Par exemple,  je travaille beaucoup sur des projets d’identité visuelle car la création de signes demande une maitrise de la typo mais aussi celle du dessin. J’ai aussi beaucoup de commandes en packaging en ce moment. Je pense que c’est la même chose, le pack doit avoir l’immédiateté d’une image et les contraintes de hiérarchie de l’information. Aujourd’hui, dans ma démarche commerciale, je préfère me présenter comme directeur artistique, tout en sachant que mes réponses sont souvent en étroite relation avec l’illustration. Sur du long terme, j’aimerai tirer profit de cette singularité.

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 « Nobrow 3 », Emmanuel Romeuf

Illustrissimo:  Y’a t’il une image, ou des maîtres qui ont servi de déclic à ton envie de dessiner ?

Emmanuel Romeuf: Des initiateurs? Oui. Je pense à des gens comme Cassandre ou le Push Pin studio. Ce sont des profils qui on su s’épanouir dans leur production avec une diversité bluffante. Affiche, logotype, mise en page, dessin de caractères, leurs réponses sont souvent dessinées/illustrées. Avec mon parcours, je pense qu’il y a eut comme un déclic. Après mon BTS Communication visuelle à Lyon, je suis allé aux Arts Déco de Strasbourg en illustration. Dans mon bagage: mise en page, logo, typo, bref, l’attirail du graphiste, mais aussi narration, composition d’une image, maitrise du dessin, bref, le fourbi de l’illustrateur. Pendant mes études, j’étais un peu perdu au milieu de tout ça. Alors, sur l’exemple de Cassandre ou du Push Pin studio, j’ai décidé de tout mélanger, de prendre mon « sac » et de le secouer dans tout les sens. Aujourd’hui, je n’essaye pas de remettre de l’ordre dans tout ça, au contraire, j’aime cette transversalité, cette liberté de n’avoir aucune étiquette voir uniquement celle d’un homme curieux.

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  « La Piscine, Cosmetics », Emmanuel Romeuf

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 « La Piscine », Emmanuel Romeuf

Illustrissimo:  Quelle est l’image ou la commande qui synthétiserait le mieux ton travail à ce jour ?

Emmanuel Romeuf: Je pense à un de mes premiers projets en tant que free-lance, la conception de l’identité visuelle de la marque de prêt à porter La Piscine. La première étape était de concevoir un logo pour la marque, quelque chose de sobre et intemporel pouvant résister aux années qui passent et aux collections qui s’enchainent. Ensuite j’ai réfléchi aux supports de communication qui se sont très vite orientés vers de l’illustration après quelques essais de shooting photos non concluant. Avec le nom de la marque (la Piscine), j’avais un terrain de jeux unique pour faire mes illustrations. Alors j’ai compris que cela pouvait devenir identitaire. J’ai réalisé 4 illustrations en jouant avec les formes et le sens tout en essayant de trouver le bon ton. Aujourd’hui après plusieurs années, j’ai toujours la même affection ces illustrations. Et enfin, pour ses invitations aux défilés, j’ai développé un vocabulaire graphique abstrait facilement déclinable afin de contrebalancer le coté illustratif des supports de com. Au final, mon expertise de direction artistique m’a conduit vers des solutions utilisant l’illustration. Je pense que ça me ressemble bien…

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 « Voeux 2011 », Emmanuel Romeuf

 Illustrissimo: Quelle est ton actualité du moment ?

Emmanuel Romeuf: J’ai pas mal de projets qui sont en train de se finaliser actuellement:  3 différents projets de packs pour L’Oréal devrait sortir bientôt, illustration pour le lookbook de Eatable of Many Orders, un label de mode Japonais (inquiétant ce qui se passe au Japon d’ailleurs…), je travaille aussi avec Mathieu Lehanneur sur un projet d’identité visuelle et packaging pour une marque de cosmétique, et d’autres commandes arrivent qui ont l’air très intéressantes (dont la création d’un monogramme pour une grande marque de cosmétique). En ce moment, j’ai l’impression qu’on me contacte plus régulièrement pour de la DA et des projets d’identité visuelle. Je rêve de travailler sur des affiches avec de l’illustration pour mes prochains projets ou revenir à des projets auto commandité. Pourquoi pas un expo personnelle… On verra bien ce que l’avenir nous réserve !

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 « Wallpaper », Emmanuel Romeuf

Special Londres (4/4): Jean Jullien

Nous avons à de nombreuses reprises évoqué le travail de Jean Jullien, notamment à l’occasion de ses deux expositions parisiennes en 2009 et 2010 à la Galerie des Arts Graphiques. Son actualité est tellement fournie, que nous ne pouvions pas passer à côté d’une interview pour notre série londonienne. L’occasion de faire un zoom sur ses multiples activités. Artiste, illustrateur, réalisateur, designer, rien ne l’arrête et tout lui sourit. Un coup de coeur qui dure, et la confirmation d’un parcours généreux et sans concessions.

Illustrissimo: Peux-tu nous résumer en quelques mots ton parcours d’illustrateur et de réalisateur ? Jean Jullien: J’ai commencé ma formation par un BTS communication visuelle au lycée Le Paraclet à Quimper où j’ai appris les bases de composition, de typographie et les fondamentaux du graphisme. Je suis ensuite parti à Londres. C’est là que j’ai commencé à travailler professionnellement, en parallèle de mes études.

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« Avatar » © Jean Jullien Illustrissimo: Tu as choisi de t’installer à Londres pour poursuivre tes études au Royal Collège. Quel bilan tires-tu de ces années d’étude dans ce prestigieux établissement ? Jean Jullien: En fait je suis arrivé en 2005 pour étudier à Central Saint Martins, où j’ai obtenu, trois années plus tard, un Bachelor en Graphic Design. C’est alors que j’ai décidé de poursuivre mon cursus avec un Master en Communication Art & Design au Royal College of Art, que j’ai obtenu en 2010.

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« News of the times » © Jean Jullien, Éditions Eugène & Pauline Illustrissimo: Ton travail a été très remarqué depuis deux ans, comment arrives tu à gérer ce succès et à choisir tes clients ? Jean Jullien: Ça n’a pas vraiment changé ma manière de travailler. J’aime avoir plusieurs projets en même temps et j’ai toujours mis un point d’honneur à ne pas me cantonner à une pratique, craignant de me lasser et de toujours produire la même chose. Je conserve mon trait, et certains éléments récurrents de mon travail sont important car ils servent d’identifiant, de style en quelque sorte. Mais il me semble fondamental de jongler entre les supports de création pour créer un ensemble riche en diversité. Le « succès » dont tu parles est donc positif car il m’a permis de travailler sur une pléthore de projets, tous plus différents les uns que les autres: une table (« Table Man »), une ligne de vêtements en Corée (« Plac Jeans by Jean Jullien), une montre (Magazine Les Inrockuptibles), une installation mêlant film d’animation à 360 degrés et musique électronique (« Adventures in Front of the TV Set »),  un village au plafond (« The Village »), etc… Cela me permet également d’élargir mes horizons et de me voir proposer des projets toujours variés. Du coup, je m’amuse autant lorsque je fais une série d’illustrations dites « classique » pour un projet professionnel car je n’ai pas l’impression de le faire souvent. C’est cette dynamique de travail que j’apprécie.

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Affiche Festival « Les Inrocks » © Jean Jullien

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Montre pour les abonnés du magazine « Les Inrockuptibles » © Jean Jullien Illustrissimo: Quelles sont les images que tu considères les plus emblématiques de ton travail, et comment vois tu l’évolution de celui-ci ? Jean Jullien: En terme de popularité, je pense que « Les Fables de la Fontaine » sont assez représentative de ce que je fais, car elle mêle illustration, humour et volume. En ce qui me concerne, et comme je viens de l’expliquer, j’aime à penser que des travaux aussi différents que « Table Man », « The Republic » ou le visuel « Hi » fait pour YCN, représentent bien mon travail et les divers domaines que j’aime explorer.

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« Inflation » © Jean Jullien Illustrissimo: Tu alternes les images en volume et les dessins au trait et tu t’es tourné récemment vers l’animation. Peux-tu nous parler de ton projet avec ton frère, le musicien Niwouinwouin ? Jean Jullien: « Adventures in Front of the TV Set » est une installation qui combine la musique de Niwouinwouin à mes visuels animés, qui sont projetés sur quatre écrans géants. Placé entre ces quatre écrans, le public est immergé dans les aventures épiques de Slim, le héros d’une série de science-fiction, perdu dans un dédale cathodique. Ce dernier se promène d’une chaine de télévision à une autre, passant d’un jeu télévisé à un soap-opera matiné d’une ambiance de conte, en passant par une maison hanté, un documentaire animalier extra-terrestre, etc…

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« Adventures in Front of the TV Set », © Jean Jullien, Niwouinwouin C’est un projet qui représente un travail énorme, ne serait-ce que pour créer le film d’animation, mais également l’orchestration du tout, la création d’un environnement (le tout prend la forme d’une salle hexagonale géante, qui est montée et démontée à chaque fois que l’installation se déplace), la collaboration avec les producteurs, les résidences, etc… Cela illustre parfaitement cette idée de diversité que j’essaie de garder dans mon travail. Aux vidéos, illustrations, sculptures et vêtements, je peux maintenant ajouter « installation audiovisuelle ». Ce projet a également confirmé de manière plus officielle le fonctionnement en binôme avec Niwouinwouin, qui me permet de travailler sur des projets très différents de ceux que je fais seul. Ce fût satisfaisant pour nous d’être sollicité tous les deux, après que nous ayons essayé de communiquer sur notre travail en commun pendant plus d’un an. Cela prouve que c’est une équipe qui marche, et cela ne nous empêche en rien de continuer à travailler chacun de nôtre côté. Enfin, c’était ma première expérience « live », et j’ai découvert avec une joie incroyable la réaction des gens en direct. Niwouinwouin, qui est habitué des concerts, connait bien cette sensation. Mais j’avoue avoir été très ému lorsque j’ai vu les gens rire, sourire, bouger et manifester leur excitation vis-à-vis de ce qui se jouait devant eux.

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« Spread » © Jean Jullien Illustrissimo: « Adventures in Front of the TV Set » tourne actuellement en France et nous avons assez hâte de le voir jouer à Paris ou à Londres. Quel est ton prochain projet et vers quoi souhaites-tu développer ton travail d’ auteur ? Jean Jullien: Je travaille en ce moment sur une nouvelle collection pour la marque coréenne « Plac Jeans ». Je fais l’affiche et la vidéo pour le festival « Electroni-K ». Je prépare un livre interactif pour Gallimard, je continue mon travail pour « Les Inrockuptibles ». Je prépare une exposition à Seoul, Nantes et Rennes. Je viens de finir cinq pages sur mon projet « The Republic » pour la nouvelle revue d’illustration française « The Drawer ». Niwouinwouin et moi travaillons également sur trois clips pour son nouvel opus. Je sors un t-shirt pour les anglais de « It’s Nice That », et prépare une conférence pour le festival Motiva en Espagne. Je travaille avec « Partizan » pour une campagne anglaise pour « Uniqlo » et vais m’occuper de la saison de la fraîchement relancée « Scène Nationale de Montbéliard ». Je m’occupe également du logo pour la collection « Max Jacob » à Quimper. Un livre et des jouets en bois aux éditions « Annaïck Moriceau » et d’autres choses… mais je m’arrêterais là pour aujourd’hui!

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Illustration pour le magazine « Télérama » © Jean Jullien

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© Jean Jullien

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© Jean Jullien La première monographie de Jean Jullien paru en France, est toujours disponible aux Editions Michel Lagarde, soit en envoyant 10 euros (8 euros + 2 euros de frais de port) au 70 rue de la folie-méricourt 75011 Paris, soit en le commandant en ligne sur le site de la librairie nantaise: http://www.librairielindex.com Vous pouvez commander « News of the times » de Jean Jullien, sur le site des Éditions Eugène & Pauline, 14 euros, 50 exemplaires.

La galerie Anatome fête ses 10 ans

La Galerie Anatome vient de fêter ses 10 ans, samedi 19 septembre dernier, avec une série de débats et d’expositions. (Programme complet:  ici).

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Le Grand Journal Manifeste publié à l’occasion des 10 ans de la Galerie Anatome La galerie se démène  (sous la houlette de Marie-Anne Couvreu et d’Henri Meynadier) depuis toujours pour faire reconnaître le travail des graphistes. Un « graphisme d’auteur » dont la définition reste large, et qui est au cœur de ce « Manifeste » de très grand format, tiré à 15.000 exemplaires et disponible à la galerie. L’occasion d’un retour sur 10 ans d’expositions, où se côtoient les grands du graphisme d’hier et d’aujourd’hui.

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Extrait du Grand Journal, interview d’Etienne Robial Dans la brochure, trois questions sont posées à chacun d’entre eux et parmi les réponses, celle d’Etienne Robial, sans concession, qui résume un sentiment général sur la pauvreté de beaucoup de commandes institutionnelles.

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Portrait des 31 participants au Grand Journal Ont participé à cet évènement: Pierre Neumann, Uwe Loesch, Etienne Robial, Philippe Apeloig, Alain Le Quernec, Peret, Raùl, Flavio Morais, Marc Taeger, Isidro Ferrer, Petr Babák, Tomás Machek, Ales Najbrt, Ralph Schraivogel, Ruedi Baur, Seymour Chwast, Michel Bouvet, Catherine Zask, Michal Batory, Chaïka, Andrey Logvin, Youri Surkov, H5, Werner Jeker, Cyan, Wim Crouwel, Ahn Sang Soo, Ich&Kar, Reza Abedini, Peter Knapp, Jonathan Barnbrook. Galerie Anatome 38, rue Sedaine 75011 Paris Tèl. 01.48.06.98.81 Du mardi au samedi, de 14h à 19h http://www.galerie-anatome.com

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Deux affiches 60×80, par Pierre Berget du Studio « be dandy »…

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… réalisées et offertes pour les 10 ans de la Galerie Anatome! A signaler, un excellent blog sur l’image des marques: http://logo-bedandy.blogspot.com/

Première édition du Festival des Arts Graphiques à la Bellevilloise

« Portfolio », le premier festival des arts graphiques s’est tenu à la Bellevilloise dans le 20ème à Paris, pendant trois jours, du 18 au 20 septembre 2009, sous la houlette de Marc Bousquet.

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Parmi les temps forts de cette première édition, le stand du toujours bien inspiré tampographe Vincent Sardon…

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… une conférence du toujours sémillant et actif Robert Massin qui revint avec fougue sur 50 ans d’une carrière bien remplie…

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… et également une conférence endiablée, autour des quatre spécialistes invités de la ligne claire et le style atome. De gauche à droite sur la photographie:  Serge Clerc – qui signe l’affiche du festival -, Didier Pasamonik – créateur du label Magic Strip dans les années 70 et journaliste du site ActuaBD – , Benoit Peeters – distingué scénariste de Schuiten et théoricien de la bande dessinée -, et enfin Jean Luc Fromental (aujourd’hui éditeur de Denoël Graphic où est notamment édité Laurent Cilluffo, un des nouveaux représentants de la ligne claire des années 2000). Deux petits regrets: une entrée payante et une communication trop discrète qui devraient être corrigés pour la prochaine édition. http://www.festival-portfolio.fr http://le-tampographe-sardon.blogspot.com/

Les vacances… Enfin!

Il faut bien se décider à partir. La moiteur du mois d’août a eu raison des énergies les plus vives. Le bureau est maintenant bien rangé, les livres à venir sont calés chez l’imprimeur, le site bien à jour… tout est prêt pour attaquer la rentrée. Il ne reste qu’à choisir la destination, et les cartes routières illustrées des années 60 donnent un peu de rêve pour repartir sur les routes espagnoles, à moins que l’Italie nous tende les bras, ou que l’Allemagne se révèle une bonne idée. A bientôt les parisiens !

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