Archives pour la catégorie Illustrateurs

L’interview de Colcanopa

Voici un nouveau petit film réalisé par Émilie Pigeard avec l’illustrateur nordiste Colcanopa qui nous parle de son travail avec malice. Après de courtes études d’Histoire il passe la frontière belge pour étudier  l’illustration à St Luc. Avant la fin de son cursus, il est embauché comme graphiste par une agence lilloise au sein de laquelle il compose pendant cinq ans des pochettes de disque clinquantes pour les majors parisiennes. En 2005, il créé un blog d’illustration d’actualité et de dessins bizarres. Depuis Colcanopa travaille régulièrement avec « Le Monde », « Rue89.com », « La Décroissance », « Terra Economica »… Colcanopa vit à Lille, et nous avons profité d’une escale parisienne pour le filmer dans la cour de notre bureau de la Folie-Méricourt… avant notre déménagement début janvier 2012 au 13 rue Bouchardon pour l’ouverture d’une nouvelle galerie d’illustration!

Autoportrait de l’artiste

Illustrissimo: Où te situes tu dans les différentes familles de l’image entre les dessinateurs de presse et les illustrateurs?

Colcanopa: J’ai l’impression d’être un peu illégitime dans ces deux prestigieuses familles, un « adopté » des 2 côtés! Un dessinateur de presse qui essaie des trucs visuellement ou un illustrateur qui voudrait donner du sens à ses images. Sans jamais vraiment y arriver…!

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Colcanopa chez Illustrissimo. Film réalisé par Emilie Pigeard, 2011.

La crise grecque vue par Colcanopa

Illustrissimo: Quelles sont tes influences graphiques revendiquées, et d’où vient ton inspiration pour traiter d’un sujet en dehors de l’actualité immédiate ?

Colcanopa: Mes influences sont plutôt chez les dessinateurs qui ont traité l’actualité de manière très personnelles dans les années 70: Ungerer forcement (des dessins de presses féroces jusqu’aux livres pour enfants), Topor pour la noirceur caustique du trait ou Gébé pour l’utopie géniale ou encore Rouxel et les Shadocks. Mais il y a aussi l’école « classique » du dessin satyrique à la française: « Charlie », « Le Canard Enchaîné », « La Gueule Ouverte »…
 

 

Illustrissimo: Ton travail pourrait aisément s’adresser à la jeunesse, as-tu des projets dans ce sens ?

Colcanopa: Pas encore… Mais ça serait chouette !

Illustrissimo: Il n’existe encore pas de recueils de ta production de dessins d’humour, le regrettes-tu et cela est-il envisageable pour un éditeur ?

Colcanopa: J’y pense, j’y pense. Pourquoi pas avec les fameuses Éditions Michel Lagarde!!

L’incroyable « Labo d’images » de Mr Janicot, saison 2

Ce mardi 10 mai se déroulait au Cinéma des cinéastes la deuxième édition du « Laboratoire d’images » près de la place de Clichy. Une salle bondée d’illustrateurs, d’animateurs et d’étudiants (et même… de quelques agents) assistait à l’avant-première. Cette très belle sélection due à la sagacité de Christian Janicot, réunissait une fois encore la crème de l’illustration franco-belge.

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Rappelons le principe de cette collaboration inédite entre les étudiants de Supinfocom (Arles et Valenciennes) et des auteurs confirmés: chaque illustrateur apporte son univers, ses idées et une trame de scénario, à charge pour les étudiants d’adapter sans trahir, en passant de la 2D à la 3D. Nous complèterons ce premier article par quelques interviews des auteurs dont nous suivons le travail de près. Ce programme sera diffusé sur Canal + le 6 juin 2011, il fait partie de la collection du Mensomadaire, le magazine des curiosités visuelles.

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Christian Janicot

Illustrissimo: Bonjour Christian, tu as démarré le Laboratoire d’Images en 2010, la deuxième saison est présentée le 10 mai au cinéma des cinéastes.  Peux -tu nous dire ce qu’est ce Laboratoire d’Images ?

Christian Janicot: Le Laboratoire d’Images c’est une collaboration entre « la fine fleur » de l’illustration et de la BD européenne, et des étudiants en animation d’images de synthèse. Au cours d’une Master Class de deux mois, cette année encore, 10 nouveaux artistes (Séverine Assous, François Avril, Beb-deum, David B, Laurent Durieux, Sophie Dutertre, Thierry Guitard, Bruno Salomone, Stan & Vince, Brecht Vandenbroucke) ont confié à 60 étudiants leurs univers graphiques 2D. Ensemble, ils ont relevé le défi de les traduire vers l’animation 3D.

L’idée de ce « laboratoire » c’est inventer de nouvelles écritures pour l’animation et d’ouvrir des pistes… C’est un lieu d’expérimentation qui permet la création de courts-métrages originaux de 3/4 minutes. Les films du Laboratoire proposent des histoires et des visions très personnelles avec une grande liberté de ton et de forme. Les illustrateurs explorent un média et des outils qu’ils ne connaissent pas, une nouvelle dimension de leur univers: celui de la mise en scène, de la musique et du sound design pour souligner l’image, de comment raconter une histoire en mouvement…

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Minus de Stan & Vince © Le Laboratoire d’images/Cargo Films/Canal+/2011

Les étudiants qui participent à cette Master Class sont encadrés par une équipe pédagogique et des professionnels de l’audiovisuel. Dans cette aventure, ils apprennent à regarder des images qui ne sont pas « formatées », il y a un véritable échange. D’ailleurs les films sont cor-éalisés par les artistes et les étudiants! En l’espace de 2 ans, on  a produit 22 courts-métrages d’artistes… Toute une collection!

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Brandt Rhapsodie de François Avril © Le Laboratoire d’images/Cargo Films/Canal+/2011

Illustrissimo:  Peux-tu nous résumer en quelques mots ton parcours ?

Christian Janicot: Dans mon parcours de directeur artistique, j’ai toujours invité des artistes à travailler avec des outils qu’ils ne connaissaient pas, j’ai dirigé des recherches les associant aux nouvelles technologies de l’image. Je trouve fondamental d’explorer et de faire communiquer des univers, et j’aime le décalage ! Faire travailler un peintre comme Matta sur une palette graphique ou un illustrateur de BD en 3D par exemple. J’ai même fait un livre, l’Anthologie du cinéma invisible dans lequel j’ai rassemblé une centaine de projets de films improbables de poètes et d’écrivains comme Apollinaire, Desnos, Sartre, Gide ou encore Céline… C’est dans ce genre de confrontation, de mise en échos, que naît la création. C’est important d’accompagner, de donner une chance à un processus de recherche tout autant qu’à sa finalité, comme en science. Le Laboratoire d’Images, c’est ça.

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Mondiale de Beb-deum © Le Laboratoire d’images/Cargo Films/Canal+/2011

Illustrissimo:  Quel est le déclic qui te fait choisir un illustrateur plutôt qu’un autre, et quels sont les enseignements qu’ont pu tirer les illustrateurs de cette expérience ?

Christian Janicot: Le déclic est très souvent une envie de rencontre. C’est de toute évidence des artistes qui me touchent et dont j’estime beaucoup le travail et l’univers graphique qu’ils me donnent à voir. Mon choix se construit comme un collage, une diversité de caractères, de sensibilités, de contrastes, de projets et de propos très différents qui peuvent cohabiter les uns à côté des autres, côte à côte, en regard, en « écho graphique »…

Le plus beau compliment cette année a été que certains illustrateurs m’ont dit qu’ils auraient adoré vivre, en tant qu’étudiants, une expérience pareille, une Master Class avec un artiste pendant leurs études, avec un exercice grandeur nature aux exigences artistiques de haute voltige qui les prépare à la vie réelle…

Pour les illustrateurs c’est bien souvent un premier film, un premier pas. Une manière de mesurer ce nouvel outil (la 3D), ce nouveau langage, ses codes, ses règles et ses contraintes. C’est pour eux parfois une façon de sortir d’un travail solitaire, une obligation à travailler en équipe de 5 à 8 personnes;  ce n’est pas toujours facile! La plupart ont été vraiment intéressés d’avoir à préparer des centaines de dessins pour les modèles 3D, réaliser un story-board, travailler des cadrages, prendre en compte le mouvement, approcher la mise en scène, le compositing. Au final, beaucoup ont envie de continuer à faire… des films !

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A tree tale de Brecht Vandenbroucke © Le Laboratoire d’images/Cargo Films/Canal+/2011

Illustrissimo:  La première saison a fait l’objet d’une présentation au festival d’Annecy et d’une édition chez Sarbacane. Quel a été l’accueil du public et des professionnels ?

Christian Janicot: Le festival d’Annecy nous réserve une place spéciale dans sa programmation pour présenter cette expérience inédite. Cette année nous avons la chance, le mercredi 8 juin, d’avoir toute une après-midi consacrée au Laboratoire d’images avec projection, rencontres, débats et … une fête !

Une projection du magazine Mensomadaire ouverte au public et sur grand écran pendant laquelle seront présentés les films qui ont été produits cette année, suivi d’une rencontre avec les principaux acteurs de cette expérience en présence de Pascale Faure, responsable des programmes courts et de créations de Canal+, les producteurs avec Jean-Jacques Beinex et Carine Leblanc de Cargo Films, quelques artistes, des étudiants, des professionnels de l’animation et moi-même…

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 Le secret d’Ève de Séverine Assous © Le Laboratoire d’images/Cargo Films/Canal+/2011

Christian Janicot: Ce qui m’importe c’est de mettre en valeur tout le travail accompli et de remercier chacun par un bel objet d’édition. C’est aussi un outil de travail important et de communication pour la suite de l’aventure…

Nous sommes d’ores et déjà en train de préparer avec Mark Brucker, qui est le graphiste de Mensomadaire et Thomas Cheysson qui en assurera la rédaction, le nouvel objet d’édition du Laboratoire d’Images 2. Il comprendra, comme l’année dernière, un catalogue qui donnera cette année plus de place aux projets des artistes avec notamment un facsimilé de leur story-board, une très belle série d’affiches de chacun des films dessinée par les illustrateurs eux-mêmes, sans oublier le DVD dans lequel sera inclus l’émission de Canal+ ainsi que des bonus.

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Hellville de Laurent Durieux © Le Laboratoire d’images/Cargo Films/Canal+/2011

Christian Janicot: Quant à l’accueil? Très bon, je crois, du côté du public. Très impressionnant dans tous les festivals de courts-métrages et de films d’animation du monde entier où les films sont distribués par Autour de Minuit. Ils reçoivent de nombreux prix. Très étonnant aussi pour les artistes, les étudiants (et même leurs parents!) de voir leurs films partout en surprises sur la grille de Canal+.

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Cependant, les instants étaient précieux de Sophie Dutertre © Le Laboratoire d’images/Cargo Films/Canal+/2011

Christian Janicot: Pour le milieu professionnel, il faut sans doute du temps pour faire comprendre une telle démarche qui s’inscrit… dans le temps justement! J’espère qu’une saison 3 va pouvoir fédérer des envies. J’imagine que ce Laboratoire puisse être une des vitrines d’innovation graphique pour l’ensemble de la profession. Qu’il puisse rassembler autour du désir de pousser toujours plus loin les frontières de l’image animée.

Pour moi, le Laboratoire est un vivier de talents où se développent des langages qui doivent venir enrichir l’industrie du cinéma d’animation d’aujourd’hui et, surtout, dessiner les contours de la création de demain. J’espère que le Laboratoire va faire « des petits », rebondir, permettre la création de courts-métrages, de séries d’animation, et de longs métrages… pourquoi pas?!

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Egaro de Bruno Salamone © Le Laboratoire d’images/Cargo Films/Canal+/2011

Illustrissimo: Les retombées d’un tel projet pour la chaîne, les auteurs et les étudiants sont elles quantifiables?

Christian Janicot: Ce qui m’importe c’est que tout le monde s’y retrouve. Les artistes qui explorent pour la première fois l’animation, les étudiants dans l’exercice proposé aux contacts d’artistes étonnants, les écoles pour la qualité de leur formation, la production pour tous les rebonds que cela induit ; l’éditeur, le distributeur, la chaîne de télévision pour la création qu’elle diffuse et bien sûr le public. On ne fait pas de la recherche dans « notre coin », on ne fait pas ce métier pour rester invisible ! On est au début de la maturité de l’image de synthèse. C’est important de se servir des outils que la modernité a mis à notre portée et de créer avec. Le métier d’illustrateur est aujourd’hui sur plusieurs fronts, dont l’animation tient une place importante.

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Rêve du 1er avril 1999 par David B © Le Laboratoire d’images/Cargo Films/Canal+/2011

Illustrissimo: En terme de production, y a t-il des enseignements à tirer de la première saison pour la deuxième, et l’avenir de la saison trois est il assuré ?

Christian Janicot: Le Laboratoire doit devenir pérenne. On est en train de réfléchir à l’art et à la manière d’améliorer son fonctionnement (ouvrir à l’ensemble des écoles d’animation européennes par exemple ou encore pouvoir inviter des artistes d’horizons lointains). Le champ d’action est très vaste, le nombre d’artistes que j’ai envie d’inviter l’est tout autant.

Un laboratoire c’est un endroit où on cherche mais où on a aussi envie de trouver quelque chose. C’est un temps de réflexion à part. En terme de production il y a beaucoup d’enseignements à tirer des deux premières saisons, d’aménagements à faire, de confort de temps et de finances, de suivi des projets. C’est quelque chose en mouvement, qui peut et doit s’améliorer…

En attendant la suite, je vous invite à regarder cette Saison 2 sur Canal+ le 6 juin à 23h dans le magazine Mensomadaire mais aussi au Festival International du film d’animation d’Annecy le 8 juin… en espérant que cela vous plaise!

Special Londres (4/4): Jean Jullien

Nous avons à de nombreuses reprises évoqué le travail de Jean Jullien, notamment à l’occasion de ses deux expositions parisiennes en 2009 et 2010 à la Galerie des Arts Graphiques. Son actualité est tellement fournie, que nous ne pouvions pas passer à côté d’une interview pour notre série londonienne. L’occasion de faire un zoom sur ses multiples activités. Artiste, illustrateur, réalisateur, designer, rien ne l’arrête et tout lui sourit. Un coup de coeur qui dure, et la confirmation d’un parcours généreux et sans concessions.

Illustrissimo: Peux-tu nous résumer en quelques mots ton parcours d’illustrateur et de réalisateur ? Jean Jullien: J’ai commencé ma formation par un BTS communication visuelle au lycée Le Paraclet à Quimper où j’ai appris les bases de composition, de typographie et les fondamentaux du graphisme. Je suis ensuite parti à Londres. C’est là que j’ai commencé à travailler professionnellement, en parallèle de mes études.

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« Avatar » © Jean Jullien Illustrissimo: Tu as choisi de t’installer à Londres pour poursuivre tes études au Royal Collège. Quel bilan tires-tu de ces années d’étude dans ce prestigieux établissement ? Jean Jullien: En fait je suis arrivé en 2005 pour étudier à Central Saint Martins, où j’ai obtenu, trois années plus tard, un Bachelor en Graphic Design. C’est alors que j’ai décidé de poursuivre mon cursus avec un Master en Communication Art & Design au Royal College of Art, que j’ai obtenu en 2010.

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« News of the times » © Jean Jullien, Éditions Eugène & Pauline Illustrissimo: Ton travail a été très remarqué depuis deux ans, comment arrives tu à gérer ce succès et à choisir tes clients ? Jean Jullien: Ça n’a pas vraiment changé ma manière de travailler. J’aime avoir plusieurs projets en même temps et j’ai toujours mis un point d’honneur à ne pas me cantonner à une pratique, craignant de me lasser et de toujours produire la même chose. Je conserve mon trait, et certains éléments récurrents de mon travail sont important car ils servent d’identifiant, de style en quelque sorte. Mais il me semble fondamental de jongler entre les supports de création pour créer un ensemble riche en diversité. Le « succès » dont tu parles est donc positif car il m’a permis de travailler sur une pléthore de projets, tous plus différents les uns que les autres: une table (« Table Man »), une ligne de vêtements en Corée (« Plac Jeans by Jean Jullien), une montre (Magazine Les Inrockuptibles), une installation mêlant film d’animation à 360 degrés et musique électronique (« Adventures in Front of the TV Set »),  un village au plafond (« The Village »), etc… Cela me permet également d’élargir mes horizons et de me voir proposer des projets toujours variés. Du coup, je m’amuse autant lorsque je fais une série d’illustrations dites « classique » pour un projet professionnel car je n’ai pas l’impression de le faire souvent. C’est cette dynamique de travail que j’apprécie.

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Affiche Festival « Les Inrocks » © Jean Jullien

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Montre pour les abonnés du magazine « Les Inrockuptibles » © Jean Jullien Illustrissimo: Quelles sont les images que tu considères les plus emblématiques de ton travail, et comment vois tu l’évolution de celui-ci ? Jean Jullien: En terme de popularité, je pense que « Les Fables de la Fontaine » sont assez représentative de ce que je fais, car elle mêle illustration, humour et volume. En ce qui me concerne, et comme je viens de l’expliquer, j’aime à penser que des travaux aussi différents que « Table Man », « The Republic » ou le visuel « Hi » fait pour YCN, représentent bien mon travail et les divers domaines que j’aime explorer.

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« Inflation » © Jean Jullien Illustrissimo: Tu alternes les images en volume et les dessins au trait et tu t’es tourné récemment vers l’animation. Peux-tu nous parler de ton projet avec ton frère, le musicien Niwouinwouin ? Jean Jullien: « Adventures in Front of the TV Set » est une installation qui combine la musique de Niwouinwouin à mes visuels animés, qui sont projetés sur quatre écrans géants. Placé entre ces quatre écrans, le public est immergé dans les aventures épiques de Slim, le héros d’une série de science-fiction, perdu dans un dédale cathodique. Ce dernier se promène d’une chaine de télévision à une autre, passant d’un jeu télévisé à un soap-opera matiné d’une ambiance de conte, en passant par une maison hanté, un documentaire animalier extra-terrestre, etc…

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« Adventures in Front of the TV Set », © Jean Jullien, Niwouinwouin C’est un projet qui représente un travail énorme, ne serait-ce que pour créer le film d’animation, mais également l’orchestration du tout, la création d’un environnement (le tout prend la forme d’une salle hexagonale géante, qui est montée et démontée à chaque fois que l’installation se déplace), la collaboration avec les producteurs, les résidences, etc… Cela illustre parfaitement cette idée de diversité que j’essaie de garder dans mon travail. Aux vidéos, illustrations, sculptures et vêtements, je peux maintenant ajouter « installation audiovisuelle ». Ce projet a également confirmé de manière plus officielle le fonctionnement en binôme avec Niwouinwouin, qui me permet de travailler sur des projets très différents de ceux que je fais seul. Ce fût satisfaisant pour nous d’être sollicité tous les deux, après que nous ayons essayé de communiquer sur notre travail en commun pendant plus d’un an. Cela prouve que c’est une équipe qui marche, et cela ne nous empêche en rien de continuer à travailler chacun de nôtre côté. Enfin, c’était ma première expérience « live », et j’ai découvert avec une joie incroyable la réaction des gens en direct. Niwouinwouin, qui est habitué des concerts, connait bien cette sensation. Mais j’avoue avoir été très ému lorsque j’ai vu les gens rire, sourire, bouger et manifester leur excitation vis-à-vis de ce qui se jouait devant eux.

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« Spread » © Jean Jullien Illustrissimo: « Adventures in Front of the TV Set » tourne actuellement en France et nous avons assez hâte de le voir jouer à Paris ou à Londres. Quel est ton prochain projet et vers quoi souhaites-tu développer ton travail d’ auteur ? Jean Jullien: Je travaille en ce moment sur une nouvelle collection pour la marque coréenne « Plac Jeans ». Je fais l’affiche et la vidéo pour le festival « Electroni-K ». Je prépare un livre interactif pour Gallimard, je continue mon travail pour « Les Inrockuptibles ». Je prépare une exposition à Seoul, Nantes et Rennes. Je viens de finir cinq pages sur mon projet « The Republic » pour la nouvelle revue d’illustration française « The Drawer ». Niwouinwouin et moi travaillons également sur trois clips pour son nouvel opus. Je sors un t-shirt pour les anglais de « It’s Nice That », et prépare une conférence pour le festival Motiva en Espagne. Je travaille avec « Partizan » pour une campagne anglaise pour « Uniqlo » et vais m’occuper de la saison de la fraîchement relancée « Scène Nationale de Montbéliard ». Je m’occupe également du logo pour la collection « Max Jacob » à Quimper. Un livre et des jouets en bois aux éditions « Annaïck Moriceau » et d’autres choses… mais je m’arrêterais là pour aujourd’hui!

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Illustration pour le magazine « Télérama » © Jean Jullien

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© Jean Jullien

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© Jean Jullien La première monographie de Jean Jullien paru en France, est toujours disponible aux Editions Michel Lagarde, soit en envoyant 10 euros (8 euros + 2 euros de frais de port) au 70 rue de la folie-méricourt 75011 Paris, soit en le commandant en ligne sur le site de la librairie nantaise: http://www.librairielindex.com Vous pouvez commander « News of the times » de Jean Jullien, sur le site des Éditions Eugène & Pauline, 14 euros, 50 exemplaires.

Quatre jours à Berlin

Partir à Berlin avec pour prétexte le festival Illustrative où Illustrissimo était invité, voilà une occasion qui ne se refuse pas!

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I love Berlin Ce festival migrant né à Berlin a voyagé à Paris et à Zurich les deux années précédentes.

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Illustrative, Villa Elisabeth, Mitte L’inauguration a eu lieu le jeudi soir, le vendredi était consacré aux conférences: avec Julius Wiedemann, éditeur des 3 volumes d' »Illustration Now » chez Taschen, Fernanda Cohen venue de New-York pour expliquer comment devenir un « successful commercial artist », et quelques autres intervenants dont l’illustrateur David Polonsky et Raban Ruddigkeit de chez Freistill.

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Illustrative, Portfolio Reviews Le samedi était consacré à la présentation des portfolios d’une quinzaine d’agents venus du Brésil, de Finlande, d’Allemagne, et de France! Parmi les illustrateurs invités et nominés, peu de véritables découvertes, et pas vraiment de coups de cœur…

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Tapis d’après Olaf Hajek Mais la confirmation du grand talent d’Olaf Hajek (avec notamment l’impression d’un tapis somptueux tissé d’après une de ses images), une belle série d’images de ville de Tim Dinter.

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Le mur d’affiches de Tom Dinter Il y avait également à l’entrée de la manifestation un choix de livres, avec surtout la présence des deux jeunes éditeurs anglais de l’équipe de Nobrow qui accomplissent un travail éditorial formidable: dont la revue Nobrow en deux couleurs, l’édition anglaise de « Abecederia » de Blexbolex (après les éditions allemandes de chez Büchergilde Gutemberg, et celles des Requins-Marteaux en France), et quelques éditions de livre en sérigraphie au tirage limité à une cinquantaine d’exemplaires, sous le label « Nobrow Small Press ».

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L’équipe de Nobrow: Alex Spiro et Sam Arthur

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Les publications de Nobrow En marge du festival, la découverte de l’atelier de Romy Bluemel, jeune illustratrice allemande qui devrait faire les beaux jours de l’édition jeunesse, puis la rencontre avec la fantastique hollandaise Zeloot dont la première monographie devrait sortir en France au printemps 2010.

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Le travail de Romy Bluemel

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Création de Zeloot Et pour terminer en beauté, une soirée chez Blexbolex, sorte de festival « off », avec la présence de tous ses amis auteurs de talent, dont l’un des grands maîtres de l’illustration allemande contemporaine Hennig Wagenbret.

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Les cartes glanées à Berlin Quelques liens et bonnes adresses à retenir de ce voyage à Berlin. Parmi les exposants, agents et illustrateurs présents à Illustrative, je conseille les sites de: L’éditeur anglais Nobrow et sa collection Nobrow Small press http://www.nobrow.net/news/ L’agent d’illustrateur finlandais Marjo Granlund http://www.napaillustrations.com L’allemand Olaf Hajek (représenté en France par Agent 002) http://www.olafhajek.com Le raffiné Orlando Hoetzel http://www.orlando-illustration.com/ Le voyageur urbain Tim Dinter http://www.timdinter.de La new-yorkaise Fernanda Cohen http://www.fernandacohen.com Parmi mes coups de cœur en marge du festival: L’indispensable travail du maître Henning Wagenbreth (auteur de la très belle affiche des 20 ans du festival de Chaumont) http://www.wagenbreth.de Le minimaliste japonais Akinori Oishi installé à Berlin http://aki-air.com Le jeune et talentueuse illustratice Allemande Romy Bluemel http://www.romybluemel.de La hollandaise Zeloot et ses affiches fantastiques www.zeloot.nl La très contemporraine Katia Fouquet www.katiafouquet.com La délicate Satia Ranjana de Munich http://www.sathyaranjana.blogspot.com Jan Feindt http://www.janfeindt.de Et pour terminer (à visiter absolument) deux librairies qui feront le régal des amateurs d’image: La librairie Motto, spécialisée dans les livres d’artistes et les tirages rares d’art contemporain sous l’impulsion du diffuseur suisse et esthète Alexis http://www.mottodistribution.com Puis l’indispensable librairie Modern graphics, riche en imports anglosaxons et rares publications d’illustrateurs allemands www.modern-graphics.de

MyFace

Un de mes amis d’enfance Frédéric Niffle, est devenu Rédac chef de Spirou. Un jour, en chattant sur un réseau social bien connu, cet ami me propose de lui concocter un supplément pour son journal de « djeunes ».

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La couverture par les JeanClode (Matthieu, Nicolas et Séb) Ayant grandi avec ce même journal (et ayant tout appris avec le « Trombone illustré », le supplément d’Yvan Delporte publié à la fin des années 70 et aujourd’hui réédité par Dupuis au prix de 70 euros), l’occasion était trop belle pour contacter des amis illustrateurs sur le fameux réseau social à qui je donnais un simple mot de passe : « Myface »!

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La préface et le sommaire par Chamo Le résultat est paru cette semaine, et ce sont 19 auteurs qui ont participé à l’opération. Un grand merci à tous les participants, au commanditaire et aux lecteurs de Spirou.

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Grégory Mardon/Guillaume Decaux

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Oxolaterre/Laurent Bazart Pour ceux qui passeront nous voir pendant l’exposition Guillaumit, le petit magazine sera offert. Pour les autres lecteurs, envoyez-nous un petit mot si vous êtes intéressés! http://supermaxibazar.blogspot.com http://www.spirou.com

Vernissage Guillaumit (la suite)

Jeudi 8 octobre, c’était la soirée Guillaumit. Plein de jolies choses au mur et dans la vitrine (qui arrête les passants et fait s’exclamer les enfants). Un fond sonore de Gangpol & Mit (l’autre moitié du duo musical), et quelques invités qui ont affronté la pluie et la nuit tombante. Merci à tous et à bientôt pour ceux qui comptent passer avant le 20 novembre. Un petit bonus pour tous les visiteurs: un numéro de « Myface » offert, supplément du Spirou daté du 7 octobre 2009, dont je vous reparle très bientôt!

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Guillaumit devant la vitrine de nos bureaux

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L’éditrice Valérie Cussaguet, et Laurent Zorzin de Art Factory

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Yu Matsuoka et Check Morris

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Alain Lachartre et Géraldine Méo

Vernissage Guillaumit le 8 octobre!

Je profite de cet espace pour vous présenter le travail de Guillaumit et son dernier livre paru aux éditions Thierry Magnier.

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Ce jeudi 8 octobre, nous nous retrouverons avec Valérie Cussaguet l’éditrice, pas mal d’amis illustrateurs, et même quelques autres qui ne savent pas dessiner, mais qui sont sympas quand même. On boira quelques verres rue de la Folie-Méricourt et puis, si tout va bien, on ira faire bombance avec ceux qui veulent dans le quartier d’Oberkampf.

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Guillaumit dédicacera son livre l »ABC des verbes » et le catalogue collectif « Lezilus Tome 2 » (l’agence Lezilus dont Guillaumit a dessiné le premier logo, et qui fêtera ses 5 ans par la même occasion), et pour ceux qui veulent il y aura des choses à vendre exposées. Bientôt quelques photos de l’expo sur ce même blog! « ABC des verbes » illustré par Guillaumit Editions Thierry Magnier Album Hors Collection Octobre 2009/15.1 x 21.5/52 pages ISBN 978-2-84420-785-2 11,00 € http://www.lezilus.com http://guillaumit.free.fr/ http://www.editions-thierry-magnier.com