Interview de Victoria Vingtdeux

Représentante de la génération Y, Victoria Vingtdeux, notre interviewée de la semaine, éclaire notre lanterne sur le monde méconnu des acheteuses d’art.


                                     

Comment devient-on acheteuse d’art ?

Pour ma part, j’ai d’abord obtenu un DEUG en AES (Administration économique et social) donc sans grand rapport avec ce que je fais maintenant. Ensuite j’ai intégré une école privée de publicité, « Sup de Pub ». Après quoi j’ai migré à Londres pour poursuivre mes études au LCC (London Collège of Communication), j’en suis sortie avec un master. Pendant un an, j’ai aussi suivi  des cours du soir à l’université d’art de Londres « Saint-Martin », en « illustration and graphic design » en VO.

Votre parcours et atypique semble-t-il, trouve-t-on une formation type à l’activité d’acheteuse d’art ?  

Non, pas vraiment les autres acheteuses que je connais, sortent plutôt des écoles de Publicité ou ont fait des études en langues et/ou métier de la culture.

Vous travaillez pour BETC Paris, l’une des plus importantes boites de publicité. Son logo, une abeille, reste une curiosité, avez-vous une explication, le bourdonnement d’idées ?

 J’imagine qu’il y a beaucoup de significations dont la principale est sans doute la métaphore de la ruche.  Pour la petite histoire, nous abritons des ruches sur le toit de nos locaux et chaque année récoltons du miel !

                                

Revenons votre profession, une acheteuse d’art est-elle dévolue à un domaine en particulier (illustration, animation, photo par exemple) ou se doit-elle d’être polyvalente ?

J’imagine que cela dépend des agences, il peut arriver que nous soit attribuer un budget ou un sujet mais nous ne sommes pas affectées à une catégorie d’art. En règle générale, les briefs sont aussi distribués en fonction des gouts de chacun(e)s.

À propos de goût, quels sont les vôtres et comment les cultivez-vous ?

 J’adore partir à la recherche de styles, rebondir de blogs en blogs, c’est une aide non négligeable au moment de travailler sur un brief. Une fois venu le moment de passer en phase de réalisation c’est souvent étonnant. Sans en faire la promotion, je crois pourtant pouvoir citer les blogs suivants :

http://www.fubiz.net/

http://www.au-secours-jai-un-blog.com/

 http://www.evasion.cc/blog/P10/

 http://www.creativereview.co.uk

 http://www.varoomlab.com/

 http://www.behance.net/

 http://lookslikegooddesign.com/

 http://www.au-secours-jai-un-blog.com/

 http://www.artskills.net/

La curiosité semble être une qualité nécessaire, y-en a-t-il d’autres ?

Oui de la curiosité c’est indispensable, il faut aussi pas mal d’organisation. Aussi, bien sur, puisque nous sommes acheteuses, un certain sens de la négociation, auquel se greffe inconditionnellement un sens du relationnel. Comme un peu partout ailleurs, il faut du bon sens. Pour les compétences juridiques, elles ne sont pas nécessaires, on les incorpore avec l’expérience, l’agence dispose d’un service juridique pour nous orienter au cas où…

Que représentent les illustrations dans le pourcentage global des commandes, est-ce un chiffre en hausse ou en baisse ?

Je dirais que l’illustration représente environs 10% sur l’ensemble des commandes, je parle pour BETC en tout cas. Pour ce qui est de l’évolution du chiffre, il est plutôt stable depuis mon arrivée au moins, mais je ne suis pas là depuis très longtemps…

Pour rester dans l’illustration et sa place dans le monde de la publicité, du point de vu de l’acheteuse d’art, qu’est-ce qui fait un bon illustrateur ?

 Il faut être singulier, original, avoir son style et sa patte. Ce qui est difficile avec les effets de mode, malheureusement, on voit souvent des ressemblances, des reprises. Ensuite j’imagine qu’il faut savoir se faire entendre par les agences et les clients, être force de proposition. L’illustrateur aussi a, à son niveau, besoin de savoir négocier.

Vous souvenez vous de votre première rencontre avec l’agence Illustrissimo ?

J’ai d’abord travaillé avec un agent de photographes pendant mon année à Londres, nous étions alors  en contact pour une mission possible pour ouvrir une fenêtre sur  le marché  anglais, mais j’ai finalement rejoint BETC.

                                           

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