Archive pour la catégorie ‘Editions’

Icinori, le grand entretien

Jeudi 13 octobre 2011

Icinori est composé de Raphael Urwiller et Mayumi Otero. Tous deux jeunes diplômés des Arts Décoratifs de Strasbourg, ils ont fondé en marge de leur activité d’illustrateur: les éditions expérimentales Icinori. L’occasion pour nous d’une rencontre et d’une découverte approfondie de leur travail.

Raphael Urwiller et Mayumi Otero dans leur atelier de sérigraphie

Illustrissimo: Bonjour Icinori. Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre activité d’illustrateur d’un côté, et d’éditeur de l’autre ? 

Icinori: Passionnés par l’image imprimée, l’estampe et de dessin contemporain, nous dessinons pour la presse et réalisons indépendamment des albums jeunesse. Icinori a été créé alors que nous étouffions dans des cours sans aucun aboutissement concret et nous nous sommes ainsi lancés dans des éditions expérimentales pour éprouver la matérialité de nos images, questionner l’objet livre, expérimenter l’union triangulaire entre le dessin,  le papier, la couleur afin de tenter d’en faire une matière sensible.

Jabberwock – Icinori

La sérigraphie s’est vite imposée comme un médium d’apprentissage incontournable – à défaut d’avoir une machine offset sous la main. Icinori est devenu complémentaire à nos travaux de commandes, nous avons cette aire de liberté totale, notre espace de recherche indépendant qui nous permet d’inventer de nouvelles solutions pour nos travaux de commandes, pour réinvestir ces trouvailles dans des projets basés sur des dialogues avec le commanditaire – souvent enrichissants.

Dada double 3d – Icinori

Illustration pour le magazine anglais Nobrow – Raphael Urwiller

Illustrissimo: Vos premières illustrations paraissent régulièrement dans la revue Le tigre , et plus ponctuellement dans les revues XXI, DADA, Forbes, Wired, Nobrow.

Icinori: Nous avons en effet une petite paire d’illustrations tous les mois dans le Tigre. Nous sommes aussi sur des projets d’éditions jeunesse qui sont actuellement chez l’imprimeur… Quelles sont vos influences (ou sources d’inspirations) graphiques et littéraires? Nous aimons particulièrement fouiller dans toute l’histoire de l’image imprimée moderne ou ancienne et l’art populaire sans oublier l’art contemporain. Nous adorons évidemment Pierre La police, Tom de Pékin,  Killoffer, Wagenbreth, Hagelberg mais nous essayons d’étendre au maximum nos aires d’inspiration hors du champs de l’illustration contemporaine .

Mayumi Otero – Fabrique des Tigres 

Les éphéméras -d’une richesse incroyables-, des matchbox labels aux images d’Epinal, les grands graveurs – de Goya à Dürer en passant par David Hockney et Kuniyoshi -, la renaissance florentine – de Gozzoli à Della Francesca -, les affichistes pop japonais tel que Yokoo Tadanori ou Shigeo Fukuda, la presse graphique militante – de Raw à Garo – et puis en vrac, Tomi Ungerer, Saul Steinberg, Jossot, Bazooka, Doré, Shrigley, Tony Cragg, Maurizio Cattelan, Superstudio et Archizoom, Bukowsky et Beckett, les frères Chapman, les papier peints du 18e, l’art brut chinois etc. etc. Nous essayons, pour chaque nouveau travail, de concilier des antagonismes très référencés, invoquer le constructivisme monolithique russe et tenter de le faire dialoguer avec la gravure baroque du 19e, jeter la sculpture pop 70′s contre l’estampe japonaise… La gymnastique graphique est parfois fastidieuse mais souvent très excitante.

Jean qui rit – Mayumi Otero – Tigre

Illustrissimo: Vous avez fait vos études aux arts décoratifs de Strasbourg, qui est de nouveau une pépinière de talents. Quels sont les principaux enseignements pour votre jeune carrière d’auteurs ?

Icinori: L’arrivée de Guillaume Dégé en tant que professeur a coïncidé avec ce renouveau, il a apporté avec lui un autre regard sur les démarches d’éditions plus indépendantes, nous avons eu la chance de bénéficier d’une tolérance pour les élèves s’investissant (s’évadant ?) dans des projets en marge, plus personnels et délaissant les exercices classiques. Nous nous sommes investit dans des workshops parallèles, proposés par des professeurs d’art, profitant au maximum des potentiels énormes et terriblement sous-exploités d’une école disposant d’un accès à des ateliers et formations très diverses, du bijou au verre en passant bien sûr par le livre ou l’estampe.

XXI – Icinori

L’enseignement de l’illustration étant parfois trop limité, nous avons cherché à nous nourrir à d’autres mamelles, d’autres pratiques, d’autres réflexions, d’étendre notre territoire d’inspiration au delà du contemporain et de l’illustration. Nous sommes menés par une intense volonté de développer un travail d’auteur, indépendant et singulier – après avoir chacun hésité à suivre un parcours plus orienté art, nous avons fait le choix de l’illustration par passion pour l’image imprimée, la narration et par goût de la création basée sur le dialogue.


Promenade – Mayumi Otero

Illustrissimo: Pouvez vous nous parler de votre travail sur les Pop-up et du mode de diffusion que vous avez adopté ?

Icinori: L’idée des popups trottait dans la tête de Raphael depuis très longtemps, depuis la découverte dans une librairie de vieux popups de Kubasta. Leur simplicité et l’ingéniosité mise en oeuvre sont incroyables ! Le contraste était intéressant entre la puissance de  livres, reliés de façon très approximatives, imprimés sur un gros carton brunâtre face à la mode presque suspecte des livres animés actuels, blancs, papier glacé, dinosaures ou égyptiens, marketing pour cadeaux de noël… Nous trouvions qu’il y avait une possibilité de résonnance entre la puissance brute de ces objets et la densité de la sérigraphie associée à nos univers personnels.

Pop up – Mayumi Otero

Il y a bien sûr des précédents comme UG qui réalise lui aussi des livres animés à la main mais nous avons fait le choix de ne pas regarder ces travaux et de travailler uniquement sur nos envies premières de volumes, redécouvrir le médium livre tout seuls, le réapprendre, le reconstruire. Raphael a donc conçu l’ingénierie des deux popups, Construction (Raphael) et Mauvais tours (Mayumi).

Pop up – Icinori

L’idée était de se laisser une liberté de création totale, tant dans le dessin qu’au niveau de l’histoire, il en résulte deux contes un peu étranges, des objets qui font sens à 50 exemplaires, résultats de nos seules envies égoïstes. C’est aussi pour cela que nous n’avons pas du tout travaillé d’idée de diffusion en amont, laissant le projet libre de toute contraintes financières, une sorte de petit caprice – donc pour la diffusion, nous flottons un peu, apprenant en rencontrant des passionnés, tirant des fils. C’est le plaisir du fait main, le rapport direct avec l’acheteur. Qui sait, 50 livres dans de bonnes mains est peut-être aussi précieux que 2000 en librairie ?

Pop up – Icinori

http://icinori.com/

Marion Fayolle chez Illustrissimo

Jeudi 8 septembre 2011

Marion Fayolle, jeune diplômée de la dernière promotion de l’excellente École des Arts Décoratifs de Strasbourg vient de nous rejoindre. A la veille de la parution de son premier livre L’homme en Pièces  et d’une exposition à la galerie des Arts Graphiques en octobre, nous vous proposons un entretien et un petit film, premier d’une nouvelle série d’interviews filmées. L’arrivée d’un nouveau dossier à l’agence est toujours un petit événement et le travail de Marion Fayolle ne devrait pas laisser indifférent les amateurs de belles images qui font sens! Chaque jour dans la jungle des candidatures d’illustrateurs, nous essayons d’extraire le meilleur. Une nouvelle étoile est née, nous vous donnons rendez-vous le 20 octobre pour son vernissage, rue Dante à Paris.

Marion Fayolle

Marion Fayolle devant la Galerie des Arts Graphiques pour sa première exposition qui se tiendra du 20 octobre au 19 novembre 2011.

Marion Fayolle chez Illustrissimo. Film réalisé par Emilie Pigeard, 2011.

“La toilette”, “L’homme en pièces” Marion Fayolle

“La toilette” – “L’homme en pièces” Marion Fayolle

Illustrissimo: Bonjour Marion, tu t’installes à Paris en septembre avec une double actualité: ton book chez Illustrissimo et la parution de ton premier livre L’Homme en pièces, aux Éditions Michel Lagarde le 24 octobre. Comment appréhendes-tu ces premiers pas dans ton nouveau métier d’auteur et d’illustratrice?

Marion Fayolle: Je viens tout juste d’arriver à Paris après cinq années aux Arts Décoratifs de Strasbourg. C’est un grand changement! Je suis à la fois remplie d’appréhension et très excitée à l’idée d’avoir terminé mes études et de me confronter à la vie active. La sortie de mon livre L’Homme en pièces et mon entrée dans l’agence Illustrissimo me donnent beaucoup d’élan et d’envies pour la suite. J’ai tellement hâte d’avoir entre les mains mon premier livre, de le savoir en librairie. C’est un projet vraiment important pour moi sur lequel j’ai passé un temps fou et qui représente à la fois l’aboutissement de mon apprentissage à Strasbourg et le début de ma carrière d’illustratrice. Je brûle d’impatience à l’idée de créer de nouveaux livres, de réfléchir à de nouveaux systèmes narratifs, d’écrire et de dessiner mais aussi de réussir à répondre à des commandes en utilisant au mieux les singularités de mon travail. Je me sens à un moment charnière et c’est, avouons-le, aussi enthousiasmant qu’angoissant!

 “Oiseaux”, Marion Fayolle

“Oiseaux”, Marion Fayolle – “L’Homme en pièces” Editions Michel Lagarde.

Illustrissimo: Tes premières illustrations sont parues dans la Revue XXI et Paris Mômes. Quelles sont tes influences ou tes inspirations graphiques et littéraires?

Marion Fayolle: J’ai décidé de faire de l’illustration et de la bande dessinée alors qu’à priori, je n’aime pas vraiment la bande dessinée et c’est risible mais j’en ai rarement lu! Je m’intéresse davantage à la littérature, au cinéma ou au spectacle vivant. Les Contes de la folie ordinaires de Bukowski, les nouvelles de Topor, Les Métamorphoses d’Ovide, Le Portrait ovale de Poe sont autant de récits qui nourrissent ma pratique. J’aime aussi le cinéma de la Nouvelle Vague, les films de Truffaut et Rohmer. Puis, les paroles des chansons de Gainsbourg, de Brassens… Depuis mon passage aux Arts Décoratifs, j’ai tout de même appris à m’intéresser davantage à la Bande Dessinée et à l’illustration. J’ai découvert le travail d’Anna Sommer, de Ludovic Debeurme, de Jean Lecointre et de Paul Cox. Puis, j’aime les images anciennes, les vieilles gravures, les miniatures persanes, l’imagerie populaire.

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Couverture “Paris Mômes”, Septembre 2011 par Marion Fayolle

Illustrissimo: Tu fais partie des créateurs de la revue Nyctalope. Quel est l’objet de ce collectif d’auteurs?

Marion Fayolle: Oui, je fais partie du noyau dur de la revue Nyctalope avec Simon Roussin et Matthias Malingrey. C’est une aventure importante pour nous trois. L’idée de Nyctalope est avant tout de promouvoir les productions d’une vingtaine d’auteurs illustrateurs dont nous aimons le travail. Nous proposons aux participants de créer, sans contrainte thématique, une histoire ou une série d’images. Nyctalope devient alors un lieu d’expérimentation, un laboratoire. Nous souhaitons promouvoir des projets insolites, intelligents, qui interrogent les rapports texte image, qui jouent avec les codes, qui surprennent, fascinent ou même déroutent. Nyctalope c’est aussi une vitrine puisque nous sommes sur les grands salons : Angoulème, Lausanne, Montreuil et que des exemplaires sont déposés dans des librairies spécialisées. Nous espérons que la revue prendra de plus en plus d’ampleur et saura survivre à la fin de l’école et à la dispersion des illustrateurs.

 Revue “Nyctalope” Numéro 3, Marion Fayolle

Revue “Nyctalope” Numéro 3, Couverture Marion Fayolle

Illustrissimo: Peux-tu nous parler de ton premier livre L’Homme en pièces, de ton sujet de diplôme et de l’exposition à venir à la Galerie des Arts Graphiques?

Marion Fayolle: Mon livre L’Homme en pièces est un recueil de courtes histoires muettes. C’est la première fois que j’essaie de faire de la bande dessinée. Il n’y a ni case, ni bulle. Juste des successions de petites silhouettes. Les histoires se lisent comme des phrases et les récits sont somme de courts poèmes en images. Mes personnages évoluent dans un univers à la fois surréaliste et absurde. Ils sont comme des pantins, des mimes et jouent devant nous de curieux numéros. Les parents arrosent leur enfant pour le faire grandir plus vite, les hommes se font allumer comme des bougies et fondent comme de la cire, les femmes s’effacent en faisant leur toilette, les maris rentrent le soir les mains tachées par les robes d’autres filles. Dans ce livre, je m’amuse beaucoup des rapports de couples, des grands sentiments humains. Les histoires sont à la fois cruelles et drôles. La jeune femme plante un arbre, l’arrose, l’aide à grandir pour pouvoir ensuite s’y pendre comme si consciemment elle avait fabriqué l’objet de sa chute.

 Marion Fayolle

“La voyageuse”, Marion Fayolle – “L’Homme en pièces” Editions Michel Lagarde.

Les personnages ne sont pas hésitants, leur actions sont simples. Ils se répètent comme des motifs. Les corps sont sans cesse décalqués. Seules les coiffures et les vêtements permettent d’identifier et de différencier les acteurs. C’est un projet, je pense, singulier et très personnel. J’espère qu’il plaira et je remercie Didier Semin, professeur d’histoire de l’art à l’École des Beaux Arts de Paris pour sa préface et la justesse de son analyse. Le lancement de mon livre se fera à la Galerie des Arts Graphiques, rue Dante à Paris. Cette exposition sera aussi l’occasion pour moi de montrer mes originaux et d’exposer une sélection de planches puisque chaque image est réalisée à la main selon un procédé de tampon proche de l’estampe ou de la sérigraphie.

“Ados”, Marion Fayolle

“Ados”, Marion Fayolle

Ramino, Beatrice Alemagna

Mercredi 25 mai 2011

Beatrice Alemagna est née à Bologne, en Italie, en 1973. Après avoir étudié le graphisme à l’école I.S.I.A., elle a gagné le premier prix du concours d’illustration « Figures Futures » du salon du livre de Montreuil à Paris en 1996, ainsi que les prix Attention Talent-Fnac (en 2000) et le prix Octogones du CIELJ, en 2002. Depuis dix ans, elle illustre les affiches pour L’Ecran des enfants à Beaubourg. Elle a exposé à Bologne, Milan, Rome, Paris, Reims, Lille, Bordeaux, Charleville, Munich, Lisbonne, Tokyo et Kyoto. 

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Elle a publié une quinzaine d’albums en tant qu’auteur-illustratrice, au Seuil, chez Autrement jeunesse et Gallimard jeunesse, mais aussi chez Didier jeunesse, Rue du Monde et Thierry Magnier, travaillant parallèlement pour des auteurs comme Apollinaire, Queneau, Kristof, Huxley, Buten, Grossman, Tchékhov, Dahl, Rodari. Ses illustrations ont été souvent remarquées et primées et son livre « Mon amour » est traduit en une dizaine de langues. En 2005 et 2006 ses albums ont été sélectionnés pour le prix Baobab de Montreuil. Nous la retrouvons aujourd’hui comme éditrice au sein de la RMN, l’occasion d’une nouvelle rencontre avec cette fidèle amie d’Illustrissimo.

Beatrice Alemagna

Illustrissimo: Bonjour Beatrice, tu as démarré ta carrière professionnelle, il y a une bonne dizaine d’années, après avoir fait une incursion chez Illustrissimo, ton travail s’est épanoui dans l’édition. Peux-tu nous parler des 2/3 livres qui comptent le plus pour toi dans ton parcours ?

 Beatrice Alemagna: Je dirais sans doute qu’il y en a quatre: Gisèle de verre, Seuil Jeunesse (le premier à avoir reçu un grand nombre d’articles); Un lion à Paris, Autrement Jeunesse (mon livre le plus primé, il a reçu, entre autres, le mention d’honneur au Bologna Book Award 2007); C’est quoi un enfant, Topipittori (mon premier livre en Italie et mon plus grand succès commercial); et Jo singe garçon, Autrement jeunesse (mon tout dernier, qui m’a demandé un long travail et, finalement, m’a emmené quelque part… Comme j’aime penser que chaque livre doit être un voyage créatif, de ce point de vue là, j’ai eu le sentiment de réussir.

Illustrissimo: Quel est le déclic qui t’a fait choisir ce métier, et les maîtres que tu revendiques ?

Beatrice Alemagna: Le déclic je l’ai eu quand j’avais 8 ans en découvrant que derrière les livres il y avait des gens, des écrivains et des créateurs. Les maîtres qui m’ont accompagnée (à la base je suis autodidacte) sont très nombreux et en perpetuel renouvellement. De l’art brut à la peinture naïve, des constructivistes russes aux minimalistes japonais. Mes pères spirituels en  illustrations sont André François, Saul Steinberg, Emanuele Luzzati, Stepan Zavrel et Bruno Munari.

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Illustrissimo:  Tu t’occupes en ce moment même d’une collection de livres pour la RMN (dont une présentation a eu lieu au Grand Palais le 10 mai) . Quelles sont les axes de cette collection, et ce qui motive tes choix en tant que directrice de collection?

Beatrice Alemagna: J’ai eu la grande chance qu’on me propose de diriger une collection entière à moi toute seule. Cette collection se nomme Ramino: pour les trois lettres RMN et pour un rappel à mon Italie natale. Un « ramino » en italien est en effet une petite branche, celle sur laquelle pourraient naître des bourgeons, des idées, des pensées… J’ai aimé le parallèle avec le pouvoir d’un livre qui ferait bourgeonner la tête des enfants et des adultes. Ramino est née dans l’état d’esprit de créer une sorte de galerie d’exposition à chaque livre. Et justement chaque livre que je choisis d’éditer correspond exactement à une facette de mon goût artistique. Dans cette collection j’ai la liberté de ne faire aucune concession avec les images. Je ne veux pas éditer des livres inutiles, il y en a déjà trop et partout, à mon avis. Mon désir profond est celui de faire apprécier et divulguer un genre plutôt inexistant et redouté jusqu’à présent: le livre illustré pour tout le monde, en équilibre entre art et littérature. Je ne crois pas qu’ils existent des livres jeunesse. La jeunesse elle peut perdurer toute la vie. Pour moi il devraient exister des livres d’images beaux et universels, qui parlent aux enfants et qui fassent rêver les adultes en même temps. Une amie m’a dit l’autre jour: “je crois que quand on se destine à une littérature spécifique, on ne fait plus de littérature”. Je pense que cela résume toute l’histoire.

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Les trois premiers titres de la collection Ramino, Editions de la Réunions des Musées Nationaux, dirigée par Beatrice Alemagna

Illustrissimo:  Si on voulait t’envoyer un projet à qui il faudrait l’adresser?

Beatrice Alemagna: Je te répondrai: Je suis très ouverte à des nouvelles “rencontres” artistiques. Pour m’envoyer tout dossier ou projet, je conseille de prendre soin de m’envoyer des éléments en basse résolution à mon adresse mail RMN, qui est la suivante: beatricealemagna.rmn@gmail.com

Illustrissimo:  Quel est le prochain projet qui te tient à cœur ?

Beatrice Alemagna: En tant qu’éditrice, toute ma collection, et notamment les livres faisant partie des “Promenades au musée” que j’ai inventé moi-même. Dans cette collection travailleront des grands artistes/illustrateurs comme le suédois Jockum Nordstrom, l’allemande Katrin Stangl, la japonaise Mayumi Otero , l’italien Simone Rea et d’autres dont j’attends la confirmation… Sinon, en tant qu’auteur-illustratrice, mon prochain chez Autrement, intitulé “La gignatesque petite chose” qui sortira à la rentrée 2011.

Special Londres (4/4): Jean Jullien

Lundi 7 mars 2011

Nous avons à de nombreuses reprises évoqué le travail de Jean Jullien, notamment à l’occasion de ses deux expositions parisiennes en 2009 et 2010 à la Galerie des Arts Graphiques. Son actualité est tellement fournie, que nous ne pouvions pas passer à côté d’une interview pour notre série londonienne. L’occasion de faire un zoom sur ses multiples activités. Artiste, illustrateur, réalisateur, designer, rien ne l’arrête et tout lui sourit. Un coup de coeur qui dure, et la confirmation d’un parcours généreux et sans concessions.

Illustrissimo: Peux-tu nous résumer en quelques mots ton parcours d’illustrateur et de réalisateur ? Jean Jullien: J’ai commencé ma formation par un BTS communication visuelle au lycée Le Paraclet à Quimper où j’ai appris les bases de composition, de typographie et les fondamentaux du graphisme. Je suis ensuite parti à Londres. C’est là que j’ai commencé à travailler professionnellement, en parallèle de mes études. avatar_whiteweb.jpg “Avatar” © Jean Jullien Illustrissimo: Tu as choisi de t’installer à Londres pour poursuivre tes études au Royal Collège. Quel bilan tires-tu de ces années d’étude dans ce prestigieux établissement ? Jean Jullien: En fait je suis arrivé en 2005 pour étudier à Central Saint Martins, où j’ai obtenu, trois années plus tard, un Bachelor en Graphic Design. C’est alors que j’ai décidé de poursuivre mon cursus avec un Master en Communication Art & Design au Royal College of Art, que j’ai obtenu en 2010. b-1.jpg “News of the times” © Jean Jullien, Éditions Eugène & Pauline Illustrissimo: Ton travail a été très remarqué depuis deux ans, comment arrives tu à gérer ce succès et à choisir tes clients ? Jean Jullien: Ça n’a pas vraiment changé ma manière de travailler. J’aime avoir plusieurs projets en même temps et j’ai toujours mis un point d’honneur à ne pas me cantonner à une pratique, craignant de me lasser et de toujours produire la même chose. Je conserve mon trait, et certains éléments récurrents de mon travail sont important car ils servent d’identifiant, de style en quelque sorte. Mais il me semble fondamental de jongler entre les supports de création pour créer un ensemble riche en diversité. Le “succès” dont tu parles est donc positif car il m’a permis de travailler sur une pléthore de projets, tous plus différents les uns que les autres: une table (“Table Man”), une ligne de vêtements en Corée (“Plac Jeans by Jean Jullien), une montre (Magazine Les Inrockuptibles), une installation mêlant film d’animation à 360 degrés et musique électronique (“Adventures in Front of the TV Set”),  un village au plafond (“The Village”), etc… Cela me permet également d’élargir mes horizons et de me voir proposer des projets toujours variés. Du coup, je m’amuse autant lorsque je fais une série d’illustrations dites “classique” pour un projet professionnel car je n’ai pas l’impression de le faire souvent. C’est cette dynamique de travail que j’apprécie. affiche_inrocks_600.jpg Affiche Festival “Les Inrocks” © Jean Jullien montre_noire_600.jpg Montre pour les abonnés du magazine “Les Inrockuptibles” © Jean Jullien Illustrissimo: Quelles sont les images que tu considères les plus emblématiques de ton travail, et comment vois tu l’évolution de celui-ci ? Jean Jullien: En terme de popularité, je pense que “Les Fables de la Fontaine” sont assez représentative de ce que je fais, car elle mêle illustration, humour et volume. En ce qui me concerne, et comme je viens de l’expliquer, j’aime à penser que des travaux aussi différents que “Table Man”, “The Republic” ou le visuel “Hi” fait pour YCN, représentent bien mon travail et les divers domaines que j’aime explorer. inflationweb.jpg “Inflation” © Jean Jullien Illustrissimo: Tu alternes les images en volume et les dessins au trait et tu t’es tourné récemment vers l’animation. Peux-tu nous parler de ton projet avec ton frère, le musicien Niwouinwouin ? Jean Jullien: “Adventures in Front of the TV Set” est une installation qui combine la musique de Niwouinwouin à mes visuels animés, qui sont projetés sur quatre écrans géants. Placé entre ces quatre écrans, le public est immergé dans les aventures épiques de Slim, le héros d’une série de science-fiction, perdu dans un dédale cathodique. Ce dernier se promène d’une chaine de télévision à une autre, passant d’un jeu télévisé à un soap-opera matiné d’une ambiance de conte, en passant par une maison hanté, un documentaire animalier extra-terrestre, etc… lobby_carda.jpg “Adventures in Front of the TV Set”, © Jean Jullien, Niwouinwouin C’est un projet qui représente un travail énorme, ne serait-ce que pour créer le film d’animation, mais également l’orchestration du tout, la création d’un environnement (le tout prend la forme d’une salle hexagonale géante, qui est montée et démontée à chaque fois que l’installation se déplace), la collaboration avec les producteurs, les résidences, etc… Cela illustre parfaitement cette idée de diversité que j’essaie de garder dans mon travail. Aux vidéos, illustrations, sculptures et vêtements, je peux maintenant ajouter “installation audiovisuelle”. Ce projet a également confirmé de manière plus officielle le fonctionnement en binôme avec Niwouinwouin, qui me permet de travailler sur des projets très différents de ceux que je fais seul. Ce fût satisfaisant pour nous d’être sollicité tous les deux, après que nous ayons essayé de communiquer sur notre travail en commun pendant plus d’un an. Cela prouve que c’est une équipe qui marche, et cela ne nous empêche en rien de continuer à travailler chacun de nôtre côté. Enfin, c’était ma première expérience “live”, et j’ai découvert avec une joie incroyable la réaction des gens en direct. Niwouinwouin, qui est habitué des concerts, connait bien cette sensation. Mais j’avoue avoir été très ému lorsque j’ai vu les gens rire, sourire, bouger et manifester leur excitation vis-à-vis de ce qui se jouait devant eux. spread1_beigeweb.jpg “Spread” © Jean Jullien Illustrissimo: “Adventures in Front of the TV Set” tourne actuellement en France et nous avons assez hâte de le voir jouer à Paris ou à Londres. Quel est ton prochain projet et vers quoi souhaites-tu développer ton travail d’ auteur ? Jean Jullien: Je travaille en ce moment sur une nouvelle collection pour la marque coréenne “Plac Jeans”. Je fais l’affiche et la vidéo pour le festival “Electroni-K”. Je prépare un livre interactif pour Gallimard, je continue mon travail pour “Les Inrockuptibles”. Je prépare une exposition à Seoul, Nantes et Rennes. Je viens de finir cinq pages sur mon projet “The Republic” pour la nouvelle revue d’illustration française “The Drawer”. Niwouinwouin et moi travaillons également sur trois clips pour son nouvel opus. Je sors un t-shirt pour les anglais de “It’s Nice That”, et prépare une conférence pour le festival Motiva en Espagne. Je travaille avec “Partizan” pour une campagne anglaise pour “Uniqlo” et vais m’occuper de la saison de la fraîchement relancée “Scène Nationale de Montbéliard”. Je m’occupe également du logo pour la collection “Max Jacob” à Quimper. Un livre et des jouets en bois aux éditions “Annaïck Moriceau” et d’autres choses… mais je m’arrêterais là pour aujourd’hui! telerama2web.jpg Illustration pour le magazine “Télérama” © Jean Jullien nspcc2web.jpeg © Jean Jullien nspccweb.jpeg © Jean Jullien La première monographie de Jean Jullien paru en France, est toujours disponible aux Editions Michel Lagarde, soit en envoyant 10 euros (8 euros + 2 euros de frais de port) au 70 rue de la folie-méricourt 75011 Paris, soit en le commandant en ligne sur le site de la librairie nantaise: http://www.librairielindex.com Vous pouvez commander “News of the times” de Jean Jullien, sur le site des Éditions Eugène & Pauline, 14 euros, 50 exemplaires.

Special Londres (2/4): Nobrow, l’interview

Mercredi 23 février 2011
Les deux jeunes éditeurs: Alex Spiro et Sam Arthur, de la maison d’édition anglaise “Nobrow” présentaient cette année à Angoulême leurs dernières productions. Nous avons été épatés par la qualité de leurs livres, par leurs choix graphiques audacieux, et une ligne éditoriale impeccable qui tranche avec la production graphique habituelle. Les passerelles avec Illustrissimo étant nombreuses (Blexbolex, Gwénola Carrère, Chamo, McBess and co), une petite interview de notre envoyé spécial à Angoulême s’imposait sur ce blog. alexsam_01.jpg Sam Arthur et Alex Spiro de Nobrow Illustrissimo: Alex, Peux tu nous parler de la naissance de Nobrow et de son succès ?

Alex Spiro pour Nobrow: Nobrow a commencé il y deux ans et demi environ, pendant l’hiver 2008, avec l’intention de renouveler un esprit de qualité en édition papier. La tendance générale d’externaliser la production de livres pour essayer de concurrencer l’impression numérique associée à une baisse de la culture du bel imprimé, a entraîné une standardisation générale du livre. Nous voulions donner une approche “haute couture” à nos livres. Si nos coûts de fabrication sont plus élevés, la qualité est aussi bien meilleure. Nous sommes très exigeants sur le choix des couleurs, l’art, les sujets, la production, et une éthique forte – donc, ça justifie le prix. Je pense que les gens apprécient cette façon de voir les livres, ils ne sont plus seulement une façon de communiquer des concepts et des idées, mais deviennent des produits de luxe, que l’on adore, qui reflètent bien notre personnalité. angouleme_slide.jpg

© Luke P pour Nobrow

Illustrissimo: Quelle est la ligne éditoriale de votre maison d’édition, et peux-tu nous parler du quatrième numéro de la revue qui vient de sortir ?

Nobrow: On choisit les illustrations en tenant compte de la qualité narrative des visuels. La revue souhaite présenter les meilleurs talents de l’illustration tous les six mois. Avec un thème et un choix de couleurs imposé au départ, que chaque intervenant doit respecter dans ses images. Le quatrième volume  tourne autour du thème du  ”jour et de la nuit ” est composé en alternant les pages noir et blanc et fluo. C’était un vrai plaisir de voir tout ce que nos artistes ont produit, et même l’occasion d’y participer moi même !

 

Couverture Nobrow 4 par McBess

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Double page par Till Hafenbrak

Illustrissimo: Comment s’est fait le contact avec la plupart des illustrateurs, et quel est ton critère de sélection ?

Nobrow: Le contact, tout simple, est initié par nous. On trouve des gens avec qui on aimerait travailler et on les appelle. On essaye d’avoir des contacts plus personnels, donc un appel au démarrage de chaque projet est préférable a un simple e-mail. Les critères de sélection évoluent à chaque numéro,  et on essaye le plus  possible d’avoir une homogénéité de styles. Nous essayons de choisir une “ famille” d’illustrateurs pour chaque numéro en se basant sur l’esprit du travail du “cover artist”. Par exemple, le célèbre illustrateur allemand Atak a fait la couverture du numéro 3, pour lequel nous avons sélectionné beaucoup d’artistes travaillant la sérigraphie… Atak étant un expert dans ce domaine. Pour le numéro 4 on a utilisé beaucoup d’artistes qui travaillent au trait car McBess (qui a fait la couverture) travaille principalement en noir et blanc et à l’ encre.

 

Pebble Island de Jon McNaught

Illustrissimo: Où en êtes vous avec l’idée de développer une agence d’illustrateurs à Londres ?

Nobrow: On est encore en train d’y penser, c’est compliqué car on a des amitiés avec des agences sur place, ce qui nous mettrait en porte à faux avec elles! De plus, c’est un job a plein temps et nous n’aurions pas le temps de tout faire nous même. Avec un partenaire pour nous seconder, cela deviendrait déjà plus envisageable…

 

A Graphic Cosmogony (collectif de 24 illustrateurs)

Illustrissimo: Dernier mot pour les lecteurs de ce blog sur les projets à venir de Nobrow, et sur une diffusion possible des livres en France ?

Nobrow: Oui, je ne peux pas encore trop en parler en ce moment, mais c’est imminent ! D’ici 6 mois, nos livres devraient être présents dans certaines librairies spécialisées en arts graphiques et dans certaines librairies de BD. D’ailleurs, merci pour votre aide pour ce projet !

Abecederia de Blexbolex

En attendant une distribution en France, vous pouvez commander directement les ouvrages sur leur site. Dépêchez vous, certains sont presque épuisés! Nous vous recommandons tout particulièrement “Pebble Island” et “Birchfield Close” de Jon McNaught.

http://www.nobrow.net/

 

© Nobrow  pour toutes les images de cet article

Impossible

Mardi 8 juin 2010
A l’impossible nul n’est tenu, et c’est justement le pari du trio Dupuy-Berberian-Ghosn (Les Dubergho) de réunir les meilleurs dessins de la revue du même nom qu’ils coéditent avec Artfactory, le maitre d’œuvre de l’exposition qui se tient en ce moment même chez Ofr. berberian.jpg Illustration originale de Charles Berberian impossible1.jpg  Charles Berberian, Philippe Dupuy et Joseph Ghosn L’idée (si j’ai bien compris) et de dessiner un son (impossible) et d’explorer les frontières entre la musique et le dessin. Vous en saurez plus en lisant ceci: dupuy-berberian.jpg Le vendredi 18 juin, une performance très attendue sur la machine a dessiner des sons actuellement en construction par Philippe Dupuy le bricoleur génial du trio et signature de “Constellations” le numéro double du journal par Joseph Ghosn (un ancien des Inrocks dont je vous recommande le blog) et Charles Berberian (le musicien de la bande). impossible.jpg Il restera peut-être quelques dessins à vendre, et des exemplaires de la revue (dont le numéro 4 est épuisé, avis aux retardataires). dupuy-berberian-ghosn.jpg Le même soir se tient à la Cité de l’Architecture l’exposition “Archi & Bd, La Ville Dessinée“, dont je vous reparle très bientôt!

Seripop à la Galerie Anatome!

Mardi 11 mai 2010
La galerie Anatome continue de présenter dans son espace magnifique de la rue Sedaine, à deux pas de la place de la Bastille, le meilleur de la création graphique sur ses murs. Ce travail d’utilité publique se tourne vers le Canada, et c’est sous l’impulsion de Guillaume Frauly de retour de Montréal (dont les archives sont toujours consultables sur Studio 002) que deux studios sont mis en avant. seripop-anatome-1.jpg  Chloé Lum et Yannick Desranleau de Seripop D’un côté Paprika, studio pluridisciplinaire fer de lance de la communication institutionnelle de Montréal à découvrir sur place au rez de chaussée de la galerie. De l’autre côté et à l’étage supérieur, le travail de Seripop, duo passablement déjanté animé par Chloé Lum et Yannick Desranleau fondé à Montréal en 2002. seripop-anatome-2.jpg Selon le commissaire Frauly: “hors norme, hors modes, sérigraphes mais avant tout musiciens, illustrateurs et graphistes par hasard plus que par que par réelle envie, ce duo de trentenaires atypiques est très productif bien que toujours à la recherche de l’expérimentation”. Si la reconnaissance ne vient pas forcément du côté de Montréal, c’est à l’extérieur que leur travail trouve un écho parmi les expositions collectives, et trouve grâce auprès des collectionneurs d’affiche. seripop-anatome.jpg On peut d’ailleurs leur commander directement leurs meilleures affiches. http://seripop.com/ En plus de vous faire plaisir et de parier sur l’avenir, ça leur permettra de payer le loyer du dernier étage d’un imposant immeuble industriel du Plateau. seripop-anatome-3.jpg Antoine Gaslais (le graphiste) et Guillaume Frauly (le jeune éditeur de See)  Signalons l’édition d’un très beau catalogue tiré à 1000 exemplaires au prix modique de 5 euros paru chez See éditions (la nouvelle structure de Guillaume Frauly, dont le graphisme est assuré par notre ami Antoine Gaslais, http://www.antoinegaslais.com/. Parmi les artistes proches du duo, la hollandaise Zeloot, dont la monographie va bientôt sortir aux éditions Michel Lagarde et dont l’exposition sera visible chez ofr du 21 au 23 juin (date du vernissage)avant de rejoindre les murs de notre agence pendant tout l’été, plus d’infos sur http://www.michel-lagarde.com Galerie Anatome 38 rue Sedaine 75011 Paris Pour être invité aux expositions de la Galerie Anatome, il ne faut pas hésitez à adhérez à l’association. Tous les renseignements sur le site de la Galerie:  http://www.galerie-anatome.com

Blexbolex knows how to cook

Mardi 9 février 2010
Blexbolex nous fait le plaisir d’être représenté par Illustrissimo. Ce blog, inauguré il y a bientôt deux ans, présentait pour la première fois son travail pour le portfolio anniversaire de l’agence. En 2009, ce sont les Editions Phaidon qui nous ont contacté pour lui confier l’édition anglaise du célèbre livre de recettes de Ginette  Mathiot. blexbolex-i_know_how_to_cook-1.JPG Le livre est désormais disponible dans les pays anglo-saxons (pas de distribution en France mais la possibilité de le commander en ligne). blexbolex-i_know_how_to_cook-2.JPG Une palette de couleurs limitée, une quinzaine d’ouvertures de chapitres, et une jaquette de couverture qui une fois dépliée forme un très beau poster (comme dans son fameux “L’imagier des gens” primé plus beau livre du monde en 2009). blexbolex-i_know_how_to_cook.JPG Blexbolex vient de signer la couverture du deuxième volume du magazine tout en images de Nobrow à Londres, imprimé en trois tons direct (ceux de la couverture). nobrow.JPG Cette magnifique revue tirée à 3000 exemplaires peut se commander sur leur site, profitez-en pour y joindre l’édition anglaise d’”Abecederia” avec des couleurs différentes des éditions allemande et française (aux Editions du Requins marteaux).

Chamo et Co à L’Imagigraphe & l’Articho à la Maison des Métallos

Mardi 1 décembre 2009
Double actualité pour Chamo, tout d’abord en tant qu’illustratrice avec l’exposition de ses images et objets en bois – qui est visible en ce moment à la librairie de l’Imagigraphe à Paris dans le 11ème – en compagnie des talentueuses Lili Scratchy et Nathalie Choux pour la partie céramique. Les créations en volume de ces trois illustratrices et créatrices d’objets occupent le sous-sol de cette belle librairie orange de la rue Oberkampf, et ce jusqu’à Noël! Cette expo a été organisée par nos amis de Arts Factory. nathalie-choux.JPG Céramique de Nathalie Choux et Lili Scratchy chamo.JPG Accrochage de personnages en bois de Chamo chamo-1.JPG Deux images de Chamo librairie / galerie l’imagigraphe – 84 rue oberkampf 75011 paris Du lundi au samedi de 10h à 20h, nocturne le jeudi jusqu’à 21h Métro : Parmentier L’autre actualité de Chamo rime avec l’Articho et s’accorde avec son complice et associé Yassine de Lezinfo. Une exposition vernissage a eu lieu à la Maison des Métallos (toujours dans le 11ème) ce jeudi 26 novembre. Un concours pas fastoche – dont les résultats viennent d’être affichés sur leur blog – venait corser la soirée, avant de se terminer à l’Alimentation Générale ou une tripotée d’illustrateurs talentueux se déchainaient au son des platines de Dj Mister Aubrun et Alfred Hitckock magazine. articho-1.jpeg Delphine Durand La parution des Cahiers de l’Articho pour le prix modique de 10,50 euros, édités avec le concours de Jean Pierre de “En Marge”, est un petit évènement éditorial, que je tenais à saluer! Cette audacieuse sélection de la fine fleur de l’illustration franco-belge se retrouve sur les 74 pages indispensables et la diffusion est assurée par le Comptoir des Indépendants. articho.JPG L’Articho à la Maisons des Métallos Pour n’en citer que quelques-uns (mais il faudrait les citer tous, ils le méritent), je retrouve avec plaisir Vincent Mathy, Delphine Durand, Kitty Crowther (qui vient de recevoir le Baobab à Montreuil), Bruno Salamone, Rocco et le surdoué flamand Brecht Vandenbrouck – benjamin de la bande (de chez Lezilus) – et plein d’autres découvertes à découvrir sur le site de l’Articho. http://asso-articho.blogspot.com/ articho.jpeg Les Cahiers de l’Articho

Expo Delpire à la Maison Européenne de la Photographie

Jeudi 5 novembre 2009
Une exposition exceptionnelle consacrée à Robert Delpire se tient en ce moment même à la maison Européeenne de la Photographie. Après avoir été présentée une première fois à Arles, cet été, c’est sous le titre “Delpire et compagnie” que le voyage extraordinaire qui nous est proposé débute. Dès 23 ans, encore étudiant en médecine, il prend en charge la revue médicale “Neuf” (financée par des labos pharmaceutiques) dont il fera un véritable un laboratoire de talents et qui marquera le début de sa vocation d’éditeur. delpire.JPG Logo de l’exposition “Delpire & Cie” Sur 4 niveaux, toutes les facettes de cet incroyable découvreur de talents, âgé de de 80 ans, s’étalent à leur aise. La liste de ses collaborateurs serait trop longue, mais j’en citerai tout de même quelques uns: les illustrateurs André François, Ronald Searle, Saul Steinberg, les photographes Robert Frank et Henri Cartier-Bresson, le réalisateur William Klein et tant d’autres encore… delpire-0.jpg Portrait de Robert Delpire par André François delpire-1.JPG Vu de la salle d’exposition dédiée aux illustrateurs Au sous sol, nous découvrons le Robert Delpire publicitaire de la rue de l’Abbaye en charge du budget Citroën pendant 15 ans, avec la complicité d’une équipe qui va du typographe Herb Lubalin, à Sarah Moon pour Cacharel (“C’est toi loulou ?”) Oui, c’est eux! delpire-3.JPG Logos d’Herb Lubalin pour l’Agence Delpire delpire-4.JPG Brochures pour Citroën par l’Agence Delpire Aux étages supérieur, c’est le Delpire éditeur d’images éclectiques. Citons, parmi ses livres pour enfants les plus célèbres: “Les larmes du crocodile” d’André François et l’édition française de “Max et les maxi monstres” de Maurice Sendak en 1967. delpire-5.JPG Collection “Multibom” de Robert Delpire delpire-6.JPG Collection “Encyclopédie Essentielle” de Robert Delpire Son plus célèbre coup d’éclat, eut lieu en 1958, avec l’édition devenue mythique des “Américains” de Robert Frank. Vous pourrez aussi découvrir dans l’exposition, un autre aspect essentiel du travail de Robert Delpire, en tant que galeriste et responsable du Centre National de le Photographie au Palais de Tokyo (nommé par le ministre de la Culture Jack Lang). Delpire participe en pionnier à la reconnaissance de la photographie dans les musées. delpire-7.JPG Assemblages de cartons d’invitations de la Galerie Delpire  L’expo retrace un formidable parcours, celui d’une vie de découvreur passionné, toujours en activité, et dont l’éclectisme revendiqué s’avère d’une très grande cohérence. Je vous conseille les films projetés au sous-sol et notamment le film consacré à Delpire (52 minutes), réalisé en 2009 par sa compagne Sarah Moon. http://www.delpire.fr/ http://www.mep-fr.org