Archives pour la catégorie Jeunesse

Blexbolex récompensé

La série des imagiers de Blexbolex avait commencé par une récompense en 2009, celle du « plus beau livre du monde » pour L’imagier des gens. Elle se terminera sur une autre, la pépite de l’OVNI décernée par le Salon de Montreuil (édition 2013), pour Romance toujours chez Albin Michel. Surprenant à plus d’un titre, c’est cette fois dans l’univers des contes et légendes que nous emmène l’auteur. À découvrir donc, si ce n’est pas déjà fait.

Hormis cette récompense, son actualité se poursuit au Monte en l’air qui présentait le 28 novembre 2013 pour le lancement de Romance huit sérigraphies au tirage ultra-limité (20 exemplaires, 35 euros l’unité) tirées du livre. Un travail d’orfèvre dont on propose ici un aperçu.

Librairie Galerie Le Monte-en-l’air

71, rue de Ménilmontant / 2, rue de la Mare

75020 Paris

ouvert tous les jours de 13h à 20h – le samedi de 10h à 20h.

Icinori chez Philippe le Libraire

Lors de notre dernier entretien avec eux, à propos de leur publication dans Dada, Icinori nous avaient parlé de leurs projets à venir, parmi eux un conte japonais prévu pour l’automne.

L’automne est arrivé et le conte japonais aussi. Il s’agit d’Issun Bôshi publié chez Acte Sud Junior, et son sous titre -l’enfant qui n’étais pas plus haut qu’un pouce- est une histoire qui en rappelle d’autres car la taille est inversement proportionnelle au courage de ce petit être.

« Un couple de paysans attend enfin un enfant, mais ô surprise, il naît minuscule !  
Ce sera Issun Bôshi, l’enfant pas plus haut qu’un pouce, qui partira à la découverte du monde… »

Découvrez Issun Bôshi chez son homologue Philippe le Libraire (petite librairie vaste fond) où Mayumi Otero et Raphaël Urwiller seront en dédicace le jeudi 17 octobre 2013 à partir de 18h30 avec un ex-libris édité pour l’occasion.

Le duo partagera la vedette avec Vincent Pianina qui dédicacera son foisonnant Jungle (Gallimard Jeunesse).

Fédor Comix

Toutes les bonnes choses ont une fin, et notre (ex) stagiaire Fedor est allé rejoindre les bancs du collège Charlemagne. Nous préparons de notre coté une jolie édition collector pour happy few, avec une couverture toute en couleur. Vous pouvez réserver votre exemplaire à l’agence, une vingtaine de copies du numéro un de « Fedor Comix  » devraient voir le jour en pour le salon du livre de Paris. Vendu exclusivement sous le manteau (ou le poncho) si vous nous croisez par hasard dans les allées à la porte de Versailles.

L’interview de Gwendal Le Bec

Le blog d’Illustrissimo: Bonjour Gwendal, tu viens de remporter le prix des pépites de l’album au dernier Salon du Livre Jeunesse de Montreuil, pour ton premier livre en tant qu’auteur complet. Peux-tu nous parler de la genèse du Roi des oiseaux, de tes partis pris graphiques de travailler en 2 couleurs ?

Gwendal Le Bec: Quand on était petits (je dis « on » parce que j’inclus là mes frères et sœurs) notre père nous racontait des histoires tous les soirs avant d’aller nous coucher. En général il nous lisait des livres qui, pour un grand nombre d’entre eux, restent très important pour moi encore aujourd’hui, mais parfois il nous racontait d’autres histoires. Celle du Roi des oiseaux était l’une d’entre elles. Elle revenait de temps en temps sous différentes formes. Mon père tenait cette histoire de son père, qui jouait le même rôle bien des années avant. Je pense que ça a aidé à lui donner un statut particulier dans mon esprit. Je ne me souviens plus quand cette volonté d’adapter cette histoire m’est venue, mais il y a un moment où ça c’est imposé. Je ne me souvenais plus dans les détails ce que mon père me racontait, de toutes façons ça changeait à chaque fois, j’ai donc choisi de n’en garder que la structure et de réécrire le reste à ma manière.

Le Roi des oiseaux, Albin Michel

Au niveau du dessin, j’ai voulu mettre l’accent sur les oiseaux, j’ai donc gommé au maximum les décors pour avoir quelque chose de théâtral dans la simplicité. Ayant sur chaque pages un profusion d’oiseaux il était hors de question que je leur donne à chacun leur couleurs, le dessin aurait perdu en subtilité. La bichromie s’est donc imposée, ça n’est pas une posture de ma part. Mais j’aime beaucoup les livres en bichromie, ça se faisait beaucoup dans les années 70, et même toujours aujourd’hui, il n’y a rien de très original là dedans.

Quel est l’impact d’un tel prix pour toi ?

Recevoir le prix à Montreuil était une grande surprise, je ne me rend toujours pas bien compte de ce que ça signifie, je crois que c’est une assez grande reconnaissance dans la profession mais ça ne me fait pas dire pour autant que je n’ai plus rien à apprendre, bien au contraire… Je n’en suis qu’au tout début, alors si ce prix peux me donner un coup de pouce c’est très bien.

Cartoon

Le blog d’Illustrissimo: Comment envisages-tu la suite en tant qu’auteur jeunesse ou illustrateur ?

Gwendal Lebec: Je ne me considère pas comme un auteur jeunesse en particulier, différentes opportunités ont fait que je me suis pour l’instant plus affiché dans la jeunesse, mais l’illustration adulte m’intéresse tout autant. Le problème avec ce métier, c’est que les gens ont du mal à vous projeter dans autre chose, quand vous faites de la jeunesse, on ne va pas vous contacter pour de la presse ou autre, il faut montrer par soi-même qu’on est capable de le faire. Je n’ai pas établi de plan de carrière, je n’ai donc aucune idée de ce qui va se passer, ça dépendra de mes envies sur le moment et des opportunités. J’ai tout un tas de projets qui attendent patiemment que je leur consacre du temps, des livres jeunesse, mais aussi des projets de bandes dessinées auxquels je tiens beaucoup. Vous l’aurez compris, la narration m’intéresse particulièrement, mais j’aimerais aussi me pencher vers des choses purement graphiques, je pense qu’il serait intéressant pour moi de balancer entre les deux. Et puis la presse bien sûr…

Tibet on fire, News of the time

Le blog d’Illustrissimo: Tu viens de créer avec ton frère Yann Le Bec et Jean Jullien, News of the time: un blog graphique consacré à l’actualité. Peux-tu présenter ton équipe et comment vous vous répartissez les sujets et votre angle d’attaque pour traiter les informations ?

Gwendal Le Bec: À la base c’est un projet que Yann et Jean avaient ensemble, ils voulaient trouver un moyen de collaborer sur quelque chose et sont tous les deux intéressés par une approche politique de l’illustration. Ils ont donc commencé ce blog en janvier dernier en choisissant des articles à illustrer dans différents journaux anglophones sur internet (on vit tous les trois à Londres et il est de toutes façons plus intéressant de le faire en anglais pour avoir une portée internationale). Les dessins sont parfois à caractère politique, parfois pas du tout, je pense qu’ils ont très vite trouvé une bonne balance entre les sujets importants et l’anecdotique, on ne peut pas non plus faire des dessins sur la Syrie tous les jours…

Je les ai rejoins en février parce que ça me rendait sacrément jaloux. On ne se fait pas de réunion éditoriale ; comme beaucoup de gens on lit les news tous les jours, on choisi donc dans le tas ce qu’on veut illustrer sans se concerter. Ça n’est que le début, mais ça tourne bien pour l’instant, je pense qu’on va regarder la chose évoluer et essayer de continuer dans cette lancée. Peut-être qu’à un moment on devra quitter le format blog pour avoir quelque chose de plus important, mais on verra ça avec le temps.
Dans tous les cas c’est un exercice qui me plait beaucoup.

Tibet on fire, News of the time

Le blog d’Illustrissimo: Tu rejoins l’agence Illustrissimo, en venant de Duperré, juste après Mathilde Nivet, Quentin Vijoux et Aki. Y aurait-il une pépinière de talents tentés par l’illustration dans une école plus tournée vers les métiers du design et de la mode ?

Gwendal Le Bec: C’est vrai qu’il n’y a pas de formation d’illustration à Duperré, mais je conseille à toute personne qui veut faire de l’illustration d’étudier autre chose. J’ai pour ma part étudié le graphisme, et je pense que ça m’a apporté une ouverture très importante pour ma pratique de l’illustration. Il est important de nourrir son travail par autre chose, que ce soit dans les arts visuels, la littérature ou les arts appliqués, on ne peut pas se cantonner à ne regarder que du dessin. Donc Je ne sais pas si Duperré en particulier est une pépinière de talents pour l’illustration, on trouve des gens doués dans toutes les écoles d’arts et pas seulement à Paris. Les Arts Déco de Strasbourg en sont un très bon exemple… L’important c’est d’être dans un environnement qui vous ouvre d’autres portes!

Un bois, à paraître chez Albin Michel Jeunesse

Ramino, Beatrice Alemagna

Beatrice Alemagna est née à Bologne, en Italie, en 1973. Après avoir étudié le graphisme à l’école I.S.I.A., elle a gagné le premier prix du concours d’illustration « Figures Futures » du salon du livre de Montreuil à Paris en 1996, ainsi que les prix Attention Talent-Fnac (en 2000) et le prix Octogones du CIELJ, en 2002. Depuis dix ans, elle illustre les affiches pour L’Ecran des enfants à Beaubourg. Elle a exposé à Bologne, Milan, Rome, Paris, Reims, Lille, Bordeaux, Charleville, Munich, Lisbonne, Tokyo et Kyoto. 

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Elle a publié une quinzaine d’albums en tant qu’auteur-illustratrice, au Seuil, chez Autrement jeunesse et Gallimard jeunesse, mais aussi chez Didier jeunesse, Rue du Monde et Thierry Magnier, travaillant parallèlement pour des auteurs comme Apollinaire, Queneau, Kristof, Huxley, Buten, Grossman, Tchékhov, Dahl, Rodari. Ses illustrations ont été souvent remarquées et primées et son livre « Mon amour » est traduit en une dizaine de langues. En 2005 et 2006 ses albums ont été sélectionnés pour le prix Baobab de Montreuil. Nous la retrouvons aujourd’hui comme éditrice au sein de la RMN, l’occasion d’une nouvelle rencontre avec cette fidèle amie d’Illustrissimo.

Beatrice Alemagna

Illustrissimo: Bonjour Beatrice, tu as démarré ta carrière professionnelle, il y a une bonne dizaine d’années, après avoir fait une incursion chez Illustrissimo, ton travail s’est épanoui dans l’édition. Peux-tu nous parler des 2/3 livres qui comptent le plus pour toi dans ton parcours ?

 Beatrice Alemagna: Je dirais sans doute qu’il y en a quatre: Gisèle de verre, Seuil Jeunesse (le premier à avoir reçu un grand nombre d’articles); Un lion à Paris, Autrement Jeunesse (mon livre le plus primé, il a reçu, entre autres, le mention d’honneur au Bologna Book Award 2007); C’est quoi un enfant, Topipittori (mon premier livre en Italie et mon plus grand succès commercial); et Jo singe garçon, Autrement jeunesse (mon tout dernier, qui m’a demandé un long travail et, finalement, m’a emmené quelque part… Comme j’aime penser que chaque livre doit être un voyage créatif, de ce point de vue là, j’ai eu le sentiment de réussir.

Illustrissimo: Quel est le déclic qui t’a fait choisir ce métier, et les maîtres que tu revendiques ?

Beatrice Alemagna: Le déclic je l’ai eu quand j’avais 8 ans en découvrant que derrière les livres il y avait des gens, des écrivains et des créateurs. Les maîtres qui m’ont accompagnée (à la base je suis autodidacte) sont très nombreux et en perpetuel renouvellement. De l’art brut à la peinture naïve, des constructivistes russes aux minimalistes japonais. Mes pères spirituels en  illustrations sont André François, Saul Steinberg, Emanuele Luzzati, Stepan Zavrel et Bruno Munari.

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Illustrissimo:  Tu t’occupes en ce moment même d’une collection de livres pour la RMN (dont une présentation a eu lieu au Grand Palais le 10 mai) . Quelles sont les axes de cette collection, et ce qui motive tes choix en tant que directrice de collection?

Beatrice Alemagna: J’ai eu la grande chance qu’on me propose de diriger une collection entière à moi toute seule. Cette collection se nomme Ramino: pour les trois lettres RMN et pour un rappel à mon Italie natale. Un « ramino » en italien est en effet une petite branche, celle sur laquelle pourraient naître des bourgeons, des idées, des pensées… J’ai aimé le parallèle avec le pouvoir d’un livre qui ferait bourgeonner la tête des enfants et des adultes. Ramino est née dans l’état d’esprit de créer une sorte de galerie d’exposition à chaque livre. Et justement chaque livre que je choisis d’éditer correspond exactement à une facette de mon goût artistique. Dans cette collection j’ai la liberté de ne faire aucune concession avec les images. Je ne veux pas éditer des livres inutiles, il y en a déjà trop et partout, à mon avis. Mon désir profond est celui de faire apprécier et divulguer un genre plutôt inexistant et redouté jusqu’à présent: le livre illustré pour tout le monde, en équilibre entre art et littérature. Je ne crois pas qu’ils existent des livres jeunesse. La jeunesse elle peut perdurer toute la vie. Pour moi il devraient exister des livres d’images beaux et universels, qui parlent aux enfants et qui fassent rêver les adultes en même temps. Une amie m’a dit l’autre jour: « je crois que quand on se destine à une littérature spécifique, on ne fait plus de littérature ». Je pense que cela résume toute l’histoire.

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Les trois premiers titres de la collection Ramino, Editions de la Réunions des Musées Nationaux, dirigée par Beatrice Alemagna

Illustrissimo:  Si on voulait t’envoyer un projet à qui il faudrait l’adresser?

Beatrice Alemagna: Je te répondrai: Je suis très ouverte à des nouvelles « rencontres » artistiques. Pour m’envoyer tout dossier ou projet, je conseille de prendre soin de m’envoyer des éléments en basse résolution à mon adresse mail RMN, qui est la suivante: beatricealemagna.rmn@gmail.com

Illustrissimo:  Quel est le prochain projet qui te tient à cœur ?

Beatrice Alemagna: En tant qu’éditrice, toute ma collection, et notamment les livres faisant partie des « Promenades au musée » que j’ai inventé moi-même. Dans cette collection travailleront des grands artistes/illustrateurs comme le suédois Jockum Nordstrom, l’allemande Katrin Stangl, la japonaise Mayumi Otero , l’italien Simone Rea et d’autres dont j’attends la confirmation… Sinon, en tant qu’auteur-illustratrice, mon prochain chez Autrement, intitulé « La gignatesque petite chose » qui sortira à la rentrée 2011.