Archive pour la catégorie ‘Expositions’

Exposition Yann Kebbi

Mardi 31 janvier 2012

Nous avons le plaisir de vous souhaiter tous nos bons vœux pour l’année 2012 qui sera riche en évènements pour Illustrissimo. 2012 sera l’année des 20 ans de l’agence et nous préparons un livre qui commémorera l’évènement au cours du premier semestre avec une exposition à la Galerie Michel Lagarde prévue pour le mois de juin. Ce blog se fera l’écho des différentes planches et inédits réalisés à cette occasion. Nous vous invitons à découvrir la galerie (qui est aussi le siège de nos nouveaux bureaux) à partir du mercredi 7 mars avec la première exposition consacrée à Yann Kebbi qui rejoindra l’agence prochainement. Un nouveau site consacré aux Editions et à la Galerie Michel Lagarde est en cours de conception. Vous pouvez avoir un premier aperçu ici: www.michellagarde.fr Ouverture officielle du site début mars.

 


 

 

Icinori, le grand entretien

Jeudi 13 octobre 2011

Icinori est composé de Raphael Urwiller et Mayumi Otero. Tous deux jeunes diplômés des Arts Décoratifs de Strasbourg, ils ont fondé en marge de leur activité d’illustrateur: les éditions expérimentales Icinori. L’occasion pour nous d’une rencontre et d’une découverte approfondie de leur travail.

Raphael Urwiller et Mayumi Otero dans leur atelier de sérigraphie

Illustrissimo: Bonjour Icinori. Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre activité d’illustrateur d’un côté, et d’éditeur de l’autre ? 

Icinori: Passionnés par l’image imprimée, l’estampe et de dessin contemporain, nous dessinons pour la presse et réalisons indépendamment des albums jeunesse. Icinori a été créé alors que nous étouffions dans des cours sans aucun aboutissement concret et nous nous sommes ainsi lancés dans des éditions expérimentales pour éprouver la matérialité de nos images, questionner l’objet livre, expérimenter l’union triangulaire entre le dessin,  le papier, la couleur afin de tenter d’en faire une matière sensible.

Jabberwock – Icinori

La sérigraphie s’est vite imposée comme un médium d’apprentissage incontournable – à défaut d’avoir une machine offset sous la main. Icinori est devenu complémentaire à nos travaux de commandes, nous avons cette aire de liberté totale, notre espace de recherche indépendant qui nous permet d’inventer de nouvelles solutions pour nos travaux de commandes, pour réinvestir ces trouvailles dans des projets basés sur des dialogues avec le commanditaire – souvent enrichissants.

Dada double 3d – Icinori

Illustration pour le magazine anglais Nobrow – Raphael Urwiller

Illustrissimo: Vos premières illustrations paraissent régulièrement dans la revue Le tigre , et plus ponctuellement dans les revues XXI, DADA, Forbes, Wired, Nobrow.

Icinori: Nous avons en effet une petite paire d’illustrations tous les mois dans le Tigre. Nous sommes aussi sur des projets d’éditions jeunesse qui sont actuellement chez l’imprimeur… Quelles sont vos influences (ou sources d’inspirations) graphiques et littéraires? Nous aimons particulièrement fouiller dans toute l’histoire de l’image imprimée moderne ou ancienne et l’art populaire sans oublier l’art contemporain. Nous adorons évidemment Pierre La police, Tom de Pékin,  Killoffer, Wagenbreth, Hagelberg mais nous essayons d’étendre au maximum nos aires d’inspiration hors du champs de l’illustration contemporaine .

Mayumi Otero – Fabrique des Tigres 

Les éphéméras -d’une richesse incroyables-, des matchbox labels aux images d’Epinal, les grands graveurs – de Goya à Dürer en passant par David Hockney et Kuniyoshi -, la renaissance florentine – de Gozzoli à Della Francesca -, les affichistes pop japonais tel que Yokoo Tadanori ou Shigeo Fukuda, la presse graphique militante – de Raw à Garo – et puis en vrac, Tomi Ungerer, Saul Steinberg, Jossot, Bazooka, Doré, Shrigley, Tony Cragg, Maurizio Cattelan, Superstudio et Archizoom, Bukowsky et Beckett, les frères Chapman, les papier peints du 18e, l’art brut chinois etc. etc. Nous essayons, pour chaque nouveau travail, de concilier des antagonismes très référencés, invoquer le constructivisme monolithique russe et tenter de le faire dialoguer avec la gravure baroque du 19e, jeter la sculpture pop 70′s contre l’estampe japonaise… La gymnastique graphique est parfois fastidieuse mais souvent très excitante.

Jean qui rit – Mayumi Otero – Tigre

Illustrissimo: Vous avez fait vos études aux arts décoratifs de Strasbourg, qui est de nouveau une pépinière de talents. Quels sont les principaux enseignements pour votre jeune carrière d’auteurs ?

Icinori: L’arrivée de Guillaume Dégé en tant que professeur a coïncidé avec ce renouveau, il a apporté avec lui un autre regard sur les démarches d’éditions plus indépendantes, nous avons eu la chance de bénéficier d’une tolérance pour les élèves s’investissant (s’évadant ?) dans des projets en marge, plus personnels et délaissant les exercices classiques. Nous nous sommes investit dans des workshops parallèles, proposés par des professeurs d’art, profitant au maximum des potentiels énormes et terriblement sous-exploités d’une école disposant d’un accès à des ateliers et formations très diverses, du bijou au verre en passant bien sûr par le livre ou l’estampe.

XXI – Icinori

L’enseignement de l’illustration étant parfois trop limité, nous avons cherché à nous nourrir à d’autres mamelles, d’autres pratiques, d’autres réflexions, d’étendre notre territoire d’inspiration au delà du contemporain et de l’illustration. Nous sommes menés par une intense volonté de développer un travail d’auteur, indépendant et singulier – après avoir chacun hésité à suivre un parcours plus orienté art, nous avons fait le choix de l’illustration par passion pour l’image imprimée, la narration et par goût de la création basée sur le dialogue.


Promenade – Mayumi Otero

Illustrissimo: Pouvez vous nous parler de votre travail sur les Pop-up et du mode de diffusion que vous avez adopté ?

Icinori: L’idée des popups trottait dans la tête de Raphael depuis très longtemps, depuis la découverte dans une librairie de vieux popups de Kubasta. Leur simplicité et l’ingéniosité mise en oeuvre sont incroyables ! Le contraste était intéressant entre la puissance de  livres, reliés de façon très approximatives, imprimés sur un gros carton brunâtre face à la mode presque suspecte des livres animés actuels, blancs, papier glacé, dinosaures ou égyptiens, marketing pour cadeaux de noël… Nous trouvions qu’il y avait une possibilité de résonnance entre la puissance brute de ces objets et la densité de la sérigraphie associée à nos univers personnels.

Pop up – Mayumi Otero

Il y a bien sûr des précédents comme UG qui réalise lui aussi des livres animés à la main mais nous avons fait le choix de ne pas regarder ces travaux et de travailler uniquement sur nos envies premières de volumes, redécouvrir le médium livre tout seuls, le réapprendre, le reconstruire. Raphael a donc conçu l’ingénierie des deux popups, Construction (Raphael) et Mauvais tours (Mayumi).

Pop up – Icinori

L’idée était de se laisser une liberté de création totale, tant dans le dessin qu’au niveau de l’histoire, il en résulte deux contes un peu étranges, des objets qui font sens à 50 exemplaires, résultats de nos seules envies égoïstes. C’est aussi pour cela que nous n’avons pas du tout travaillé d’idée de diffusion en amont, laissant le projet libre de toute contraintes financières, une sorte de petit caprice – donc pour la diffusion, nous flottons un peu, apprenant en rencontrant des passionnés, tirant des fils. C’est le plaisir du fait main, le rapport direct avec l’acheteur. Qui sait, 50 livres dans de bonnes mains est peut-être aussi précieux que 2000 en librairie ?

Pop up – Icinori

http://icinori.com/

Marion Fayolle chez Illustrissimo

Jeudi 8 septembre 2011

Marion Fayolle, jeune diplômée de la dernière promotion de l’excellente École des Arts Décoratifs de Strasbourg vient de nous rejoindre. A la veille de la parution de son premier livre L’homme en Pièces  et d’une exposition à la galerie des Arts Graphiques en octobre, nous vous proposons un entretien et un petit film, premier d’une nouvelle série d’interviews filmées. L’arrivée d’un nouveau dossier à l’agence est toujours un petit événement et le travail de Marion Fayolle ne devrait pas laisser indifférent les amateurs de belles images qui font sens! Chaque jour dans la jungle des candidatures d’illustrateurs, nous essayons d’extraire le meilleur. Une nouvelle étoile est née, nous vous donnons rendez-vous le 20 octobre pour son vernissage, rue Dante à Paris.

Marion Fayolle

Marion Fayolle devant la Galerie des Arts Graphiques pour sa première exposition qui se tiendra du 20 octobre au 19 novembre 2011.

Marion Fayolle chez Illustrissimo. Film réalisé par Emilie Pigeard, 2011.

“La toilette”, “L’homme en pièces” Marion Fayolle

“La toilette” – “L’homme en pièces” Marion Fayolle

Illustrissimo: Bonjour Marion, tu t’installes à Paris en septembre avec une double actualité: ton book chez Illustrissimo et la parution de ton premier livre L’Homme en pièces, aux Éditions Michel Lagarde le 24 octobre. Comment appréhendes-tu ces premiers pas dans ton nouveau métier d’auteur et d’illustratrice?

Marion Fayolle: Je viens tout juste d’arriver à Paris après cinq années aux Arts Décoratifs de Strasbourg. C’est un grand changement! Je suis à la fois remplie d’appréhension et très excitée à l’idée d’avoir terminé mes études et de me confronter à la vie active. La sortie de mon livre L’Homme en pièces et mon entrée dans l’agence Illustrissimo me donnent beaucoup d’élan et d’envies pour la suite. J’ai tellement hâte d’avoir entre les mains mon premier livre, de le savoir en librairie. C’est un projet vraiment important pour moi sur lequel j’ai passé un temps fou et qui représente à la fois l’aboutissement de mon apprentissage à Strasbourg et le début de ma carrière d’illustratrice. Je brûle d’impatience à l’idée de créer de nouveaux livres, de réfléchir à de nouveaux systèmes narratifs, d’écrire et de dessiner mais aussi de réussir à répondre à des commandes en utilisant au mieux les singularités de mon travail. Je me sens à un moment charnière et c’est, avouons-le, aussi enthousiasmant qu’angoissant!

 “Oiseaux”, Marion Fayolle

“Oiseaux”, Marion Fayolle – “L’Homme en pièces” Editions Michel Lagarde.

Illustrissimo: Tes premières illustrations sont parues dans la Revue XXI et Paris Mômes. Quelles sont tes influences ou tes inspirations graphiques et littéraires?

Marion Fayolle: J’ai décidé de faire de l’illustration et de la bande dessinée alors qu’à priori, je n’aime pas vraiment la bande dessinée et c’est risible mais j’en ai rarement lu! Je m’intéresse davantage à la littérature, au cinéma ou au spectacle vivant. Les Contes de la folie ordinaires de Bukowski, les nouvelles de Topor, Les Métamorphoses d’Ovide, Le Portrait ovale de Poe sont autant de récits qui nourrissent ma pratique. J’aime aussi le cinéma de la Nouvelle Vague, les films de Truffaut et Rohmer. Puis, les paroles des chansons de Gainsbourg, de Brassens… Depuis mon passage aux Arts Décoratifs, j’ai tout de même appris à m’intéresser davantage à la Bande Dessinée et à l’illustration. J’ai découvert le travail d’Anna Sommer, de Ludovic Debeurme, de Jean Lecointre et de Paul Cox. Puis, j’aime les images anciennes, les vieilles gravures, les miniatures persanes, l’imagerie populaire.

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Couverture “Paris Mômes”, Septembre 2011 par Marion Fayolle

Illustrissimo: Tu fais partie des créateurs de la revue Nyctalope. Quel est l’objet de ce collectif d’auteurs?

Marion Fayolle: Oui, je fais partie du noyau dur de la revue Nyctalope avec Simon Roussin et Matthias Malingrey. C’est une aventure importante pour nous trois. L’idée de Nyctalope est avant tout de promouvoir les productions d’une vingtaine d’auteurs illustrateurs dont nous aimons le travail. Nous proposons aux participants de créer, sans contrainte thématique, une histoire ou une série d’images. Nyctalope devient alors un lieu d’expérimentation, un laboratoire. Nous souhaitons promouvoir des projets insolites, intelligents, qui interrogent les rapports texte image, qui jouent avec les codes, qui surprennent, fascinent ou même déroutent. Nyctalope c’est aussi une vitrine puisque nous sommes sur les grands salons : Angoulème, Lausanne, Montreuil et que des exemplaires sont déposés dans des librairies spécialisées. Nous espérons que la revue prendra de plus en plus d’ampleur et saura survivre à la fin de l’école et à la dispersion des illustrateurs.

 Revue “Nyctalope” Numéro 3, Marion Fayolle

Revue “Nyctalope” Numéro 3, Couverture Marion Fayolle

Illustrissimo: Peux-tu nous parler de ton premier livre L’Homme en pièces, de ton sujet de diplôme et de l’exposition à venir à la Galerie des Arts Graphiques?

Marion Fayolle: Mon livre L’Homme en pièces est un recueil de courtes histoires muettes. C’est la première fois que j’essaie de faire de la bande dessinée. Il n’y a ni case, ni bulle. Juste des successions de petites silhouettes. Les histoires se lisent comme des phrases et les récits sont somme de courts poèmes en images. Mes personnages évoluent dans un univers à la fois surréaliste et absurde. Ils sont comme des pantins, des mimes et jouent devant nous de curieux numéros. Les parents arrosent leur enfant pour le faire grandir plus vite, les hommes se font allumer comme des bougies et fondent comme de la cire, les femmes s’effacent en faisant leur toilette, les maris rentrent le soir les mains tachées par les robes d’autres filles. Dans ce livre, je m’amuse beaucoup des rapports de couples, des grands sentiments humains. Les histoires sont à la fois cruelles et drôles. La jeune femme plante un arbre, l’arrose, l’aide à grandir pour pouvoir ensuite s’y pendre comme si consciemment elle avait fabriqué l’objet de sa chute.

 Marion Fayolle

“La voyageuse”, Marion Fayolle – “L’Homme en pièces” Editions Michel Lagarde.

Les personnages ne sont pas hésitants, leur actions sont simples. Ils se répètent comme des motifs. Les corps sont sans cesse décalqués. Seules les coiffures et les vêtements permettent d’identifier et de différencier les acteurs. C’est un projet, je pense, singulier et très personnel. J’espère qu’il plaira et je remercie Didier Semin, professeur d’histoire de l’art à l’École des Beaux Arts de Paris pour sa préface et la justesse de son analyse. Le lancement de mon livre se fera à la Galerie des Arts Graphiques, rue Dante à Paris. Cette exposition sera aussi l’occasion pour moi de montrer mes originaux et d’exposer une sélection de planches puisque chaque image est réalisée à la main selon un procédé de tampon proche de l’estampe ou de la sérigraphie.

“Ados”, Marion Fayolle

“Ados”, Marion Fayolle

Le grand entretien: Sophie Dutertre

Lundi 23 mai 2011

Nous profitons de la double actualité de Sophie Dutertre dont l’exposition rétrospective se déroule au Centre d’art graphique de la Métairie Bruyère, sous la houlette de nos amis de la galerie nomade Arts factory et pour le magnifique film d’animation qui fait partie de la deuxième série du Laboratoire d’images de Christian Janicot. Sophie Dutertre est  connue pour ses bois gravés faussement naïfs, à la fois populaires, subtils, tendres et grinçants. Illustratrice de presse réputée en France comme à l’étranger, elle a collaboré avec Le Monde, Libération, Dada, Beaux-Arts, The National Post ou encore le New York Times. Pour son exposition elle a généreusement ouvert ses cartons et sa bibliothèque pour rassembler un ensemble impressionnant de gravures, dessins et livres d’artistes, revenant ainsi sur un parcours artistique démarré il y a presque 25 ans. L’occasion d’un entretien de fond avec cette cette grande artiste, passée par la case Illustrissimo à ses débuts.

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 Sophie Dutertre

 Illustrissimo: Peux-tu nous parler des deux ou trois livres qui comptent le plus pour toi dans ton parcours?

Sophie Dutertre: Les Exploits de Bombilla, bien sûr. Quand j’ai rencontré Brigitte Morel, au Seuil Jeunesse, elle m’a immédiatement proposé de lui présenter un projet d’album. J’ai pu faire ce que je voulais. Je tenais particulièrement à l’impression d’après mes trois couleurs séparées, pour rester le plus proche possible de mes gravures. C’est mon premier « vrai » livre. Images du Monde et de son Envers. C’est un thème classique dans l’imagerie populaire…

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 Les exploits de Bombilla, 1996 © Sophie Dutertre – Seuil Jeunesse

Au départ, l’idée était de faire un livre avec Henning Wagenbreth. Les livres avec Guignol aussi. C’était une rencontre avec un univers très proche du mien. Les codes et les contraintes sont les mêmes: frontalité, cadre, brutalité. J’ai joué Guignol aux Champs-Elysées. Avec les mêmes marionnettes que j’avais vues enfant. Quand je jouais, seule dans le Castelet, les bras en l’air, face au soleil, j’éprouvais une ivresse très proche de celle dans laquelle la gravure sur bois pouvait me plonger. (J’emploie le passé, je ne fais plus de gravure pour l’instant.) Un équilibre entre brutalité et délicatesse, détermination et abandon.

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 © Sophie Dutertre

Illustrissimo: Quel est le déclic qui t’a fait choisir ce métier, et les maîtres que tu revendique ?

Sophie Dutertre: Le déclic, c’est quand j’ai imprimé ma première gravure aux Arts Décos (exposée à la Métairie!) C’était la première fois que j’étais vraiment contente d’une image. Il m’est apparu d’un seul coup que c’était cette sensation que je recherchais depuis que je regardais les livres pour enfants qui avaient appartenu à ma mère (en particulier Les Albums du père Castor illustrés par Rojan, Samivel etc.) imprimés en tons directs, ou les rééditions que m’offraient mon père: Zig et Puce, Bécassine, Bicot et Suzy, Tintin etc… Je récolte des livres depuis que je suis petite. J’ai toujours ces exemplaires magiques dans ma bibliothèque. Il y a aussi les livres récupérés dans le débarras de mon école primaire…. Les Contrées Mystérieuses, un Atlas, un livre sur les champignons… le tout illustré de gravures sur bois ou de lithographies en couleur. Mon père collectionnait toutes sortes de vieux bouquins. J’ai toujours adoré fouiller dans sa bibliothèque. J’aimais particulièrement les « livres modernes illustrés » ou « les livres de demain », illustrés de gravures sur bois. Il y a aussi un livre qui m’a beaucoup marquée enfant, c’est « patapoufs et filifers » de Jean Bruller. Ma soeur et moi, nous allions souvent chez ses petites filles et ce livre était là, fascinant (encore merci pour l’exemplaire que tu m’as offert). Aux Puces, j’ai trouvé un exemplaire dépareillé des aventures de monsieur Lakonic. C’était particulièrement émouvant parce qu’il s’agissait de macules et d’épreuves de calage. Dans tous ces livres, ce qui me fascine toujours autant, c’est la façon dont ils sont imprimés. Quand j’étais petite, j’étais déjà passionnée par la mécanique. Quand je regardais ces livres, j’essayais d’imaginer comment ils étaient fabriqués. Je me souviens encore de mes sensations quand je tournais les pages. Le papier, son usure, la poussière, le relief de la typo, la surface des passages d’encre, les trames, les transparences,  le nombre de couleurs, les superpositions…. Au départ, je ne pensais pas du tout devenir illustratrice. Je ne savais même pas ce que c’était. Tout a basculé quand j’ai découvert la gravure. C’est aussi à ce moment que j’ai rencontré Baldo. Sa soeur, qui était la chanteuse du groupe Luna Parker, m’a proposé de faire la pochette de leur nouveau disque. C’était mon premier boulot et j’ai pu acheter une presse. Après, une amie qui travaillait à Libé m’a envoyée proposer mon dossier à l’ÉDITORIAL. Je suis arrivée avec mes gravures, j’ai fait ma première illustration et je suis devenue illustratrice.

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© Sophie Dutertre

Illustrissimo:  Tu viens de présenter un film dans la collection du Laboratoire d’images, quels sont les enseignements que cette expérience t’a apportés?

Sophie Dutertre: Pour l’instant, je n’ai pas vu la version finale. Ceux qui ont vu le film me disent qu’il est beau et qu’on y retrouve bien mon «univers». L’aventure a été passionnante. J’ai beaucoup aimé les échanges avec les étudiants, l’équipe et avec mes illustres confrères. Le plus difficile était mon ignorance totale de la technique. J’ai beaucoup de mal à imaginer quelque chose sans savoir comment je vais pouvoir bricoler. Mon travail est très instinctif tout en étant très lié aux conditions matérielles, aux possibilités de mon outil, au rythme qu’il m’impose. Là, cet aspect m’a échappé. Il a fallu décortiquer mon travail pour essayer d’en dégager l’architecture. J’ai l’habitude de travailler seule, sans me demander pourquoi je fais comme ça et pas autrement. C’était compliqué pour moi d’expliquer tout ça en amont et aussi d’intervenir après sur ce qui avait déjà été fait. Je travaille toujours en tâtonnant, ce qui est difficile à concilier avec une logique de production.

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© Sophie Dutertre

Illustrissimo: Ton travail est exposé actuellement à la Métairie et présente toutes les facettes de ton travail. Comment passes-tu de la gravure sur bois au dessin, et quel est le prochain projet qui te tient à cœur ?

Sophie Dutertre: Dans l’exposition, il y a même mes toutes premières gravures. J’avoue que c’était très bouleversant pour moi de voir tout ça, surtout entourée comme je l’ai été le jour du vernissage! Dans la gravure, ce que j’aime le plus, c’est la façon dont l’image surgit de la presse et s’impose. Tout le travail sur la plaque demande à la fois un engagement total et une certaine brutalité contrôlée, mais il permet aussi de garder une distance respectueuse avec l’image en train de se faire.

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© Sophie Dutertre

Quand j’ai arrêté la gravure, c’était d’abord d’abord parce que je n’y arrivais plus. Je me suis remise au crayon. Et là, je ne pouvais plus avoir le geste souple et léger qui me permettait de faire des crayonnés rapides. Tout était devenu beaucoup plus lent. Pour dessiner  il me fallait maintenant me concentrer sur chaque trait, chaque point. Finalement, il s’est avéré que j’étais atteinte de la maladie de Parkinson. Si j’en parle, c’est parce que c’est quand même ça qui a tout changé. Je n’arrive plus à composer une image dans son ensemble. Je la construis par assemblages, superpositions, collages, découpages, couches de peintures…  Suivant les fluctuations de la dopamine dans mon organisme, ma main est plus ou moins libre. Parfois, pour initier un geste qui déterminera un trait, ce n’est pas ma main qui bouge, mais mon torse. J’ai l’impression de danser. J’aime beaucoup dessiner à la plume. Il y a toute une gamme de sensations, selon le papier, l’encre, la plume. Parfois, c’est facile et léger. La plume glisse et laisse un trait délicat. D’autres fois, elle accroche à chaque fibre, griffe. L’encre est absorbée ou s’étale et déborde. Quand je commence, je ne sais jamais ce qui va se passer. C’est l’aventure, quoi! Et c’est fascinant.

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© Sophie Dutertre

J’essaie de trouver une image qui pourrait exprimer ce que je ressens quand je dessine aujourd’hui. Imaginez un naturaliste passionné qui ferait naufrage. Au début, c’est la panique. Et puis il se met à regarder autour de lui, à observer une bestiole, et puis une autre.  J’utilise aussi beaucoup les tampons. Pour la revue Lapin, j’ai travaillé en duo avec Donatien Mary. Nous dessinons ensemble « le premier bal d’Emma », en combinant dessin et tampon.  Je viens de publier « Papiers peints 2011 » dans la collection « dans la marge » (arts factory). Je l’ai dessiné au retour de mon premier séjour à la Métairie Bruyère. C’est mon premier livre de dessins. Il y a même de la peinture! Mon projet? Continuer ce travail d’exploration. J’ai quitté Paris pour Pornic. Je dessine. Quand j’en ai envie, je fais un tour au bord de la mer ou je regarde les fleurs pousser dans ma cour. Tout est infiniment plus léger ici.

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© Sophie Dutertre

L’exposition à la Métairie Bruyère a été une magnifique surprise. Tout s’est décidé très vite en début d’année. Et puis je me suis retrouvée dans cet extraordinaire refuge pour l’imprimerie, au milieu de toutes ces machines si lourdes et si ingénieuses. L’odeur de l’encre, son épaisseur quand elle sort du pot, et puis le reflet, le son, quand elle est prête pour le premier tirage. Mes lithographies ont été imprimées sur une presse extraordinaire. J’ai le souvenir d’un vacarme parfait, à travers lequel chacun pourrait se comprendre en chuchotant. Un vertige dans lequel je voyais tous ces livres que j’aime, imprimés de la même façon, peut-être sur cette machine elle-même! J’ai vraiment pu travailler en toute liberté. Et ce n’est qu’un début!

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© Sophie Dutertre – Métairie Bruyère

A l’occasion de cette résidence à la métairie, Sophie Dutertre a publié une série de lithos, à découvrir sur le site: http://www.la-metairie.fr

Exposition Sophie Dutertre Centre d’art graphique de la Métairie Bruyère 89240 Parly Tèl: 03 86 74 30 72

Du 01 mai au 03 juillet 2011 Ouverture du mercredi au dimanche de 10 h à 12 h et 14 h 19 h

Gwénola Carrère, envoyée spéciale à “Pick Me Up”

Lundi 28 mars 2011
Dans le cadre prestigieux du Somersethouse, un grand centre culturel dans un imposant bâtiment néo-classique au cœur de Londres, situé entre le quartier du Strand et la Tamise, vient de s’achever la 2ème édition de “Pick Me Up” (17-27 mars 2011).  pick-me-up-1.png` Une résidence d’artiste, avec pour invité cette année le graphiste Anthony Burril (auteur par ailleurs de la charte graphique de l’exposition). Notamment un grand workshop continu invitait le public à s’approprier l’univers graphique de l’artiste. pick-me-up-2.png Puis une demie-douzaine de collectifs d’artistes présentaient leurs activités de manière ludique et interactive. Participaient entre autres les excellentes éditions Nobrow, avec une tablette Wacom géante, en carton, invitant le public à dessiner. Mais surtout leur stand présentait l’ensemble de leur incroyable production, avec notamment une très belle édition de l’Abécédéria de Blexbolex et de l’Ada d’Atak. Et deux très jolis petis livres de l’intrigant Jon McNaught. pick-me-up-3.png Le collectif It’s Nice that  organisait quant à lui un grand atelier de création en continu, où se sont succédé, au long des 10 jours, pas moins d’une 50 aine d’artistes de tout poils. pick-me-up-4.png Tom Gauld notamment y a réalisé une jolie collection de robots de poche. Pick me up présentait enfin une exposition de 24 illustrateurs et designers graphiques internationaux, dits émergeants. Avec, pour n’en citer que quelques uns, Tom Gauld (UK) et quelques unes de ses planches à la plume assérée,  à l’humour aussi absurde qu’étrange et méditatif. pick-me-up-5.png Andy Rementer (USA) et une galerie de personnages bigarrés loufoques. pick-me-up.png La typographie Jessica Hische (USA), avec des lettrages subtilement ouvragés. pick-me-up-7.png Niguel Peake (UK) et des compositions abstraites finement stratifiées. pick-me-up-8.png Otecki (Po) avec des gravures noir et blanches tranchées, mêlant iconographie traditionnelle et graffiti. pick-me-up-9.png Seiko Kato (UK) et ses collages à tendance naturaliste, incroyablement fouillés et vivants pick-me-up-10.png Takeru Toyokura (Jap) avec des collages mêlant feutre et papier. Un univers moins candide qu’étrange, aux personnages sans visage (non sans me rappeler pafois Henry Darger…). pick-me-up-11.png McBess (Fr) et de grandes planches noir et blanches toujours aussi surréalistes et fouillées pick-me-up-12.png et enfin Gwénola Carrère (Bel) dont voici une vue d’ensemble de l’accrochage. pick-me-up-13.png et l’une de ses dernières créations, les vagues (aôut 2010). pick-me-up-14.png L’événement Pick me up fut dans l’ensemble un franc succès, autant de par le nombre de visiteurs quotidien que par la quantité d’échos favorables, dans la presse et de la blogosphère.  

Special Londres (3/4): Delphine Lebourgeois

Lundi 28 février 2011

Nous poursuivons notre exploration des illustrateurs français installés à Londres. Delphine Lebourgeois a rejoint Illustrissimo en 2009, son style classique et raffiné a séduit un bon nombre de maisons d’édition anglaises, et son travail apparaît de temps en temps dans quelques magazines français. A la veille de son exposition londonienne, un petit tour d’horizon en quelques questions.

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Double page pour les Agents Associés: Illustration, Volume 3, (2011)

Illustrissimo: Peux tu nous résumer en quelques mots ton parcours d’illustratrice et ton arrivée à Illustrissimo ?

Delphine Lebourgeois: Après avoir décroché un DNAP Art à L’école Nationale des Beaux-Arts de Lyon, je suis venue directement à Londres en 1998, à la recherche d’horizons nouveaux. J’y ai fait d’abord beaucoup d’illustrations pour enfants, mais n’étant pas réellement satisfaite de la tournure que prenait ma carrière, j’ai eu besoin de retrouver la stimulation des études et je me suis embarquée dans un masters Illustration à la Central St Martins. Cela m’a ouvert beaucoup de portes et mon langage visuel a été transformé pour le meilleur.

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 La Peau de Chagrin, © Delphine Lebourgeois Illustrissimo: Tu as choisi de t’installer à Londres en 1998. Pourquoi le choix de cette ville et quels sont les avantages pour une jeune illustratrice française ? Delphine Lebourgeois: Au départ, je n’étais sensée rester qu’un été, afin de parfaire mon anglais, mais douze ans plus tard je suis encore là! Je crois que ce qui m’a poussée à rester (au-delà de la richesse culturelle de Londres), ce sont les opportunités professionnelles que l’on m’a offertes. Les anglais ont l’esprit d’entreprise et tout paraît possible ici. Même d’un point de vue pratique et administratif, être à son compte semble plus aisé. Cela dit, cela fait très longtemps que j’ai quitté la France et ma vision n’est peut-être plus au goût du jour…

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Les Liaisons Dangereuses, © Delphine Lebourgeois 

Illustrissimo: Quelles sont les images que tu considères les plus emblématiques de ton travail, et comment vois tu l’évolution de celui-ci ? Delphine Lebourgeois: J’ai un petit faible pour le portrait du Marquis de Sade (Philosophie Magazine). Sophie Villette, la directrice artistique, m’avait donné carte blanche pour cette série et j’ai pu ainsi créer des images poétiques et proches de mon univers personnel. Pour ce portrait,  j’ai créé une trame de petites femmes suspendues comme des acrobates de cirque flottant autour du visage. Je souhaitais que ces petites femmes ligotées soient souriantes et reflètent davantage le raffinement du philosophe plutôt que sa cruauté. Il y a aussi beaucoup d’humour dans cette image, chose que toutes les commandes ne me permettent pas de faire. Deux autres illustrations “Tiger Hills” et “Jungle” sont devenues emblématiques par leur popularité. Les gens les aiment beaucoup et elles ont été a l’origine de plusieurs commandes. Et il y a, bien sûr, toutes les images qui forment mon dernier projet personnel “Over the Cover”. Je suis toujours à la recherche d’un équilibre entre une approche conceptuelle de l’image et une esthétique raffinée et séduisante. J’espère être sur la bonne voie avec “Over the Cover”. sade-portrait-1.jpg Portrait du Marquis de Sade pour Philosophie Magazine, © Delphine Lebourgeois   Illustrissimo: Tu exposes à partir du mois de mars dans une célèbre galerie. Y a t-il un marché pour les éditions limitées ou pour l’illustration en général à Londres ? Delphine Lebourgeois: L’exposition “Over the Cover” débute le 28 Février à la Frameless Gallery, Islington. Vu que mon travail est maintenant en grande partie “numérique”, je produis des éditions limitées que je vends soit en galerie lors d’expositions que j’organise moi-même (comme celle-ci), soit à travers un réseaux de galeries en ligne comme “Eyestorm”  ou “A Little Bit Of Art”. Gina Cross qui gère “A Little Bit of Art” me représente également dans des foires d’art ou de graphisme telle que “The Affordable Art fair”. Ces évènements sont tres nombreux tout au cours de l’année et les anglais en sont friands. D’une manière générale à Londres, il y a beaucoup d’illustrateurs et la compétition est élevée. Le travail personnel fait une grande différence. En ce moment la mode est aux évènements “pop-up”. Ces expos ou shops improvisés se font un peu partout (boutique design, écoles d’art, entrepôts…), et sont directement organisés par les artistes. over-the-cover-invite.jpg  Exposition à la galerie The Frameless Gallery, © Delphine Lebourgeois  Illustrissimo: En Angleterre, ton  travail a pris une voie un peu plus “déco” et design. Tu sembles cibler une clientèle plutôt déco d’intérieur et arts appliqués (Habitat, Paperchase, V&A, Heals). Peux tu nous parler d’une série de foulards pour une nouvelle compagnie ? Delphine Lebourgeois: Il y a quelques temps, j’ai commencé à introduire des silhouettes dans mes images. C’est un style qui se prête bien aux briefs de déco et c’est vrai que mon travail s’oriente davantage vers ce marché ces temps-ci. Je suis sur le point de faire une série d’éditions limitées exclusive pour Paperchase et je travaille sur plusieurs design pour des foulards commandés par une toute nouvelle société.  C’est une expérience très enrichissante et grâce à laquelle j’apprends beaucoup. Les images sont serigraphiées à la main sur des carrés de soie, type Hermès, et si tout va bien la série comprendra douze dessins différents. 20000-lieues.jpg Vingt Mille Lieues sous les Mers © Delphine Lebourgeois Illustrissimo: Dernier mot pour les lecteurs de ce blog sur les bon plans londoniens pour tous les amateurs d’images fortes ? Delphine Lebourgeois: Pour l’inspiration, le British Museum est classique, mais imbattable. En ce moment, il y a une exposition sur le “Livre des Morts” qui se termine début mars. Fabuleux. Autrement côté illustration, l’événement du mois, c’est “Pick Me Up” à la Somerset House. L’année dernière déjà, cette foire d’art graphique avait remporté un franc succès. On pouvait y voir notamment l’atelier de Rob Ryan relocalisé pour la durée de l’évènement. Tous les collectifs du moment y étaient aussi présents, “Nobrow”, “Concrete Hermit”, “Nous vous”, “It’s Nice that”, “Le gun”… A ne pas manquer donc! pick-me-up.png Signalons la présence des illustrateurs McBess et Gwénola Carrère pour cette deuxième édition du Salon de l’Illustration “Pick Me Up”

Exposition Zeloot, été 2010

Mercredi 23 juin 2010
Pour certains le mardi 22 juin 2010 sera synonyme de la sortie des Bleus du Mondial, et pour d’autres (moins nombreux) d’une profusion de couleurs sorties de la palette graphique de la hollandaise Zeloot. Il y a peu, nous présentions le travail du duo canadien Seripop exposé chez Anatome et l’exposition de Dupuy-Berberian chez Ofr. Exposition Zeloot, été 2010  Vitrine Zeloot chez Ofr Si à Amsterdam il y a des dames, c’est à la Haye qu’Eline Van Dam (Aka Zeloot) imprime ses sérigraphies dans son atelier. Elle présentait pour le première fois, hier, à Paris une large sélection de ses affiches à la librairie/galerie Ofr qui nous accueillait l’espace d’une soirée pour la signature de sa première monographie française. Nous présenterons l’exposition tout l’été dans les locaux d’Illustrissimo, et celle-ci sera visible sur simple rendez-vous ou en poussant la porte de notre studio. Exposition Zeloot, été 2010 Une première monographie vient de sortir aux Editions Michel Lagarde et une sérigraphie de l’affiche a été tirée à 50 exemplaires par l’artiste, et est disponible à la vente en exclusivité à l’agence. Exposition Zeloot, été 2010 Vitrine de la Galerie/Librairie Ofr zeloot-4.jpg Vue de l’exposition  Exposition Zeloot, été 2010 Vue de l’exposition Exposition Zeloot, été 2010 Vue de l’exposition Allez faire un tour sur son site pour vous rendre compte de l’étendue de son talent. Un grand merci à Yassine et Chamo pour leur aide précieuse!

Impossible

Mardi 8 juin 2010
A l’impossible nul n’est tenu, et c’est justement le pari du trio Dupuy-Berberian-Ghosn (Les Dubergho) de réunir les meilleurs dessins de la revue du même nom qu’ils coéditent avec Artfactory, le maitre d’œuvre de l’exposition qui se tient en ce moment même chez Ofr. berberian.jpg Illustration originale de Charles Berberian impossible1.jpg  Charles Berberian, Philippe Dupuy et Joseph Ghosn L’idée (si j’ai bien compris) et de dessiner un son (impossible) et d’explorer les frontières entre la musique et le dessin. Vous en saurez plus en lisant ceci: dupuy-berberian.jpg Le vendredi 18 juin, une performance très attendue sur la machine a dessiner des sons actuellement en construction par Philippe Dupuy le bricoleur génial du trio et signature de “Constellations” le numéro double du journal par Joseph Ghosn (un ancien des Inrocks dont je vous recommande le blog) et Charles Berberian (le musicien de la bande). impossible.jpg Il restera peut-être quelques dessins à vendre, et des exemplaires de la revue (dont le numéro 4 est épuisé, avis aux retardataires). dupuy-berberian-ghosn.jpg Le même soir se tient à la Cité de l’Architecture l’exposition “Archi & Bd, La Ville Dessinée“, dont je vous reparle très bientôt!

Seripop à la Galerie Anatome!

Mardi 11 mai 2010
La galerie Anatome continue de présenter dans son espace magnifique de la rue Sedaine, à deux pas de la place de la Bastille, le meilleur de la création graphique sur ses murs. Ce travail d’utilité publique se tourne vers le Canada, et c’est sous l’impulsion de Guillaume Frauly de retour de Montréal (dont les archives sont toujours consultables sur Studio 002) que deux studios sont mis en avant. seripop-anatome-1.jpg  Chloé Lum et Yannick Desranleau de Seripop D’un côté Paprika, studio pluridisciplinaire fer de lance de la communication institutionnelle de Montréal à découvrir sur place au rez de chaussée de la galerie. De l’autre côté et à l’étage supérieur, le travail de Seripop, duo passablement déjanté animé par Chloé Lum et Yannick Desranleau fondé à Montréal en 2002. seripop-anatome-2.jpg Selon le commissaire Frauly: “hors norme, hors modes, sérigraphes mais avant tout musiciens, illustrateurs et graphistes par hasard plus que par que par réelle envie, ce duo de trentenaires atypiques est très productif bien que toujours à la recherche de l’expérimentation”. Si la reconnaissance ne vient pas forcément du côté de Montréal, c’est à l’extérieur que leur travail trouve un écho parmi les expositions collectives, et trouve grâce auprès des collectionneurs d’affiche. seripop-anatome.jpg On peut d’ailleurs leur commander directement leurs meilleures affiches. http://seripop.com/ En plus de vous faire plaisir et de parier sur l’avenir, ça leur permettra de payer le loyer du dernier étage d’un imposant immeuble industriel du Plateau. seripop-anatome-3.jpg Antoine Gaslais (le graphiste) et Guillaume Frauly (le jeune éditeur de See)  Signalons l’édition d’un très beau catalogue tiré à 1000 exemplaires au prix modique de 5 euros paru chez See éditions (la nouvelle structure de Guillaume Frauly, dont le graphisme est assuré par notre ami Antoine Gaslais, http://www.antoinegaslais.com/. Parmi les artistes proches du duo, la hollandaise Zeloot, dont la monographie va bientôt sortir aux éditions Michel Lagarde et dont l’exposition sera visible chez ofr du 21 au 23 juin (date du vernissage)avant de rejoindre les murs de notre agence pendant tout l’été, plus d’infos sur http://www.michel-lagarde.com Galerie Anatome 38 rue Sedaine 75011 Paris Pour être invité aux expositions de la Galerie Anatome, il ne faut pas hésitez à adhérez à l’association. Tous les renseignements sur le site de la Galerie:  http://www.galerie-anatome.com

Christian Roux s’expose chez Sit-Down

Vendredi 9 avril 2010
Christian Roux, plus connu dans les années 80/90 sous le pseudonyme de Cathy Millet, revient en force. Un parcours sinueux et atypique: de son premier livre avant-gardiste “Show” paru au “Dernier Terrain vague” en 1980 et proche d’une esthétique Bazooka, jusqu’au “Petit Poucet” qui vient de paraître au Seuil jeunesse. C’est un illustrateur hors norme de nouveau sur le devant de la scène graphique avec un exposition à la galerie Sit-Down , un nouveau livre et qui sera prochainement représenté par Illustrissimo à partir du mois de mai sur notre nouveau site. Le blog d’Illustrissimo: Beaucoup se souviennent de toi sous le nom de Cathy Millet. Quand as-tu retrouvé ton vrai nom et pourquoi ce choix ? Christian Roux: J’ai retrouvé ma vraie identité il y a une quinzaine d’année afin de me “simplifier la vie”. Le pseudonyme de CM était en effet devenu très lourd à porter ainsi que générateur de confusion. J’ai eu besoin de plus de sérénité et de cohérence, quitte à en payer le prix commercialement. christian-roux-1.jpg © Christian Roux christian-roux-0.jpg Le Petit Poucet © Christian Roux Le blog d’Illustrissimo: Peux-tu retracer ton parcours d’illustrateur en quelques lignes ? Christian Roux:  J’ai quitté ma famille à 17 ans pour dessiner. J’ai été publié initialement dans la presse que je lisais et connaissais (Hara Kiri, Charlie mensuel, Actuel), puis dans presque toute la presse et aussi dans la publicité, puis j’ai réalisé des couvertures de romans et dernièrement des livres pour enfants. christian-roux.jpg © Christian Roux Le blog d’Illustrissimo: “Le Petit Poucet” vient de paraître aux éditions du Seuil après “Le Petit Chaperon Rouge” en 2007. Ton style a encore évolué entre ces deux livres, as-tu une écriture que tu souhaites pousser dans les mois à venir ? Christian Roux:  Je vais continuer dans le style qui m’intéresse actuellement: “Le Lapin & Le Tigre”, les villes exposées à la galerie Sit-Down. Je souhaite aller vers un dessin toujours plus souple et plus libre, et en tous cas essayer de ne  jamais m’ennuyer ! roux.jpg © Christian Roux Le blog d’Illustrissimo: Peux-tu nous parler de ton exposition à la galerie Sit-Down ? Christian Roux:  J’ai accepté de me laisser enfermer dans des boîtes, en me laissant porter par le projet initialisé par le designer Thomas Lemut (“Pourquoi pas”) et la galeriste Françoise Bornstein. Le résultat génère des réactions et des réflexions intéressantes. Le blog d’Illustrissimo: Ton dossier sera visible chez Illustrissimo au mois de mai. Un retour programmé pour la pub ? Christian Roux:  Même si mes rapports avec la publicité sont ambigus, je me réjouis de renouer avec cet exercice de style stimulant! Exposition visible jusqu’au 15 mai à la Galerie SIT-DOWN 4 rue Sainte Anastase – 75003 Paris – France Tél: + 33 (0)1 42 78 08 07 http://www.sitdown.fr