Ramino, Beatrice Alemagna

Beatrice Alemagna est née à Bologne, en Italie, en 1973. Après avoir étudié le graphisme à l’école I.S.I.A., elle a gagné le premier prix du concours d’illustration « Figures Futures » du salon du livre de Montreuil à Paris en 1996, ainsi que les prix Attention Talent-Fnac (en 2000) et le prix Octogones du CIELJ, en 2002. Depuis dix ans, elle illustre les affiches pour L’Ecran des enfants à Beaubourg. Elle a exposé à Bologne, Milan, Rome, Paris, Reims, Lille, Bordeaux, Charleville, Munich, Lisbonne, Tokyo et Kyoto. 

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Elle a publié une quinzaine d’albums en tant qu’auteur-illustratrice, au Seuil, chez Autrement jeunesse et Gallimard jeunesse, mais aussi chez Didier jeunesse, Rue du Monde et Thierry Magnier, travaillant parallèlement pour des auteurs comme Apollinaire, Queneau, Kristof, Huxley, Buten, Grossman, Tchékhov, Dahl, Rodari. Ses illustrations ont été souvent remarquées et primées et son livre « Mon amour » est traduit en une dizaine de langues. En 2005 et 2006 ses albums ont été sélectionnés pour le prix Baobab de Montreuil. Nous la retrouvons aujourd’hui comme éditrice au sein de la RMN, l’occasion d’une nouvelle rencontre avec cette fidèle amie d’Illustrissimo.

Beatrice Alemagna

Illustrissimo: Bonjour Beatrice, tu as démarré ta carrière professionnelle, il y a une bonne dizaine d’années, après avoir fait une incursion chez Illustrissimo, ton travail s’est épanoui dans l’édition. Peux-tu nous parler des 2/3 livres qui comptent le plus pour toi dans ton parcours ?

 Beatrice Alemagna: Je dirais sans doute qu’il y en a quatre: Gisèle de verre, Seuil Jeunesse (le premier à avoir reçu un grand nombre d’articles); Un lion à Paris, Autrement Jeunesse (mon livre le plus primé, il a reçu, entre autres, le mention d’honneur au Bologna Book Award 2007); C’est quoi un enfant, Topipittori (mon premier livre en Italie et mon plus grand succès commercial); et Jo singe garçon, Autrement jeunesse (mon tout dernier, qui m’a demandé un long travail et, finalement, m’a emmené quelque part… Comme j’aime penser que chaque livre doit être un voyage créatif, de ce point de vue là, j’ai eu le sentiment de réussir.

Illustrissimo: Quel est le déclic qui t’a fait choisir ce métier, et les maîtres que tu revendiques ?

Beatrice Alemagna: Le déclic je l’ai eu quand j’avais 8 ans en découvrant que derrière les livres il y avait des gens, des écrivains et des créateurs. Les maîtres qui m’ont accompagnée (à la base je suis autodidacte) sont très nombreux et en perpetuel renouvellement. De l’art brut à la peinture naïve, des constructivistes russes aux minimalistes japonais. Mes pères spirituels en  illustrations sont André François, Saul Steinberg, Emanuele Luzzati, Stepan Zavrel et Bruno Munari.

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Illustrissimo:  Tu t’occupes en ce moment même d’une collection de livres pour la RMN (dont une présentation a eu lieu au Grand Palais le 10 mai) . Quelles sont les axes de cette collection, et ce qui motive tes choix en tant que directrice de collection?

Beatrice Alemagna: J’ai eu la grande chance qu’on me propose de diriger une collection entière à moi toute seule. Cette collection se nomme Ramino: pour les trois lettres RMN et pour un rappel à mon Italie natale. Un « ramino » en italien est en effet une petite branche, celle sur laquelle pourraient naître des bourgeons, des idées, des pensées… J’ai aimé le parallèle avec le pouvoir d’un livre qui ferait bourgeonner la tête des enfants et des adultes. Ramino est née dans l’état d’esprit de créer une sorte de galerie d’exposition à chaque livre. Et justement chaque livre que je choisis d’éditer correspond exactement à une facette de mon goût artistique. Dans cette collection j’ai la liberté de ne faire aucune concession avec les images. Je ne veux pas éditer des livres inutiles, il y en a déjà trop et partout, à mon avis. Mon désir profond est celui de faire apprécier et divulguer un genre plutôt inexistant et redouté jusqu’à présent: le livre illustré pour tout le monde, en équilibre entre art et littérature. Je ne crois pas qu’ils existent des livres jeunesse. La jeunesse elle peut perdurer toute la vie. Pour moi il devraient exister des livres d’images beaux et universels, qui parlent aux enfants et qui fassent rêver les adultes en même temps. Une amie m’a dit l’autre jour: « je crois que quand on se destine à une littérature spécifique, on ne fait plus de littérature ». Je pense que cela résume toute l’histoire.

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Les trois premiers titres de la collection Ramino, Editions de la Réunions des Musées Nationaux, dirigée par Beatrice Alemagna

Illustrissimo:  Si on voulait t’envoyer un projet à qui il faudrait l’adresser?

Beatrice Alemagna: Je te répondrai: Je suis très ouverte à des nouvelles « rencontres » artistiques. Pour m’envoyer tout dossier ou projet, je conseille de prendre soin de m’envoyer des éléments en basse résolution à mon adresse mail RMN, qui est la suivante: beatricealemagna.rmn@gmail.com

Illustrissimo:  Quel est le prochain projet qui te tient à cœur ?

Beatrice Alemagna: En tant qu’éditrice, toute ma collection, et notamment les livres faisant partie des « Promenades au musée » que j’ai inventé moi-même. Dans cette collection travailleront des grands artistes/illustrateurs comme le suédois Jockum Nordstrom, l’allemande Katrin Stangl, la japonaise Mayumi Otero , l’italien Simone Rea et d’autres dont j’attends la confirmation… Sinon, en tant qu’auteur-illustratrice, mon prochain chez Autrement, intitulé « La gignatesque petite chose » qui sortira à la rentrée 2011.

2 réflexions au sujet de « Ramino, Beatrice Alemagna »

  1. Ciao cara Beatrice,mi fa piacere seguire i tuoi passi in avanti, anche se in modoindiretto; e mi fa piacere anche scoprire che due dei tuoi libri che posseggo (per me stessa) son tra i tuoi quattro lavori preferiti: adoro cos’è un bambino e di giselle mi sono innamorata anni fa a Parigi quando i miei figli erano già troppo grandi per potere avere delle scuse… lo comprai per me, per rileggerlo ogni tanto e ripensare a quell’incanto poetico che tu rieci a fare scattare con ogni tuo lavoro! quanto a Le pucette, beh, lo sai, lo compro e ricompro sempre, e puntualmente ha un successo incredibile presso i mini lettori ai quali lo regalo. attendo con ansia il prossimo lavoro. e per ramino, pensi che a Roma io possa trovare i libri della collana da qualche parte o c’è semmai modo di ordinarli via internet? ti abbraccio e ti faccio i miei più affettuosi auguri per questa nuova avventura, sperando che prima o poi riusciremo a fare qualcosa insieme. baci, monica

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