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Yann Kebbi dans Dada

Comme Icinori l’an passé, c’est au tour de Yann Kebbi d’enchanter les pages du toujours-aussi-bon Dada pour le numéro 188 (Janvier 2014).

Un numéro consacré à Brueghel dont le foisonnement et le jeu des détails dans la composition trouve un échos moderne dans le travail de Yann Kebbi. Trois très belles doubles-pages à découvrir en aperçu ici et dans la revue chez votre libraire préféré…

Icinori habille Dada

Pour son numéro de février, la revue Dada fait la part belle aux jeunes, alors qu’un article est consacré à Yann Kebbi c’est le tandem Icinori qui s’occupe de l’identité graphique de ce numéro consacré à L’Ukiyo-E. Un choix heureux comme nous le montre notre petit entretien…

Le numéro 180 de la revue Dada est consacré aux maitres de L’ukiyo-E. On trouve une forte influence de cet art dans votre travail, comment en avez-vous fait la découverte?

Le travail de l’estampe est bien évidemment important pour nous, et cela pour plusieurs raisons. Nous avons fait sa rencontre de façon triviale, Mayumi est d’origine japonaise, ce qui crée un lien particulier. Notre travail de recherche graphique est orientée sur l’exploration des éphemeras et de l’imagerie populaire, des liens et échanges entre elles, ainsi que sur les techniques d’impression très intimement liées à ces modes d’édition. Les estampes japonaises constitue l’un des pivots et des aboutissements les plus spectaculaires de cette imagerie populaire. Le sens de la retenue tout comme une perfection de la technique – on oublie souvent que derrière un Hiroshige ou un Hokusai, il y a plusieurs graveurs, coloristes, imprimeurs, éditeurs, la plus souvent anonymes, qui sont des acteurs essentiels de la qualité de ces images –

Quelle serait la nature de votre héritage des ces maitres de l’estampe, l’aspect contemplatif de la composition ou la technique? 

Pour nous l’illustration est un art de l’image reproduite, donc un jeu de contraintes entre le dessin et ses moyens reproducteurs, les estampes sont donc une référence clé pour notre travail de recherche – tout autant que l’imagerie d’Épinal ou les matchbox labels indiennes par exemple. Nous nous intéressons tout particulièrement aux périodes de frictions entre deux traditions, où une technique aboutie dérivant vers l’académisme est remise en cause par une imagerie venue de l’autre coté du monde, c’est ce qui s’est passé lorsque les impressionnistes ont découvert le monde flottant des estampes mais il s’est produit la même chose au Japon, lors de son ouverture sur l’occident, les peintres et graveurs ont découvert la vision européenne de la perspective, de la composition et ont tenté, avec enthousiasme et parfois naïveté maladroite de digérer cet art occidental. Ce sont les estampes issues de ce dialogue, entre maladresse et enthousiasme, déstabilisant une tradition qui commençait à s’assoupir dans une confortable perfection, qui nous intéresse le plus. Cela nous passionne probablement par l’écho fait à notre propre travail au sein d’Icinori, qui est la résultante d’un dialogue entre deux dessins et deux cultures très différentes. Nous avons besoin de ces modèles, la moitié de notre travail est dans la recherche et l’analyse à deux de ces références.

Dans le dossier de la revue, on peut lire que la filiation de l’estampe se retrouve jusque dans le manga. En êtes-vous lecteurs? 

 Nous sommes bien entendu des lecteurs de manga, ayant commencé par Dr Slump et Akira plus jeunes et achetons à présent beaucoup d’indépendants, issus souvent de la presse underground (et légendaire) Garo, l’ancêtre de AX – que Mayumi achète d’occasion lors de ses séjours au Japon, dans les quartiers des libraires de Jimbocho et Nakano broadway à Tokyo.

Une petite sélection de ce que nous avons relu dernièrement.

Raphael : Number Five de Matsumoto, L’école emportée de Kazuo Umezu, Tokyo Zombie de Hanakuma, tout Saito yunosuke , Akira et Nausicaa (en version papier) évidemment.

Mayumi : Poguri, La jeune fille aux camelias de Suehiro Maruo, Le jardin de Yokoyama aux éditions Matière, Tensui de Hanawa et Dr Slump – évidemment

Quelles sont vos actualités ou projets pour les mois à venir?

 Nous sommes justement en train de préparer des livres en Risographie de réédition d’images populaires que nous collectionnons. Sinon, nous travaillons en ce moment sur un conte japonais qui sortira en automne. Nous préparons des expositions, une notamment au Centre d’art à Lourdes en avril et une autre qui aura lieu pendant le festival de Sismics à Sierre.

 

Luis Grañena

Depuis le mois de septembre 2009 l’illustrateur Luis Grañena renouvelle le genre du portrait politique à la une de Libération. Comme l’avaient fait en leur temps les grandes gueules du Pilote des années 70 (Morchoisne, Mulatier Ricord). Il faudrait cette fois chercher du coté de Al Hirschfeld le grand caricaturiste américain ou encore vers le caricaturiste italien de Vanity Fair des années 30: Paolo Garetto. L’outil numérique apporte une touche de modernité, son trait élégant reste totalement intemporel. La parution de Bling permet de mettre en avant un certain nombre de ses meilleures caricatures politiques, dont la plupart ont été crées spécialement pour cet ouvrage.

Le blog d’Illustrissimo: Laissons la parole à Luis Grañena pour nous retracer son parcours, l’historique de Bling et ses projets.

Luis Grañena: Je suis illustrateur depuis  un certain nombre d’années  et depuis que  j’ai commencé à travailler avec le quotidien français Libération, ils me donnent quelques clés pour illustrer la vie politique française. Si j’ai quelques références de politique intérieure, je préfère me tenir éloigné de la politique en général, et je travaille sur de nombreux autres domaines. Michel Lagarde, mon agent parisien et depuis peu mon éditeur, a jugé bon de remettre en lumière mes dessins publiés dans Libération à l’approche des élections, j’ai donc du produire un certain nombre de nouvelles images pour coller au texte de Christophe Conte. Depuis que j’ai commencé a publier mes portraits, j’ai été contacté petit à petit par de nombreux autres journaux, je dois faire face à de nombreuses collaborations en même temps. C’est là, que les problèmes commencent ! Les quotidiens exigent une réponse rapide, je dois ainsi refuser des commandes en raison du manque de temps. Je préfère de manière générale travailler pour les hebdomadaires ou magazines qui me laissent deux ou trois jours pour travailler. En tous cas, une bonne organisation du temps est essentielle pour  mener à bien mes projets personnels. Je dois travailler en plus, une fois le travail de commande de la journée terminé En ce moment je travaille avec un ami écrivain et journaliste pour un livre illustré, sur les grandes figures de la littérature internationale. J’espère pouvoir finir  toutes les illustrations à la fin de 2012 … ou au printemps 2013.



Icinori, le grand entretien

Icinori est composé de Raphael Urwiller et Mayumi Otero. Tous deux jeunes diplômés des Arts Décoratifs de Strasbourg, ils ont fondé en marge de leur activité d’illustrateur: les éditions expérimentales Icinori. L’occasion pour nous d’une rencontre et d’une découverte approfondie de leur travail.

Raphael Urwiller et Mayumi Otero dans leur atelier de sérigraphie

Illustrissimo: Bonjour Icinori. Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre activité d’illustrateur d’un côté, et d’éditeur de l’autre ? 

Icinori: Passionnés par l’image imprimée, l’estampe et de dessin contemporain, nous dessinons pour la presse et réalisons indépendamment des albums jeunesse. Icinori a été créé alors que nous étouffions dans des cours sans aucun aboutissement concret et nous nous sommes ainsi lancés dans des éditions expérimentales pour éprouver la matérialité de nos images, questionner l’objet livre, expérimenter l’union triangulaire entre le dessin,  le papier, la couleur afin de tenter d’en faire une matière sensible.

Jabberwock – Icinori

La sérigraphie s’est vite imposée comme un médium d’apprentissage incontournable – à défaut d’avoir une machine offset sous la main. Icinori est devenu complémentaire à nos travaux de commandes, nous avons cette aire de liberté totale, notre espace de recherche indépendant qui nous permet d’inventer de nouvelles solutions pour nos travaux de commandes, pour réinvestir ces trouvailles dans des projets basés sur des dialogues avec le commanditaire – souvent enrichissants.

Dada double 3d – Icinori

Illustration pour le magazine anglais Nobrow – Raphael Urwiller

Illustrissimo: Vos premières illustrations paraissent régulièrement dans la revue Le tigre , et plus ponctuellement dans les revues XXI, DADA, Forbes, Wired, Nobrow.

Icinori: Nous avons en effet une petite paire d’illustrations tous les mois dans le Tigre. Nous sommes aussi sur des projets d’éditions jeunesse qui sont actuellement chez l’imprimeur… Quelles sont vos influences (ou sources d’inspirations) graphiques et littéraires? Nous aimons particulièrement fouiller dans toute l’histoire de l’image imprimée moderne ou ancienne et l’art populaire sans oublier l’art contemporain. Nous adorons évidemment Pierre La police, Tom de Pékin,  Killoffer, Wagenbreth, Hagelberg mais nous essayons d’étendre au maximum nos aires d’inspiration hors du champs de l’illustration contemporaine .

Mayumi Otero – Fabrique des Tigres 

Les éphéméras -d’une richesse incroyables-, des matchbox labels aux images d’Epinal, les grands graveurs – de Goya à Dürer en passant par David Hockney et Kuniyoshi -, la renaissance florentine – de Gozzoli à Della Francesca -, les affichistes pop japonais tel que Yokoo Tadanori ou Shigeo Fukuda, la presse graphique militante – de Raw à Garo – et puis en vrac, Tomi Ungerer, Saul Steinberg, Jossot, Bazooka, Doré, Shrigley, Tony Cragg, Maurizio Cattelan, Superstudio et Archizoom, Bukowsky et Beckett, les frères Chapman, les papier peints du 18e, l’art brut chinois etc. etc. Nous essayons, pour chaque nouveau travail, de concilier des antagonismes très référencés, invoquer le constructivisme monolithique russe et tenter de le faire dialoguer avec la gravure baroque du 19e, jeter la sculpture pop 70’s contre l’estampe japonaise… La gymnastique graphique est parfois fastidieuse mais souvent très excitante.

Jean qui rit – Mayumi Otero – Tigre

Illustrissimo: Vous avez fait vos études aux arts décoratifs de Strasbourg, qui est de nouveau une pépinière de talents. Quels sont les principaux enseignements pour votre jeune carrière d’auteurs ?

Icinori: L’arrivée de Guillaume Dégé en tant que professeur a coïncidé avec ce renouveau, il a apporté avec lui un autre regard sur les démarches d’éditions plus indépendantes, nous avons eu la chance de bénéficier d’une tolérance pour les élèves s’investissant (s’évadant ?) dans des projets en marge, plus personnels et délaissant les exercices classiques. Nous nous sommes investit dans des workshops parallèles, proposés par des professeurs d’art, profitant au maximum des potentiels énormes et terriblement sous-exploités d’une école disposant d’un accès à des ateliers et formations très diverses, du bijou au verre en passant bien sûr par le livre ou l’estampe.

XXI – Icinori

L’enseignement de l’illustration étant parfois trop limité, nous avons cherché à nous nourrir à d’autres mamelles, d’autres pratiques, d’autres réflexions, d’étendre notre territoire d’inspiration au delà du contemporain et de l’illustration. Nous sommes menés par une intense volonté de développer un travail d’auteur, indépendant et singulier – après avoir chacun hésité à suivre un parcours plus orienté art, nous avons fait le choix de l’illustration par passion pour l’image imprimée, la narration et par goût de la création basée sur le dialogue.

Promenade – Mayumi Otero

Illustrissimo: Pouvez vous nous parler de votre travail sur les Pop-up et du mode de diffusion que vous avez adopté ?

Icinori: L’idée des popups trottait dans la tête de Raphael depuis très longtemps, depuis la découverte dans une librairie de vieux popups de Kubasta. Leur simplicité et l’ingéniosité mise en oeuvre sont incroyables ! Le contraste était intéressant entre la puissance de  livres, reliés de façon très approximatives, imprimés sur un gros carton brunâtre face à la mode presque suspecte des livres animés actuels, blancs, papier glacé, dinosaures ou égyptiens, marketing pour cadeaux de noël… Nous trouvions qu’il y avait une possibilité de résonnance entre la puissance brute de ces objets et la densité de la sérigraphie associée à nos univers personnels.

Pop up – Mayumi Otero

Il y a bien sûr des précédents comme UG qui réalise lui aussi des livres animés à la main mais nous avons fait le choix de ne pas regarder ces travaux et de travailler uniquement sur nos envies premières de volumes, redécouvrir le médium livre tout seuls, le réapprendre, le reconstruire. Raphael a donc conçu l’ingénierie des deux popups, Construction (Raphael) et Mauvais tours (Mayumi).

Pop up – Icinori

L’idée était de se laisser une liberté de création totale, tant dans le dessin qu’au niveau de l’histoire, il en résulte deux contes un peu étranges, des objets qui font sens à 50 exemplaires, résultats de nos seules envies égoïstes. C’est aussi pour cela que nous n’avons pas du tout travaillé d’idée de diffusion en amont, laissant le projet libre de toute contraintes financières, une sorte de petit caprice – donc pour la diffusion, nous flottons un peu, apprenant en rencontrant des passionnés, tirant des fils. C’est le plaisir du fait main, le rapport direct avec l’acheteur. Qui sait, 50 livres dans de bonnes mains est peut-être aussi précieux que 2000 en librairie ?

Pop up – Icinori

http://icinori.com/

Special Londres (4/4): Jean Jullien

Nous avons à de nombreuses reprises évoqué le travail de Jean Jullien, notamment à l’occasion de ses deux expositions parisiennes en 2009 et 2010 à la Galerie des Arts Graphiques. Son actualité est tellement fournie, que nous ne pouvions pas passer à côté d’une interview pour notre série londonienne. L’occasion de faire un zoom sur ses multiples activités. Artiste, illustrateur, réalisateur, designer, rien ne l’arrête et tout lui sourit. Un coup de coeur qui dure, et la confirmation d’un parcours généreux et sans concessions.

Illustrissimo: Peux-tu nous résumer en quelques mots ton parcours d’illustrateur et de réalisateur ? Jean Jullien: J’ai commencé ma formation par un BTS communication visuelle au lycée Le Paraclet à Quimper où j’ai appris les bases de composition, de typographie et les fondamentaux du graphisme. Je suis ensuite parti à Londres. C’est là que j’ai commencé à travailler professionnellement, en parallèle de mes études.

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« Avatar » © Jean Jullien Illustrissimo: Tu as choisi de t’installer à Londres pour poursuivre tes études au Royal Collège. Quel bilan tires-tu de ces années d’étude dans ce prestigieux établissement ? Jean Jullien: En fait je suis arrivé en 2005 pour étudier à Central Saint Martins, où j’ai obtenu, trois années plus tard, un Bachelor en Graphic Design. C’est alors que j’ai décidé de poursuivre mon cursus avec un Master en Communication Art & Design au Royal College of Art, que j’ai obtenu en 2010.

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« News of the times » © Jean Jullien, Éditions Eugène & Pauline Illustrissimo: Ton travail a été très remarqué depuis deux ans, comment arrives tu à gérer ce succès et à choisir tes clients ? Jean Jullien: Ça n’a pas vraiment changé ma manière de travailler. J’aime avoir plusieurs projets en même temps et j’ai toujours mis un point d’honneur à ne pas me cantonner à une pratique, craignant de me lasser et de toujours produire la même chose. Je conserve mon trait, et certains éléments récurrents de mon travail sont important car ils servent d’identifiant, de style en quelque sorte. Mais il me semble fondamental de jongler entre les supports de création pour créer un ensemble riche en diversité. Le « succès » dont tu parles est donc positif car il m’a permis de travailler sur une pléthore de projets, tous plus différents les uns que les autres: une table (« Table Man »), une ligne de vêtements en Corée (« Plac Jeans by Jean Jullien), une montre (Magazine Les Inrockuptibles), une installation mêlant film d’animation à 360 degrés et musique électronique (« Adventures in Front of the TV Set »),  un village au plafond (« The Village »), etc… Cela me permet également d’élargir mes horizons et de me voir proposer des projets toujours variés. Du coup, je m’amuse autant lorsque je fais une série d’illustrations dites « classique » pour un projet professionnel car je n’ai pas l’impression de le faire souvent. C’est cette dynamique de travail que j’apprécie.

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Affiche Festival « Les Inrocks » © Jean Jullien

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Montre pour les abonnés du magazine « Les Inrockuptibles » © Jean Jullien Illustrissimo: Quelles sont les images que tu considères les plus emblématiques de ton travail, et comment vois tu l’évolution de celui-ci ? Jean Jullien: En terme de popularité, je pense que « Les Fables de la Fontaine » sont assez représentative de ce que je fais, car elle mêle illustration, humour et volume. En ce qui me concerne, et comme je viens de l’expliquer, j’aime à penser que des travaux aussi différents que « Table Man », « The Republic » ou le visuel « Hi » fait pour YCN, représentent bien mon travail et les divers domaines que j’aime explorer.

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« Inflation » © Jean Jullien Illustrissimo: Tu alternes les images en volume et les dessins au trait et tu t’es tourné récemment vers l’animation. Peux-tu nous parler de ton projet avec ton frère, le musicien Niwouinwouin ? Jean Jullien: « Adventures in Front of the TV Set » est une installation qui combine la musique de Niwouinwouin à mes visuels animés, qui sont projetés sur quatre écrans géants. Placé entre ces quatre écrans, le public est immergé dans les aventures épiques de Slim, le héros d’une série de science-fiction, perdu dans un dédale cathodique. Ce dernier se promène d’une chaine de télévision à une autre, passant d’un jeu télévisé à un soap-opera matiné d’une ambiance de conte, en passant par une maison hanté, un documentaire animalier extra-terrestre, etc…

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« Adventures in Front of the TV Set », © Jean Jullien, Niwouinwouin C’est un projet qui représente un travail énorme, ne serait-ce que pour créer le film d’animation, mais également l’orchestration du tout, la création d’un environnement (le tout prend la forme d’une salle hexagonale géante, qui est montée et démontée à chaque fois que l’installation se déplace), la collaboration avec les producteurs, les résidences, etc… Cela illustre parfaitement cette idée de diversité que j’essaie de garder dans mon travail. Aux vidéos, illustrations, sculptures et vêtements, je peux maintenant ajouter « installation audiovisuelle ». Ce projet a également confirmé de manière plus officielle le fonctionnement en binôme avec Niwouinwouin, qui me permet de travailler sur des projets très différents de ceux que je fais seul. Ce fût satisfaisant pour nous d’être sollicité tous les deux, après que nous ayons essayé de communiquer sur notre travail en commun pendant plus d’un an. Cela prouve que c’est une équipe qui marche, et cela ne nous empêche en rien de continuer à travailler chacun de nôtre côté. Enfin, c’était ma première expérience « live », et j’ai découvert avec une joie incroyable la réaction des gens en direct. Niwouinwouin, qui est habitué des concerts, connait bien cette sensation. Mais j’avoue avoir été très ému lorsque j’ai vu les gens rire, sourire, bouger et manifester leur excitation vis-à-vis de ce qui se jouait devant eux.

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« Spread » © Jean Jullien Illustrissimo: « Adventures in Front of the TV Set » tourne actuellement en France et nous avons assez hâte de le voir jouer à Paris ou à Londres. Quel est ton prochain projet et vers quoi souhaites-tu développer ton travail d’ auteur ? Jean Jullien: Je travaille en ce moment sur une nouvelle collection pour la marque coréenne « Plac Jeans ». Je fais l’affiche et la vidéo pour le festival « Electroni-K ». Je prépare un livre interactif pour Gallimard, je continue mon travail pour « Les Inrockuptibles ». Je prépare une exposition à Seoul, Nantes et Rennes. Je viens de finir cinq pages sur mon projet « The Republic » pour la nouvelle revue d’illustration française « The Drawer ». Niwouinwouin et moi travaillons également sur trois clips pour son nouvel opus. Je sors un t-shirt pour les anglais de « It’s Nice That », et prépare une conférence pour le festival Motiva en Espagne. Je travaille avec « Partizan » pour une campagne anglaise pour « Uniqlo » et vais m’occuper de la saison de la fraîchement relancée « Scène Nationale de Montbéliard ». Je m’occupe également du logo pour la collection « Max Jacob » à Quimper. Un livre et des jouets en bois aux éditions « Annaïck Moriceau » et d’autres choses… mais je m’arrêterais là pour aujourd’hui!

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Illustration pour le magazine « Télérama » © Jean Jullien

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© Jean Jullien

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© Jean Jullien La première monographie de Jean Jullien paru en France, est toujours disponible aux Editions Michel Lagarde, soit en envoyant 10 euros (8 euros + 2 euros de frais de port) au 70 rue de la folie-méricourt 75011 Paris, soit en le commandant en ligne sur le site de la librairie nantaise: http://www.librairielindex.com Vous pouvez commander « News of the times » de Jean Jullien, sur le site des Éditions Eugène & Pauline, 14 euros, 50 exemplaires.

Impossible

A l’impossible nul n’est tenu, et c’est justement le pari du trio Dupuy-Berberian-Ghosn (Les Dubergho) de réunir les meilleurs dessins de la revue du même nom qu’ils coéditent avec Artfactory, le maitre d’œuvre de l’exposition qui se tient en ce moment même chez Ofr.

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Illustration originale de Charles Berberian

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Charles Berberian, Philippe Dupuy et Joseph Ghosn L’idée (si j’ai bien compris) et de dessiner un son (impossible) et d’explorer les frontières entre la musique et le dessin. Vous en saurez plus en lisant ceci:

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Le vendredi 18 juin, une performance très attendue sur la machine a dessiner des sons actuellement en construction par Philippe Dupuy le bricoleur génial du trio et signature de « Constellations » le numéro double du journal par Joseph Ghosn (un ancien des Inrocks dont je vous recommande le blog) et Charles Berberian (le musicien de la bande).

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Il restera peut-être quelques dessins à vendre, et des exemplaires de la revue (dont le numéro 4 est épuisé, avis aux retardataires).

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Le même soir se tient à la Cité de l’Architecture l’exposition « Archi & Bd, La Ville Dessinée« , dont je vous reparle très bientôt!